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Nationale

Mouvance cherche alliance

Mouvance cherche alliance

Il n’y a pas de doute qu’il existe de lourdes et secrètes tractations ces derniers temps au sein de la mouvance présidentielle. Trois coïncidences, surgies comme des indications d’une extrême importance, risquent de chambouler le paysage politique national.

D’abord, la soudaine réapparition d’Abdelaziz Belkhadem, l’ex-SG du FLN, qui brisa son silence et se dit prêt à se lancer dans une bataille de réappropriation du parti, mobilisant ses hommes fidèles qui siègent au Comité central et les députés des deux chambres parlementaires.

Pour lui, il faudra revenir à l’urne interne pour désigner un SG légitime et légalement acceptable, ainsi qu’au vote à bulletin secret pour choisir les membres des instances supérieures du parti. En clair, Belkhadem veut revenir à la tête du parti, ou au moins favoriser l’un de ses poulains, lui qui fut victime d’un retrait de confiance en janvier 2013 dans des conditions rocambolesques.

Dans des cercles restreints, Belkhadem se dit qu’il n’est pas contre Saâdani, mais que celui-ci manque de légitimité et qu’il serait incapable de mener le FLN à bon port. Pour les analystes, la résurgence politique de Belkhadem, et surtout son alliance avec le clan Belayat, montre à l’évidence que des rapports internes au plus haut sommet de l’Etat, ou au moins au sein de la mouvance présidentielle, ont subi quelques mutations importantes.
En même temps, c’est au tour du RND de connaître de nouveaux troubles internes.

Des pétitions circulent aussi bien à l’APN qu’au sein du Conseil de la nation, exigeant la démission de l’actuel SG, Abdelkader Bensalah et le retour d’Ahmed Ouyahia. D’ailleurs, il existe, selon des informations sûres, une unanimité interne pour « éjecter » Bensalah, aussi bien chez les parlementaires que chez les coordinateurs régionaux.

Même des ministres actuels ont été sollicités dans ce projet, qui risque bien de voir le jour lors de la prochaine tenue de la session du Conseil national dans un mois. Evidemment, les nouveaux opposants à Bensalah évoquent des prétextes et des raisons organiques et politiques pour légitimer leurs actions, allant jusqu’à justifier le retour d’Ouyahia, qui fut lui-même poussé à la démission en janvier 2013.

Il est curieux de constater que Belkhadem et Ouyahia ont perdu leurs postes de SG le même mois, et qu’ils risquent de revenir à la même période, puisque le Congrès du FLN est prévu fin mai, alors que le Conseil national du RND doit se tenir les 8 et 9 juin prochains. Enfin, la dernière indication concerne la sortie de l’autre ex-SG du MSP, Aboudjerra Soltani, qui vient de répéter que le destin de son parti est d’être au sein du pouvoir et non dans l’opposition.

Des déclarations tapageuses qui mettent dans la gêne l’actuel président du MSP, Abderrezak Mokri, dont la ligne est plutôt orientée vers un radicalisme politique, encadrée notamment au sein de la Coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique (CNLTD). Pour Soltani, il faudra que le parti du défunt Mahfoudh Nahnah revienne à ses premières amours, celles du « dialogue et de la participation ». Autrement dit, Soltani préconise clairement que le MSP divorce avec l’opposition et le front déjà constitué contre le pouvoir.

On ne connaît pas encore l’impact de ses déclarations toute récentes de l’ancien ministre d’Etat, bien qu’on s’attende à des réactions immédiates.

Pour les analystes, si ces trois grands partis du paysage politique national connaissent des tensions et des velléités de changement de chef et de vision, cela veut dire qu’il existe des signes d’« arrangement » dans l’optique d’un profond remaniement ministériel et surtout de mise en place d’un nouvel agenda politique qui inclurait la révision de la Constitution, voire peut-être des élections anticipées.

La mouvance présidentielle semble souffrir d’un grand déficit politique face à l’opposition, en raison de la crise interne du FLN, du retrait de Bensalah et de son profil, et surtout des attaques en règle contre Amara Benyounès pour une histoire d’agrément pour la vente de vin et de boissons alcoolisées, et contre Amar Ghoul, cité dans des scandales de corruption.

Ces attaques ne viennent plus de l’opposition traditionnelle, mais de la part des autres formations qui gravitent autour de la mouvance présidentielle, comme le Parti des travailleurs. Hanoune vise directement une partie des soutiens à Bouteflika, ainsi que des ministres, les accusant directement de « corruption ou de dilapidation des deniers publics ».

Le FFS cible le FLN, le RND, le MPA et le TAJ, les accusant d’être les auteurs qui ont fait capoter son projet de conférence nationale sur le consensus. Malmenés de toutes parts, accusés de tous les maux, discrédités politiquement, les partis de la mouvance présidentielle semblent aujourd’hui à la recherche d’un nouveau souffle.

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