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Nationale

Mokhtar Said Medouini : « La structuration du hirak est une nécessité »

Mokhtar Said Medouini : « La structuration du hirak est une nécessité »

La structuration du mouvement populaire du 22 février dernier est une nécessité, compte tenu de l’envergue des chantiers à relancer et du rôle que devraient y jouer les dynamiques de la société émergeant du Hirak.

C’est ce qui ressort de l’intervention de l’expert et analyste politique, Mokhtar Said Medouini, ce dimanche sur les ondes de la Radio nationale sur le mouvement populaire et la présidentielle prévue pour le 12 décembre.

L’expert plaide pour la structuration de ce mouvement, qui a entamé son huitième mois de mobilisation et considère que ce serait un gâchis de ne pas le faire. Car, enchaîne-t-il, beaucoup reste à faire après les élections présidentielles qui ne constituent pas une fin en soi, précisant que le futur Président devra se lancer dans l’entreprise des réformes dans les différents secteurs.

Cette organisation, poursuit l’analyste, permettra aux dynamiques de la société civile, syndicats, associations et structures estudiantines ayant émergé durant cette révolution pacifique, de constituer dans le futur une véritable force de proposition. Prédisant ainsi une reconfiguration de la scène politique nationale avec de nouveaux acteurs et organisations possédant des assises populaires.

À propos du rejet du prochain scrutin par les hirakistes, l’invité de la rédaction se demande « ce que préparent ceux qui refusent de dialoguer et d’aller vers des élections », estimant « qu’aimer son pays c’est trouver une voie ‘’sécurisée’’ pour sortir de la crise loin de toute confrontation ».

Cet élan populaire extraordinaire, note-t-il, a montré à quel point les Algériens aiment leur pays et aspirent à un Etat de droit où tout le monde aura une place, mais « certains dérapages », fait-t-il observer, risquent de le détourner de son objectif. « Il y a une radicalisation de position rejetant tout avis différent et ces exercices sont anti-démocratiques », dit-il.

Le spécialiste s’étale sur ce point en avançant que toute crise qui perdure porte en son sein l’éventualité de dérives incontrôlables et ouvre les portes devant les ingérences étrangères, citant la déclaration faite avant-hier par la sous-commission de droits de l’homme de l’Union européenne (UE) qui apporte son soutien au Hirak.

M. Medouini recense deux critères que devrait remplir le prochain président de la République : « trouver un président qui va servir ce peuple et qui aimera ce pays ».

Par ailleurs, l’analyste pense qu’il est impératif de séparer les pouvoirs et l’argent de la politique dans l’Algérie de demain ce qui mènera, à son avis, à mettre en place des institutions solides et légitimes, qui ont connu par le passé des défaillances engendrant le marasme dans lequel sombre le pays en ce moment. Il souligna dans la même foulée, qu’avec l’embellie financière des dernières années, « nous avons raté la chance de faire de l’Algérie un eldorado qui profite à son peuple jeune dans sa majorité en raison des gouverneurs qui sont venus, non seulement spolier les richesses du peuple, mais pour détruire ce pays ».

Tout en affichant son optimisme, l’expert estime qu’à travers les urnes et la prise de conscience collective constatée chez les Algériens, que ces derniers vont exclure les personnalités qualifiées de symboles de l’ancien système. Concernant le manque de confiance qui s’érige en obstacle entre le pouvoir et le peuple, l’analyste explique que ce sont les pratiques quotidiennes « sincères et basées sur la justice sociale » qui vont, avec le temps, rétablir cette confiance perdue.

Devant un mouvement populaire mature et exigeant, les candidats seront obligés de convaincre les électeurs avec les programmes réalisables loin des promesses. L’expert voit que « le gage de ‘’crédibiliser’’ les élections du 12 décembre est la position de l’institution militaire qui n’a aucune ambition politique et sa promesse d’accompagner le mouvement populaire ». Ce qui, selon ses lectures, écarte « les thèses soutenant la fabrication du futur président via un candidat du pouvoir », d’autant que l’on compte pour l’heure quatre-vingts candidats.v

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