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Nationale

Mouvement citoyen acte III : Vers le report des élections ?

Mouvement citoyen acte III : Vers le report des élections ?

Deux, trois, quatre, voire cinq millions de citoyens, selon des sources concordantes, sont sortis hier à Alger. Il s’agissait de réitérer « pour la 3ème fois » le mot d’ordre scandé depuis le 22 février, à savoir « Non à un 5ème mandat ». Allons-nous vers une transition ?

Des slogans suggéraient, entre autres, la mise sur pied « en urgence » d’un « gouvernement de transition, composé de technocrates ». En ce 8 mars qui coïncide avec la Journée de la femme, les Algériens donnaient l’impression d’être les mêmes qui défilèrent dans les rues d’Alger un certain 5 juillet 1962. Hommes, femmes, enfants, personnes âgées, adolescents des deux sexes, souvent drapés de l’emblème national, n’avaient qu’une seule expression, ou presque, à lancer face aux décideurs : « Non au 5ème mandat ». « Je n’ai jamais vu autant de monde. Je n’ai jamais vécu une telle discipline. Une telle fraternité. Une telle solidarité », témoigne, ému, un père de famille d’une quarantaine d’années, accompagné de sa femme, de ses deux filles et d’un enfant de deux ans qu’il portait sur ses épaules. Comme à l’accoutumée, la marche d’Alger a été entamée juste après la prière hebdomadaire. A 14 heures, les artères principales de la capitale étaient noires de monde. Mais dès 9h30, les gens commencèrent à affluer de toutes parts. Vers 10h30 la Place Audin, le boulevard Victor-Hugo, le boulevard Mohamed V, la Place du 1er Mai ainsi que la Grande Poste étaient quadrillés « timidement » par un dispositif policier. « Il est question beaucoup plus de sécuriser la marche », confiait un officier de sécurité, avec le sourire aux lèvres. Il faut dire que les manifestants étaient unanimes à reconnaître le « professionnalisme » des policiers. La majorité d’entre eux scrutaient les mouvements humains sans la moindre « hostilité », nous confia Sophia, chirurgien-dentiste qui sortait avec son mari exerçant le même métier qu’elle.

Démission en cascade au sein du FLN

Au moins sept démissions ont été enregistrées hier vendredi dans les rangs du FLN. Il s’agit de membres du comité central (CC), « ce qui n’est pas rien », commente-t-on dans les milieux proches de l’ex-parti unique. Ces cadres du parti, qui ont été par le passé membres du Parlement (Sénat et APN), ne « supportent plus » de suivre « la fuite en avant » de leur direction et ont décidé ainsi de rejoindre le mouvement citoyen contre le 5e mandat. « Nous nous sommes réunis et nous avons mûrement réfléchi avant de décider de démissionner du parti », a déclaré à la presse l’ex-sénateur et ex-mouhafed Nordine Djaffer, qui ajoute qu’il n’y a « aucun changement qui pointe à l’horizon, et ce, en dépit des multiples appels à la direction du FLN ». « La direction (incarnée par Moad Bouchareb) reste sourde à toutes nos préoccupations et aux préoccupations du peuple, cet état de fait nous a poussés à démissionner et à nous ranger du côté du peuple », a-t-il dit. Les sept cadres, tous membres du comité central, d’anciens députés et sénateurs, sont : Abdelkader Cherrar, Bouazara M’hamed, Cheddad Abdelkader, Sahli Abderahmane, Hanachi Nadia, Ben Ali Fouad, Hakimi Salah.

Selon le général à la retraite Hocine Benhadid, l’imminence de l’application de l’article 102 de la Constitution pointe du nez. « L’on va certainement annoncer la vacance du poste de président et installer un comité de sages pour gérer la transition », a-t-il déclaré dans une interview à El Watan Week End.

Selon le général, qui été emprisonné l’année dernière suite à un entretien jugé « anti-pouvoir » et accordé à Maghreb Emergeant, « on pense à faire appel à Ali Yahia Abdennour, Ahmed Taleb Ibrahimi et Boualem Benhamouda. « Ces trois sages auront des conseillers comme Mustapha Bouchachi, Fodil Boumala et Chafik Mesbah ». Selon lui, « le comité sera coordonné par Lounes Oukaci. « 

Ce comité de sages doit être installé par le président du Sénat Abdelkader Bensalah. Il aura pour mission de nommer un gouvernement provisoire (…) et de préparer les élections (présidentielles) », conclut l’ex-général, sans donner plus de précisions.

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