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Nationale

Négocier sans trahir le serment des martyrs

Négocier sans trahir le serment des martyrs

Cinquante-quatre ans après les accords d’Evian, du nom de cette petite ville suisse, signés le 18 mars 1962 à la fin du dernier feuillet par trois ministres français, Louis Joxe, Robert Buron et Jean de Broglie, et par le vice-président du GPRA, Belkacem Krim, accompagné par Saad Dahlab, Lakhdar Bentobbal et M’hamed Yazid, qui avait tenu à parapher chacun des 92 feuillets précédents, obligeant ainsi Louis Joxe à en faire autant, des interrogations et des doutes subsistent encore sur la nature de ce texte.

Pour rappel, le document de quatre-vingt-treize feuillets comprend un accord militaire de cessez-le-feu, et plusieurs déclarations politiques relatives à l’avenir de l’Algérie et aux relations franco-algériennes prévoient le maintien de la présence française dans la base de Mers el-Kébir, par ailleurs l’un des centres du programme nucléaire français, ainsi qu’à Reggane où les premiers essais nucléaires français ont lieu (1960-1966).

Dix ans après la signature de ces accords l’Algérie a mis un terme aux clauses qui limitaient son indépendance économique et culturelle, mais elle avait un privilège quant au statut des Algériens en France.

L’historien Madini Bachir a indiqué jeudi dernier qu’ »il n’y a aucune clause secrète » entre l’Algérie et la France dans les accords d’Evian qui ont été sanctionnés par un cessez-le-feu le 19 mars 1962, lors d’une conférence animée au forum de la Sûreté nationale à l’occasion de la fête de la Victoire.

M. Madini enseignant d’histoire à l’université de Blida, a précisé qu’ »il n’y a aucune clause secrète entre les délégations algérienne et française dans les Accord d’Evian », en voulant pour preuve l’absence de documents attestant la thèse contraire et les déclarations du porte-parole de la délégation algérienne aux négociations d’Evian, Rédha Malek, à maintes occasions.

Selon lui « le maintien de certains aérodromes et installations militaires à l’instar de la base de Mers El-Kébir après l’indépendance est prévu dans les clauses des Accords d’Evian », soulignant que « la récupération par l’Etat algérien de ces installations militaires françaises comme la base de Mers El-Kébir en mars 1968 et son renoncement à certaines clauses des accords étaient une nécessité imposée par les dépassements commis par les autorités françaises ».

Les quelques adversaires du document qui a mis fin à une guerre de sept ans estiment, pour leur part que trop de concessions ont été données aux Français et qu’il fallait négocier l’intégralité des revendications contenues dans la plateforme du 1er novembre 1954.

Le premier à dénoncer une partie de ces accords fut feu Houari Boumediene, alors chef d’état-major de l’Armée nationale et vice-ministre de la Défense. 

Boumediene, qui dispose de l’Armée des frontières, refuse de reconnaître toute légitimité du GPRA et les accords d’Évian. La signature des accords d’Évian par le GPRA a été vivement critiquée par l’EMG parce qu’ils visaient, selon l’EMG, à établir en Algérie un système néocolonial après l’indépendance.

Mais une fois installé à la faveur du coup d’Etat, président de la République en 1965, il cessa d’attaquer les initiateurs des accords d’Evian.

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