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Op-Ed

Navigation à contre-courant

L’Afrique a mis des décennies pour se libérer d’un colonialisme féroce, de l’asservissement et de la privation de liberté. Aujourd’hui, elle aspire à se doter de moyens pour surpasser son sous-développement, l’arriération et toutes les tares qui ont contrarié son émancipation économique.

Cette louable entreprise a besoin d’une cohésion qui doit annihiler les résidus du colonialisme. C’est-à-dire résoudre une fois pour toutes la décolonisation qui gangrène depuis plus de 40 ans sa partie occidentale et entrave l’émergence d’un continent débarrassé à jamais de l’oppression des peuples. 

Il s’agit du chemin vers la libération du Sahara occidental qui favorisera la construction d’une cohésion, chère aussi bien à l’Algérie qu’à l’Afrique tout entière. Une Afrique totalement stable et libre constituera une assurance pour ses partenaires.

C’est cette option qui est constamment défendue par la diplomatie algérienne. Malheureusement, le Maroc, mauvais élève africain et arabe, navigue à contre-courant des valeurs africaines. Pendant qu’Alger raffermit les rangs et colmate les brèches lorsque des conflits surgissent, Rabat s’empresse de les rouvrir. Son attitude à Malabo est un nouvel épisode du long feuilleton de déconstruction, de sabotage de toute forme d’avancée en rangs serrés de l’Afrique.

En poursuivant la spoliation de l’identité sahraouie, le Maroc confirme, avec un aplomb inégalé, sa prétendue « stabilité » de l’Afrique. Le Maroc parle de retour au sein de la « famille » africaine. Or, c’est une famille décomposée qu’il veut voir évoluer dans le continent.

Il ne cesse de semer la zizanie entre frères africains. Au lieu d’œuvrer pour la cohésion, un vœu cher à Abdelkader Messahel, Rabat propose des scissions et un avenir en rangs dispersés qui fragiliserait l’Afrique et la rendrait sujette aux troubles et à la prédation.

Rabat ne cesse depuis peu de ressasser qu’elle aspire à retourner dans le giron africain en promettant « la stabilité, la paix et la tolérance ». Un discours contredit, toutefois, par les agissements éhontés de sa diplomatie lors du sommet Afrique-Monde arabe.

L’Afrique a dû surpasser ses différends, la mauvaise gouvernance, l’héritage colonial ainsi que les pesanteurs externes pour pouvoir enfin mettre sur pied une union et une charte qui serviraient de ciment justement face aux dissensions. Rabat veut dynamiter tout cet édifice.

Car à l’image d’Israël, le Maroc joue à l’enfant gâté, avec une arrogance que seuls les états coloniaux ont l’indécence d’afficher. Celle de nier à un membre fondateur de l’Union africaine le droit de jouir pleinement de son siège au sein de l’organisation.

Au XVIe sommet de la francophonie à Madagascar, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, soutenait, dans un entretien à RFI, que « le Maroc a toujours été en Afrique et le Maroc est en Afrique « , une assertion indémontable sur le plan géographique, mais dans les faits Rabat agit en tant que corps étranger à l’esprit africain.

Un corps qui reproduit justement des postures combattues et honnies de tout temps par les peuples africains. Ce sont ces valeurs-là que le Maroc doit réviser au sein de l’école africaine libre et indépendante.

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