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Culture

Hommage à Mouloud Achour: un journaliste-écrivain de talent

Hommage à Mouloud Achour: un journaliste-écrivain de talent

Difficile de croire qu’une telle personnalité ait ainsi subitement disparue. Mais la volonté divine est par-dessus tout . Mouloud Achour se portait bien physiquement et intellectuellement.

Il avait un physique d’athlète et était toujours serein. Mouloud Achour mettait un point d’honneur à prendre soin de son apparence. Toujours costumé, c’était sa manière de faire preuve de respect pour son entourage et les personnes avec lesquelles il activait. Il s’est construit, de longues années durant, après avoir eu une enfance difficile.

Son village natal se situe au piémont du Djurdjura, au village Ait Salah, près de celui de Tamzight Il a beaucoup souffert pour aller à l’école qui se trouvait à deux heures de marche de chez lui, parcourant des sentiers presque inaccessibles et une rivière toujours mouvementée. Il a eu cependant la chance de faire ses études secondaires à Tizi Ouzou puis de passer son bac à Alger.

Mouloud Achour disait : «Mon père était cultivateur et souffrait énormément pour nourrir sa famille. En nous faisant faire des études, il voulait que ses enfants aient une meilleure vie.» C’est pourquoi Mouloud, avec le soutien de son père, a toujours privilégié les études. Il était aussi un passionné de lecture, ce qui a enrichi sa connaissance de la langue française.

Il la maîtrisait à la perfection, connaissant ses moindres nuances et donc parlait un français impeccable. En sa qualité d’écrivain, Mouloud Achour a publié de nombreux recueils de nouvelles et de romans dans lesquels il exerce l’élégance raffinée de son écriture. Sur le plan professionnel, il a occupé des emplois de haut rang et de cadre supérieur, notamment au ministère de la Culture et celui de la Communication.

Mais c’est surtout en tant que journaliste qu’il a perfectionné son génie de l’écriture. Mouloud Achour a assumé avec brio la rubrique culturelle du quotidien El Moudjahid, alors seul organe de presse de l’Algérie indépendante. Il a admirablement embelli la vie culturelle de l’Algérie en mettant en œuvre un supplément culturel hebdomadaire.

Il a ainsi abordé tous les thèmes ( patrimoine, cinéma, arts plastiques, spectacles, théâtre, musique) et a vu la naissance de jeunes talents dans les arts. Mouloud Achour a brillamment contribué à la culture de l’Algérie par ses recherches, ses investigations éclairées, son sens de la perfection et sa vision positive du futur. On peut dire, en toute honnêteté, que si la vie culturelle en Algérie est si active et si dynamique, c’est grâce à la contribution sans limite du regretté Mouloud Achour.

J’ai eu personnellement l’honneur et la fierté de travailler avec lui quand il était chef de rubrique à El Moudjahid. Je n’oublierai jamais les relations cordiales et fraternelles qui nous liaient. Il ne m’a jamais fait de reproches durant les nombreuses années que nous avons passées ensemble, soit plus d’une décennie. Il ne m’a jamais refusé un article, ce qui m’a encouragé à faire toujours mieux.

Je signais K. Cheriti alors que mon prénom est Koutar. Il voulait pour moi un prénom plus léger, il m’a alors donné celui de Kamel, et je l’ai gardé par admiration pour lui dans tous mes articles futurs. Cher Mouloud, c’est avec une profonde émotion que j’écris ces quelques lignes pour t’exprimer tout le respect et l’amitié que j’ai envers toi, et ce jusqu’à mon dernier souffle.

Tu resteras l’exemple d’un grand journaliste humble, d’une haute compétence, modeste, refusant tout éloge, compliment ou reconnaissance quand les gens parlaient de tes vertus et de la haute qualité de ton travail d’écrivain et de journaliste. Je ne me lasserai jamais de te citer en exemple pour le rayonnement et la promotion de notre presse nationale. Personnellement, je te vouerai un culte et un hommage qui ne s’éteindront jamais.

Puisse ce témoignage s’ajouter à l’immensité de tes nobles qualités humaines et morales. Prions le Seigneur, le Tout-Puissant, de te donner une place dans son vaste paradis. Encore un dernier mot exprimant ma gratitude pour la confiance et l’estime que tu m’as accordées. Tu m’as porté chance car cette confiance et cette estime, je les retrouve aujourd’hui auprès de la direction et de la rédaction du quotidien le Jeune Indépendant.

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