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Nationale

Moins de 200 dinars : La sardine courtise les petites bourses

Moins de 200 dinars : La sardine courtise les petites bourses

La sardine, qui avait pris des ailes pour devenir un poisson volant hors de prix, est cédée ces temps-ci à des prix qui font le bonheur des petites bourses.

Sur les marchés publics ou dans les pêcheries, le prix de la sardine, dite la viande du pauvre, est descendu jusqu’à 200 DA, après avoir atteint le seuil intolérable de 800 DA le kilogramme. Chez les vendeurs à la criée, le poisson passe à table à 100 DA.

Au grand bonheur du citoyen, le prix de la sardine fluctue entre 100 et 200 DA. Le produit, actuellement abondant et abordable, fait le bonheur et du vendeur et du consommateur.

« La marchandise inonde le marché. Il m’arrive même parfois de céder la sardine qui me reste en fin de matinée », témoigne ammi Mohamed, vendeur de poisson au marché de Bab El-Oued.

Il explique que la sardine, un poisson migrateur et grégaire, passe l’automne et l’hiver dans les grand fonds de nos mers qu’elle quitte pour se rapprocher des côtes pour la reproduction pendant les mois chauds.

« Cette année, elle a choisi les eaux algériennes », se réjouit cet ancien navigateur. Pour khalti Hanifa, c’est-là une aubaine. Elle peut faire profiter ses petits-enfants des délices de cet aliment. « Je leur concocte de bonnes recettes à base de sardine. C’est l’occasion propice pour leur apprendre à aimer ce poisson ».

Cette septuagénaire raconte qu’à son époque, la sardine était destinée aux pauvres, ce qui maintenait l’équilibre alimentaire de la rude période coloniale. « Je me rappelle du poissonnier qui passait tôt pendant la matinée dans les ruelles étroites de La Casbah tout en criant à la sardine toute fraîche. 

Les enfants faisaient la queue, tenant dans une main la passoire pour y mettre la sardines », se rappelle cette dame. Le prix de la sardine varie entre 100 est 200 dinars, aussi bien à Alger que dans les autres villes portuaires comme Boumerdès et Tipasa. Même dans les quartiers huppés comme Ben Aknoun, El-Biar ou encore Bouzaréah, le coût ne dépasse pas les 250 DA.

Les amoureux du poisson ne manquent pas de saisir l’opportunité pour se régaler tant les prix sont abordables. Contactée par le Jeune Indépendant, le président de l’Association nationale des commerçants et des artisans (ANCA), El-Hadj Tahar Boulenouar, a attribué cette chute des prix de la sardine essentiellement à l’avènement de l’Aïd.

« Près de 4 millions de moutons ont été sacrifiés pour cette fête sacrée, ce qui a entraîné une forte demande en viande et, par conséquent, une réduction de la consommation de poisson en cette période », a-t-il expliqué. Il a également cité la pêche anarchique de la part de certains pêcheurs.

Le porte-parole de l’ANCA a évoqué les points faibles qui empêchent le développement du secteur de la pêche. Il a cité notamment le manque d’organisation chez les pêcheurs ainsi que la dégradation du matériel de pêche, tels que les bateaux. Il a également appelé à l’installation d’usines pour la transformation et la conservation du poisson.

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