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Moscou préconise une trêve humanitaire

Moscou préconise une trêve humanitaire

L’agression arabe menée par l’Arabie saoudite a ralenti la progression des Houthis au Yémen, mais, profitant du chaos, Al-Qaïda a pris le contrôle d’une importante base militaire dans le sud-est.

De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni hier pour discuter d’une proposition russe d’instaurer des « pauses humanitaires dans les frappes aériennes » au Yémen. En deux semaines, cette agression a fait 519 morts et près de 1.700 blessés, avait indiqué jeudi la responsable des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos, « extrêmement inquiète » pour la sécurité des civils.

L’Arabie saoudite, qui partage une longue frontière avec le Yémen, a lancé le 26 mars avec plusieurs pays arabes l’opération « Tempête décisive » pour empêcher selon elle les « rebelles » Houthis de prendre le pouvoir, et l’Iran d’étendre son influence dans la région.

Vendredi, au neuvième jour de l’agression, et sur fond de désorganisation des structures de l’Etat, AQPA (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), la branche la plus dangereuse du réseau extrémiste, a procédé à une véritable démonstration de force en prenant, sans résistance selon des responsables, le quartier général de l’armée et le port de Moukalla (sud-est).

Des centaines de combattants sont déployés depuis jeudi dans ce chef-lieu de la province du Hadramout, où vivent plus de 200.000 habitants. Seuls l’aéroport et quelques camps militaires proches leur échappent encore, selon une source militaire. Dans l’après-midi vendredi, des djihadistes paradaient dans les rues et la population, effrayée, commençait à fuir.

La veille, Al-Qaïda avait libéré 300 détenus en donnant l’assaut à la prison centrale, et, selon des habitants, lancé depuis des mosquées des appels « au jihad contre les chiites », confirmant le risque d’une guerre confessionnelle dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, où les combats ont fait plus de 500 morts en deux semaines.

Par ailleurs, deux gardes-frontières saoudiens ont été tués avant-hier par des tirs en provenance du Yémen, portant à trois le nombre de gardes-frontières tués depuis mercredi.

Ennemis jurés mais tous deux hostiles au pouvoir du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi, les Houthis et Al-Qaïda s’étaient violemment affrontés au cours des derniers mois.

Ces deux entités « ont les mêmes objectifs (…) contre la population yéménite, contre la sécurité de la région et du monde », a réagi le porte-parole de la coalition arabo-saoudienne, le général Ahmed Assiri, devant des journalistes.

Soumis à d’intenses bombardements nocturnes de la coalition à Aden (sud), la deuxième ville du Yémen, les Houthis et leurs alliés, des militaires fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, ont dû battre en retraite du palais présidentiel qu’ils avaient pris la veille.

Au sol, ils font face aux combattants des « Comités populaires », une force paramilitaire soutenant le président Hadi qui a dû quitter précipitamment son fief d’Aden fin mars pour se réfugier en Arabie saoudite.

Ce dernier a succédé en 2012 au président Saleh, poussé au départ par une contestation populaire après plus de trois décennies au pouvoir.

L’ex-président est soupçonné d’avoir aidé les rebelles, liés à l’Iran chiite, dans leur offensive lancée en septembre 2014 et qui leur a permis de s’emparer de vastes régions, dont la capitale Sanaa. 

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