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Nationale

Mokri le trouble-fête de l’opposition qui ne s’assume pas

Mokri le trouble-fête de l’opposition qui ne s’assume pas

Etrange rencontre entre Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet de la présidence de la République, et le leader du MSP Abderrezak Mokri. L’un comme l’autre viennent de défrayer la chronique. Mokri a rompu le pacte que le liait à ses partenaires de l’ISCO depuis plus d’une année.

Au sein de l’ISCO la démarche du chef du MSP de reprendre langue avec la présidence de la République est considérée comme une « trahison » plus qu’une faute morale. La prochaine réunion de l’ISCO, dont la date n’est pas encore fixée, aura à discuter de la nouvelle situation engendrée par la reprise du dialogue entre la Présidence et le MSP.

De son côté, la sortie médiatique d’Ouyahia, qui a toujours défendu bec et ongles la position du pouvoir en place, a de quoi étonner plus d’un observateur. Un revirement à 90 degrés a laissé plus d’un pantois.

Une attaque en règle et bien ciblée à l’endroit de Sellal malgré le démenti formel du porte-parole du RND, Seddik Chiheb, le tout enveloppé dans une opération de communication bien maîtrisée. Décidément Ouyahia a profité de sa réhabilitation politique pour revenir encore plus tranchant. Un miraculé Ouyahia ? Il poursuit ses ambitions politiques.

Et il ne cache pas ses intentions de succéder à Bouteflika lors de la prochaine présidentielle ou bien avant. Après plusieurs années à essayer de surnager dans les méandres de la politique, Ouyahia s’est résolu à construire sa propre voie, avec un objectif ambitieux et désormais officiel : le palais d’El Mouradia.

Lors de sa courte traversée du désert, Ouyahi n’a pas chômé en imagination pour tenter de modifier son destin politique par tous les moyens, un destin qui semble pourtant scellé depuis belle lurette. La finalité du combat pour Ouyahia c’est l’exercice du pouvoir suprême, comme si quelque part le personnage souffrait du complexe qui lui fait croire qu’il est né pour commander.

Depuis son intrusion spectaculaire sur la scène politique nationale en 1995, il n’a cessé de cristalliser sur sa personne les passions de très nombreux citoyens ainsi qu’une bonne partie de la classe politique.

Quant à Mokri, s’il se met à dos ses partenaires de l’ISCO, il se prépare d’ores et déjà au difficile exercice de la course à la présidentielle. Il a dû certainement flairer la bonne affaire. S’il n’a pas jugé utile d’alerter ses partenaires c’est qu’il a une idée derrière la tête. Son parti qui est plus proche du pouvoir que ses partenaires a dû avoir accès à des informations bien utiles.

Le leader suppute un changement d’orientation au plus haut niveau dans les mois à venir. En quête de direction, le successeur de Soltani est traversé d’interrogations. Il a pris un risque certain en allant à la rencontre d’Ouyahia.

Pourtant, cette seule explication de cette rencontre avec Ouyahia ne peut suffire à expliquer sa démarche. Le grand désarroi du MSP dans lequel il est plongé après trois années d’opposition a laissé des traces indélébiles au sein de ce parti. Navigant à contrecourant de ses pairs moins préparés à affronter les prochaines échéances électorales, il ne parvient toujours pas à s’y déterminer.

Cette indécision a déteint sur les troupes du parti qui ne veulent pas continuer à s’opposer indéfiniment au pouvoir en place, elles qui ont goûté aux délices de ce pouvoir depuis 1999.

Avec plus ou moins de réussite jusque-là. Mokri, qui pousse à imprimer un certain radicalisme au MSP, se sent bien dans la peau d’un leader.

Il fait l’effort d’animer l’opposition réunie autour de l’ISCO avec, comme idée première, de parvenir à un consensus autour d’une candidature commune. La lutte pour la succession au pouvoir semble donner un coup de fouet à la vie politique.

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