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Nationale

Mokri : «L’Etat excelle dans les solutions conjoncturelles»

Mokri : «L’Etat excelle dans les solutions conjoncturelles»

Les autorités excellent dans les solutions conjoncturelles au lieu de proposer des options de fond qui règlent tous les problèmes auxquels fait face le pays. C’est ce qu’a affirmé le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Mokri, au Premier ministre qui ne cesse d’évoquer la nécessiter pour l’Algérie de réduire sa forte dépendance des hydrocarbures depuis la chute des prix du pétrole.

« C’est hallucinant ! Le gouvernement parle de la diversification économique comme s’il s’agissait d’un gouvernement nouvellement installé en ces temps de crise, a-t-il dit. Invité au Forum de liberté, le porte parole du MSP, qui s’exprimé également en tant que membre de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), a estimé qu’il n’y a pas une réelle prise de consciences sur la fragilité de l’économie nationale et que l’Etat fait des déclarations conjoncturelles sans visions, qui vont disparaitre de ses discours dès qu’il y aura une reprise des cours du pétrole.

« Si l’Etat veut réellement opérer un changement, il faudrait d’abord s’attaquer à la corruption, devenue l’un des outils de l’exercice du pouvoir », a-t-il accusé, en affirmant que la lutte contre la corruption se traduit sur le terrain d’une manière spontanée par la présence d’un contre-pouvoir qui contrôle les responsables à tous les niveaux.

Mokri met en doute la volonté de l’Etat d’une réelle transition démocratique à travers l’amendement de la constitution. « Le pouvoir veut gagner du temps en attendant de dépasser cette conjoncture difficile », a-t-il soutenu en soulignant qu’il n’y a même pas une réelle intention d’amender la constitution.

« On a parlé d’amendement en 2011 et à 2015 nous sommes toujours au même point », a-t-il souligné. Il a rappelé que son parti a boycotté cette démarche de consultations menée par l’ex chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, car il estimait que c’était beaucoup plus un outil pour effriter l’opposition et gagner du temps.

« Le 2e round de ces consultations est semblable aux autres épisodes et ne nous concerne pas du tout », a-t-il tranché. Il a ajouté en revanche que l’opposition a proposé sa vision dans la plateforme de Zéralda « C’est notre seule initiative pour aider au changement et à la transition démocratique en Algérie », a-t-il dit en affirmant le MSP était disposé à dialoguer avec tous les partis y compris le Président et l’armée.

Quant à son différend avec le FFS, Mokri a affirmé que les deux partis sont en « compétition » et que chaque partie veut faire valoir sa vision. « Nous ne voulons pas laisser le champ libre à nos concurrents car on est effectivement en compétition avec le FFS », a-t-il ajouté. Interrogé sur la position de son partie vis-à-vis des frères musulmans en Egypte.

Il a répondu que les frères musulmans ont été élus démocratiquement par le peuple égyptien mais ils ont été écartés par les militaires à travers le coup d’Etat mené avec l’aide des forces « impérialistes » et le « sionisme ». « Nous considérons qu’ils sont victimes de l’injustice », a-t-il jugé en écartant toutefois que la conjoncture politique qui prévaut en Egypte impact sur l’Algérie.

Il a expliqué son point de vue par le fait que « la politiques étrangères des deux pays est totalement différente », notamment en ce qui concerne le traitement des crises régionales telles la guerre civil en Libye et la situation en Tunisie. En évoquant le rôle de l’Algérie dans ce pays, Mokri estime par ailleurs que l’Algérie soutient la transition et la démocratie chez les « voisins » tout en l’occultant chez elle.

Pour ce qui est des débordements observés en Algérie lors des marches contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo et les slogans « radicaux » scandés lors de la marche contre ce journal, Mokri incombe toute la responsabilité à l’Etat qui contribue au « charlatanisme » de la rue. « Par son interdiction des marches et des manifestations dans la capitale, l’Etat encourage l’anarchie.

Car en temps normal, les marches des populations sont encadrées par des personnalités de la société civile pour exprimer une position et si elles sont interdites, les gens sortent spontanément ce qui risque de provoquer le désordre », a-t-il conclu. 

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