-- -- -- / -- -- --
Nationale

MSP : Soltani veut-il revenir à la tête du parti ?

MSP : Soltani veut-il revenir à la tête du parti ?

L’ex-président du MSP, Aboudjerra Soltani, semble vouloir revenir à la tête du mouvement. Depuis des mois, des échos au sein du parti font état de son agitation organique, mais aussi de ses nombreuses consultations avec des cadres et des militants du parti à travers le territoire national.

Bien que médiatiquement, il refuse d’afficher ses profondes divergences avec la direction actuelle menée par Abderrezak Mokri, Soltani mène une campagne discrète et tente de convaincre de la justesse de ses vues. 

Selon des sources internes, le point d’achoppement entre les deux clans pourrait éclater au grand jour avec l’imminence des élections législatives, et surtout la confection des listes de candidatures à la députation. La bataille serait rude, en raison de l’importance de ce scrutin et l’éventualité de l’émergence d’une élite parlementaire à partir de la législature de 2017.

Il est évident que Mokri a été pour beaucoup dans le changement de cap du MSP, devenu une force islamiste versée dans l’opposition depuis sa création en mai 1991. C’est lui qui décida de quitter l’alliance présidentielle alors que le monde arabe vivait un vent de « colère », espérant glaner quelques points de crédibilité politique avant les joutes électorales.

C’est lui également qui intima l’ordre à ses ministres de quitter le gouvernement, créant de fortes divisions et surtout des scissions au sein de son parti, dont la plus importante fut la création de Taj par Amar Ghoul. Mokri a misé sur le nouveau mode de contestation démocratique dans le monde arabe, cherchant à éviter à son parti d’endosser les erreurs du pouvoir dans certains secteurs.

Il avait pensé que la politique de l’entrisme, chère au défunt leader Nahnah, avait fait son temps. Pourtant, c’est exactement sur la base de ce principe stratégique que Soltani veut revenir à la tête du mouvement qui fut, au début des années 1990, l’émanation de l’Internationale des Frères musulmans.

L’entrisme politique consistait, dans ses grandes lignes, à accepter de partager le pouvoir, même de façade, à prendre des porte-feuilles dans un cabinet, à placer ses cadres dans les rouages du gouvernement, à les exercer aux pratiques de la gestion politique et celle du pouvoir.

En contrepartie de ces « dividendes », le mouvement islamiste met en veille ses revendications stratégiques, « oublie » provisoirement ses principes idéologiques et soutient la démarche du pouvoir sous un angle islamiste.

C’est ce « marchandage » qui a permis à feu Nahnah de rendre le MSP seconde force politique après le FLN, et c’est surtout son ascension qui obligea certains pôles au sein des cercles décisionnels à créer le RND, au début de l’année 1997, pour rééquilibrer la scène politique nationale de l’époque.

C’est cette démarche que Soltani a endossée dès son intronisation difficile après la mort du père fondateur et chef spirituel Mahfoudh Nahnah, allant jusqu’à accepter pour lui-même un poste de ministre d’Etat conseiller à la Présidence.

Il aura fallu des années pour que les idées de Mokri aboutissent à l’intérieur des instances du parti, comme le Majliss choura. La politique de Mokri était claire : faire de l’opposition directe, créer des alliances s’il le faut, parlementaire ou autre, et surtout revendiquer des idées forces.

Cependant, le débat au sein du MSP n’a jamais été clos sur cette question et Soltani saisit les occasions pour étaler ses principes et sa revendication de rendre le parti à ses premières amours. Pour lui, la parenthèse de l’opposition dans le sillage du « printemps arabe » doit être fermée.

Selon des sources islamistes, Soltani aurait pris l’initiative de lancer une sorte d’audit politique interne en ouvrant le débat sur cet aspect. La question est toute simple : qu’a gagné le MSP avec son opposition ?

Pour Soltani, il faudra rouvrir ce débat et laisser l’encadrement du parti et ses militants se consulter, et surtout mettre sur la table leurs idées et les conforter. Cette initiative, dont on ne connaît pas encore les contours, devrait être clarifiée vers la fin du mois prochain et servirait de tremplin à Soltani pour lancer son offensive de reprise des rênes du parti, avant le début des préparatifs de élections législatives et municipales de 2017.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email