Monoxyde de carbone : Nouveau drame à Ghardaïa
Quatre membres de la même famille ont trouvé la mort asphyxiés, vendredi après-midi, à leur domicile situé à El-Ateuf, à 12 km au sud-est de Ghardaïa, et ce suite à l’inhalation de monoxyde de carbone émanant d’un réchaud à gaz, a indiqué un communiqué de la Protection civile.
Selon la même source, les victimes, dont le père, la mère et leurs deux enfants originaires de Ghardaïa, âgés entre 6 et 36 ans, lesquels sont venus d’Alger pour passer les vacances d’hiver en famille, n’ont pas donné signe de vie depuis une journée. Inquiet, un proche s’est précipité pour s’enquérir de leur état, défonçant la porte de leur domicile. Il a trouvé les corps sans vie de ces derniers, a précisé le communiqué.
Aussitôt alertés, les services compétents sont intervenus et une enquête a été ouverte et diligentée par le parquet près le tribunal de la République de Ghardaïa, afin de déterminer les causes et les circonstances exactes du décès des quatre membres de la même famille, conformément aux lois et règlements en vigueur, a indiqué un communiqué du procureur de la République de Ghardaïa.
L’enquête judiciaire a été confiée aux membres de la police judiciaire, plusieurs techniciens spécialistes de la Protection civile, de la police scientifique et de la Société de distribution de l’électricité et de gaz pour déterminer la défaillance et les manquements à l’origine de ce malheureux événement, a conclu le communiqué.
Rappelons qu’à l’approche de l’hiver, pour beaucoup d’Algériens, c’est encore le spectre de la mort et les appréhensions sur le monoxyde de carbone. Ce poison inodore et incolore qui plane sur des milliers de foyers. Chaque année, on dénombre de nombreux cas de décès liés à l’inhalation du monoxyde de carbone. Pas un jour ne passe sans que les services de la Protection civile annoncent des accidents dans ce cadre. La principale raison qui explique une telle situation est la prolifération d’appareils de chauffage défectueux sur le marché national. Des familles entières sont décimées par le « tueur silencieux » qui s’échappe insidieusement de ces appareils « bidon ».
De nombreux cas de décès liés à l’inhalation du monoxyde de carbone avaient été enregistrés. La prolifération d’appareils de chauffage défectueux sur le marché national est à l’origine de cette situation, qui atteste de l’informel et de la contrefaçon, y compris au niveau du réseau de distribution assuré par des agents agréés. Des familles entières ont été décimées par le « tueur silencieux » qui s’échappe insidieusement de ces appareils. Les consommateurs interrogés par le Jeune Indépendant dans les rues d’Alger sont tous catégoriques sur la défaillance des appareils de chauffage.
105 décès depuis le début de l’année
En novembre dernier, le colonel Farouk Achour, directeur de l’information et des statistiques à la Protection civile, avait déclaré au Jeune Indépendant que depuis le début de l’année, 3 000 personnes ont été victimes de ce tueur silencieux, dont 105 ont perdu la vie, mettant en garde contre « ce gaz dangereux qui provoque des intoxications parfois fatales ». Il avait ajouté qu’au mois de novembre dernier, 12 personnes ont succombé à une intoxication par inhalation de monoxyde de carbone et 150 autres ont été secourues d’une mort certaine. Un chiffre qu’il avait qualifié d’« alarmant » étant donné que l’hiver ne fait que commencer et que le grand froid n’est pas encore installé. Par conséquent, il a tiré la sonnette d’alarme sur ce phénomène qui prend de l’ampleur d’année en année.
Selon le chargé de communication au sein de la DGPC de la wilaya d’Alger, le lieutenant Khaled Ben Khalfallah, le manque d’aération est à l’origine des intoxications au monoxyde de carbone. « L’absence d’aération est la cause principale de l’intoxication au monoxyde de carbone qui émane soit du chauffage, soit du chauffe-bain. Les gens sont calfeutrés chez eux, portes et fenêtres fermées.
Il est également constaté l’absence de canalisation d’évacuation des gaz brûlés, surtout que la majorité des familles continuent de placer leur chauffe-bain dans les salles de bain », avait-il souligné. Il avait cité l’incident survenu l’année dernière, au cours duquel un jeune a perdu la vie. « Un jeune est resté dans sa voiture qu’il a garée dans le garage de la maison. Tout était fermé. Alors, le monoxyde de carbone s’est échappé du tuyau d’échappement du véhicule. Le jeune a inhalé le gaz, ce qui a causé sa mort », avait-il déclaré.
Des recommandations à suivre
Dans un communiqué, la Protection civile avait appelé à la vigilance concernant les dangers du monoxyde de carbone qui sont à l’origine d’intoxications parfois fatales, résultant d’une mauvaise utilisation des appareils de chauffage ou d’une absence d’aération dans les habitations, demeures et locaux. Selon les statistiques établies par le même corps constitué, il avait été enregistré, depuis le début de janvier 2021, 95 décès et plus de 2 006 personnes ont été secourus d’une mort certaine par les éléments de la Protection civile. « La prévention reste un moyen très efficace pour réduire les risques liés à ce type d’accident domestique », avait noté le communiqué.
Dans ce contexte, la DGPC avait rappelé les conditions et les recommandations principales pour éviter les risques d’asphyxie au monoxyde de carbone. Il s’agit, avait précisé encore la même source, de ventiler les logements lors de l’utilisation des appareils de chauffage, d’aérer au moins 10 minutes par jour, d’éviter de boucher les prises d’air dans les pièces et de ne pas laisser un moteur de voiture en route dans un garage fermé. Il est question également d’éviter l’usage de la « tabouna » et des appareils de cuisson comme moyens de réchauffement et de faire procéder à l’entretien régulier des appareils par un professionnel.