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Nationale

Moutons importés: L’offensive pour casser les prix

Moutons importés: L’offensive pour casser les prix
Des moutons à prix accessible. 

Face à une demande nationale qui explose à l’approche de l’Aïd El-Adha, l’Algérie passe à la vitesse supérieure dans l’importation de bétail. Mais au-delà des arrivages massifs aux ports, le défi est avant tout logistique et sanitaire. L’expert Mustapha Benaoui, ancien cadre du ministère de l’Agriculture, décrypte pour nous les rouages d’une opération complexe qui vise non seulement à stabiliser le marché, mais aussi à préserver un cheptel national fragilisé.

Face à une demande nationale qui culmine à 4 millions de têtes, l’Algérie accélère ses arrivages de bétail étranger. Entre quarantaine portuaire, logistique alimentaire et transport spécialisé, l’expert Mustapha Benaoui décrypte les enjeux d’une opération d’envergure qui vise à stabiliser le marché tout en préservant le cheptel local.

À l’approche de l’Aïd El-Adha, le ballet des navires bétaillers s’intensifie. Pour répondre à la forte pression sur les prix et la disponibilité, l’Algérie a activé un pont maritime entre l’Europe, l’Amérique latine et ses principaux ports. Selon Mustapha Benaoui, expert et ancien cadre du ministère de l’Agriculture, le rythme des arrivages devrait encore s’accélérer dès la semaine prochaine.

Cette année, le dispositif repose sur quatre opérateurs majeurs ayant sourcé le bétail en Espagne, Roumanie, Brésil et Uruguay. Si l’opération ressemble à celle de l’an passé, son ampleur a changé. « Le nombre d’opérateurs a doublé sur une période courte de 60 jours, ce qui rend la gestion bien plus délicate », souligne M. Benaoui.

L’organisation ne s’arrête pas au débarquement. À Oran, Alger, Annaba ou Béjaïa, une procédure stricte attend le cheptel. La mise en quarantaine qui dure entre 20 jours et un mois pour le dépistage sanitaire. Elle sera suivie par un acheminement vers des points de vente stratégiques déjà identifiés en plus de l’entretien avec 30 000 tonnes d’aliments.

L’un des points critiques soulevés par l’expert concerne la prise en charge immédiate des bêtes. Maintenir un million de moutons en bonne santé nécessite des ressources colossales : chaque animal consomme entre 600 et 700 grammes d’orge ou de concentré par jour, soit un besoin global de 30 000 tonnes pour la durée de l’opération. À cela s’ajoute une logistique d’abreuvement vitale (3 à 5 litres d’eau quotidiens par tête), le tout dans un contexte de stress hydrique et de déficit en fourrage.

Le transport vers les wilayas de l’intérieur constitue l’autre défi. Pour éviter les couacs logistiques passés, M. Benaoui insiste sur l’usage de camions aménagés. « Un véhicule adapté de 10 tonnes peut transporter 120 têtes, soit le double d’un camion non spécialisé, tout en garantissant le bien-être animal », précise-t-il.

Malgré ces efforts, l’expert tempère les attentes sur l’autosuffisance immédiate. Avec un million de têtes importées face à une demande oscillant entre 3,5 et 4 millions, le déficit reste réel. Le cheptel national, estimé à 18 millions de têtes, ne peut supporter seul la pression de l’abattage sans compromettre son renouvellement.

Dès lors, l’importation change de statut : elle n’est plus une simple mesure d’urgence, mais une stratégie de fond. « Cette opération devra probablement être reconduite sur une période de 5 à 8 ans », estime M. Benaoui. L’objectif final ? Laisser le temps aux parcours naturels de se régénérer et permettre la reconstitution durable du patrimoine génétique ovin algérien.



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