Mondial 2026: Face à la Suisse, Petkovic refuse le duel personnel et mise tout sur les Fennecs
Retrouvailles électriques en vue pour Vladimir Petkovic, coach de l’équipe nationale algérienne. En conférence de presse, avant de défier la Suisse, le sélectionneur algérien a désamorcé les débats sur son passé pour remobiliser ses troupes. Entre ambitions offensives et vigilance collective, le technicien bosnien affiche une certitude : c’est l’Algérie, et non lui, qui entrera sur le terrain pour écrire l’histoire, ce jeudi soir à Vancouver (Canada) face aux helvétiques en 16e de finale de la coupe du monde de football.
Interrogé sur ses retrouvailles avec le pays qu’il a dirigé pendant sept ans, le sélectionneur national a immédiatement désamorcé le débat. Pas question de prêter le flanc au storytelling ou aux rivalités individuelles.
« Le monde du football est universel, tout le monde se connaît. Le fait que je sois un ancien coach de la Suisse n’est certainement pas un avantage. Ce n’est pas un match Petkovic contre la Suisse, c’est l’Algérie qui joue», a-t-il martelé.
Le technicien bosnien a d’ailleurs insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas non plus d’un duel tactique « Petkovic face à Yakin ». S’il admet garder d’excellents contacts avec ses anciens joueurs suisses, sa loyauté est aujourd’hui totale . « Aujourd’hui je suis avec l’Algérie et on fera tout pour gagner ce match », a-t-il souligné.
Trouver l’équilibre après le frisson autrichien
Sur le plan purement sportif, Petkovic a posé un diagnostic lucide sur le visage de son équipe, marqué par un parcours spectaculaire mais fragile en phase de groupes — à l’image du nul 3-3 arraché contre l’Autriche. Bien qu’il se félicite d’une efficacité offensive redoutable, il reconnaît qu’il s’agit d’un chantier défensif urgent afin de corriger une fébrilité qui pourrait coûter cher.
« Nous avons encaissé trop de buts, mais nous en avons également marqué beaucoup. Nous devons continuer à nous améliorer, match après match », a-t-il tempéré, tout en assurant que le groupe avait parfaitement récupéré de sa débauche d’énergie face aux Autrichiens et se préparait sereinement.
Face au danger que représente la sélection helvétique, le coach des Fennecs refuse de cibler un joueur en particulier. Sa stratégie repose avant tout sur une vigilance globale. Plutôt que de mettre en place un marquage à la culotte ou un plan anti-star pour neutraliser des individualités précises, le technicien mise sur une approche de bloc compact, capable de contrecarrer la créativité collective de la Suisse.
Le sélectionneur des Verts a conclu son intervention en rendant un vibrant hommage aux supporters algériens, dont les scènes de liesse après la qualification ont profondément marqué le staff. Il a exprimé son admiration face au retour formidable des célébrations du peuple algérien et a formulé le souhait de voir les fans présents en nombre pour pousser l’équipe. Rendez-vous est pris : l’Algérie n’avance pas en terrain conquis, mais elle avance unie.

Murat Yakin
Du côté suisse, Murat Yakin a d’emblée balayé toute hiérarchie affichée entre les deux équipes, insistant sur le fait qu’on ne peut pas parler de favoris sur ce tournoi et que tout le monde se trouve sur un pied d’égalité. Saluant au passage la qualité technique de l’adversaire algérien, le technicien suisse s’attend à une rencontre ouverte dès le coup d’envoi, sans avantage évident pour l’un ou l’autre camp.
Le sélectionneur de la Nati affirme avoir minutieusement étudié son adversaire et appelle ses joueurs à une vigilance de chaque instant. Rappelant que l’Algérie possède de très bons éléments capables de changer la donne, il demande à son groupe de saisir la moindre occasion. Un avertissement qui reflète le profil offensif des Fennecs, portés notamment par un Riyad Mahrez décisif lors du match nul spectaculaire contre l’Autriche, qui a validé la qualification algérienne parmi les meilleurs troisièmes du tournoi.
Ce 16e de finale revêt également une saveur particulière pour Yakin, qui a succédé à Vladimir Petkovic sur le banc de la Nati en 2021. Évoquant leur relation, le coach suisse a confié qu’ils se connaissaient très bien et s’appréciaient mutuellement. Qualifiant leurs profils d’entraîneurs de similaires, il a salué la méthode de travail et la gestion des joueurs du Bosnien.