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Op-Ed

Mort d’homme

Lorsque nous avions dit et répété à moult reprises que le professionnalisme du football en Algérie ne se limite qu’à la durée d’une rencontre, soit 90 minutes, certaines têtes pensantes nous avaient pris pour des fauteurs de troubles face aux desseins de la FAF. Le décès d’Ebossé vient quelque peu confirmer nos dires pour faire taire ces langues fourchues.

Du coup, le football professionnel en Algérie tue des joueurs. Un footballeur étranger tué par son propre supporter parce que son équipe n’a pas gagné. Le geste est condamnable mais pour en arriver-là, l’assassin était libre de tout mouvement. Aucun œil vigilant n’était pointé envers lui avant de jeter son projectile fatal. Qui ? Faut-il condamner qui-Ben, tout le monde.

Du gardien du stade à son directeur en passant par les dirigeants de la JSK sans oublier les services de sécurité. On parle de fouille minutieuse, d’interdiction d’entrée pour les mineurs, de caméras de surveillance, de blablablabla et puis v’lan, l’international Camerounais, Ebossé, meurt à l’hôpital, suite à un jet de projectile qui a atteint sa tête.

Pourtant, pendant toute la rencontre, la télévision montrait clairement que l’un de ses cameramen a été blessé par un jet de projectiles et que Zemmamouche était bombardé de pierres et de cailloux. Le tout sous les yeux de Benouza qui n’a pas voulu arrêter le match. Le volcan bouillonnait et il allait cracher la mort. Aussi, on retiendra ces images venues des gradins où l’on voyait des supporters de la JSK utilisaient des lasers sans que personne n’ait le courage d’arrêter la rencontre ou identifier les utilisateurs de ces actes. Quel est le rôle du délégué de match ? A un certain moment, tous les acteurs (y compris le gardien de la JSK) n’avaient échappé à ce jeu du laser qui est interdit dans tous les stades du monde… sauf en Algérie.

Maintenant, on écrira tout ce que l’on voudra, on dira tout ce que l’on pourra, mais on ne pourra jamais faire revenir à la vie Ebossé. Il était recruté pour marquer des buts. Il a suffi qu’un assassin lui balance une pierre pour en faire cinq orphelins camerounais, dont un bébé d’à peine un mois. C’est tout simplement une tragédie que vient de vivre notre football et celui du Cameroun.

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