Mokrane Nouad salue l’instruction de Tebboune de mettre fin à la bureaucratie : «L’agriculture est un secteur qui n’attend pas»
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a insisté sur la nécessité d’en finir immédiatement avec la bureaucratie dans le secteur de l’agriculture. Une orientation qui va régler un problème qui dure depuis longtemps, selon Mohamed Mokrane Nouad, docteur en filières agroalimentaires, expert et consultant international, qui affirme que l’agriculture est un secteur qui n’attend pas.
« L’agriculture est un secteur vivant qui n’attend pas. L’administration constitue une grande entrave pour son développement », a indiqué M. Nouad dans sa déclaration au Jeune Indépendant, signalant l’impact de la bureaucratie dans le secteur de l’agriculture.
Qualifiant cette décision de « salutaire », il a affirmé que l’attente dans le secteur de l’agriculture engendre des pertes économiques. Selon lui, l’attente dans les différentes étapes, à l’instar de l’approvisionnement ou le lancement d’un projet, nuit à l’agriculteur et, par ricochet, au rendement.
« Si, par exemple, on a besoin d’engrais avant le début de la campagne et qu’ils arrivent après, ce n’est plus nécessaire de les faire », a-t-il expliqué, relevant « l’un des côtés vivants » du secteur de l’agriculture.
L’attente de financements cause aussi d’importantes pertes, selon M. Nouad, qui dit que « si l’on a besoin d’un crédit bancaire pour le lancement de la campagne labours-semailles et qu’on le reçoit trois mois après, il se sert plus à rien ». « C’est une perte et cela engendre des pertes économiques importantes », a-t-il souligné.
Interrogé sur l’autre mesure prise par le président de la République lors du Conseil des ministres, qu’il a présidé avant-hier, relative à l’installation de coopératives agricoles relevant du groupe public agro-industriel AGRODIV concernant la prise en charge de la location de différents engins agricoles avant la fin du mois de mars prochain, en raison du lancement précoce de la saison de moisson dans certaines régions d’Algérie, notamment dans le Sud, il a affirmé que ce choix est judicieux. Selon lui, la création de coopératives par des opérateurs privés coûte cher. « Cela demande un fonds important estimé à peu près à 300 milliards de centimes. C’est au-dessus des moyens des opérateurs privés », a expliqué cet expert et consultant international.
« Confier la tâche à ce groupe agro-industriel est une sage décision », a-t-il affirmé, signalant la portée de cette mesure. « Cela va permettre d’aller vite et de mettre à la disposition des agriculteurs les moyens de récolte à temps », a noté M. Nouad, soulignant l’importance de la mécanisation de l’agriculture. Cette dernière s’impose, selon cet expert qui, en outre, est revenu sur la création de ces coopératives agricoles. « Il fallait créer ces coopératives il y a longtemps. C’est un passage obligatoire si l’on veut moderniser le secteur », a-t-il précisé. Rappelant le rôle que vont jouer ces coopératives en tant que prestataire de service, M. Nouad n’a pas manqué de signaler l’existence du système de coopératives en Algérie. Un modèle qui a réussi dans le pays, a-t-il noté.
L’importance et la nécessité de créer ces coopératives agricoles ont également été soulignées par l’expert en agriculture, Boukhalfa Laâla, qui a affirmé qu’elles ont « joué un rôle d’intermédiaire entre les agriculteurs et l’administration ».
L’orientation du président de la République pour en finir immédiatement avec la bureaucratie dans le secteur de l’agriculture a également été saluée par M. Laâla. Selon lui, les doléances des agriculteurs relatives aux obstacles administratifs ont été portées à la connaissance du Président, lequel a, par conséquent, donné des instructions dans ce sens.