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Nationale

Mohamed-Oussalem Ould-Ali : Une grande figure révolutionnaire peu connue du public

Mohamed-Oussalem Ould-Ali : Une grande figure révolutionnaire peu connue du public

Sur initiative de l’association sociale Thiguemi de la commune des Ouacifs, et en collaboration avec l’APW de Tizi Ouzou, la direction de la culture de la wilaya et la maison de la Culture Mouloud-Mammeri, des universitaires, chercheurs et intellectuels ainsi que des moudjahidine se sont rencontrés avant-hier, dans l’espace de la maison de la Culture, pour un colloque sur une grande figure révolutionnaire algérienne, en l’occurrence Mohamed-Oussalem Ould-Ali dit Dda Salem Ath-Ali. Dda Salem Ath-Ali, né le 19 janvier 1903 et rappelé à Dieu le 18 janvier 1997, a consacré sa vie entière à la lutte pour la justice et l’honneur.

Nonobstant une vie mouvementée et un rôle prépondérant dans les différents mouvements qu’a connus l’Algérie, dont la guerre de libération nationale, le défunt n’est pas vraiment connu du public. Seuls les universitaires et intellectuels savent vraiment qui était Dda Salem Ath-Ali.

Les conférenciers, au nombre de cinq, à savoir Hakim Saheb, Abdennour Abdeslam, Idir Aït-Maâmar, Hacène Helloui et Djamel Rassoul, se sont alternés dans la prise de parole, devant une assistance nombreuse et attentionnée, pour cerner un certain nombre de points concernant Dda Salem Ath-Ali. 

Ces conférenciers ont souligné que Dda Salem Ath-Ali, originaire des Ouacifs, était parmi les tout premiers militants de la cause patriotique, avant même la création du PPA et du MTLD.

« Il était en effet, ont-ils souligné, le disciple d’Amar Imache au sein de l’Etoile Nord-Africaine, et ce dès le début des années 1930. C’est donc tout naturellement qu’il a pris le relais du PPA aux côtés de Bennaï Ouali, Amar Aït-Hammouda, M’bark Aït-Menguellet et tant d’autres. Dès 1948, il a eu l’ultime conviction que seule la lutte armée pouvait conduire le peuple algérien vers l’indépendance.

C’est aussi à cette même époque qu’il a réussi à obtenir et à garder pas moins de 45 pistolets mitrailleurs. M’barek Aït-Menguellet en détenait autant. En 1954, il s’est rangé naturellement du côté du FLN.

Quand Dda Salem a su que les autorités coloniales le recherchaient, il a rencontré le colonel Amirouche pour l’autoriser à rejoindre le maquis, et ce en dépit de son âge relativement avancé. Cependant, le colonel Amirouche, connaissant parfaitement le rôle de Dda Salem au sein de l’OCFLN, lui a recommandé d’y rester.

« Tu es plus utile Dda Salem pour la révolution dans tes fonctions actuelles « , lui a répliqué le colonel Amirouche. Donc, il a poursuivi sa mission d’organisateur et de trait d’union entre l’ALN et les populations. Hélas, en 1961, il a été arrêté par les militaires français.

Il ne fut libéré qu’en 1962, soit à la libération du pays. Dda Salem a rejoint le FFS après sa création et a vécu les soucis qu’a connus le parti à cette époque. Malgré son âge relativement avancé, Dda Salem n’a pas renoncé à la lutte et à la poursuite de ce qu’il considérait comme son idéal. Ainsi, il a pris part aux événements du « printemps 1980 « .

Il a même conseillé les étudiants et animateurs de ce mouvement. Dda Salem était attaché à la terre. Il a même été désigné à la tête de l’UNPA dans sa région. Dans sa jeunesse, il a d’abord parcouru toutes les régions d’Algérie, et ce dans le cadre de ses activités lucratives. 

Il est parti plus tard en France où il a étudié l’histoire, encore récente, de la révolution bolchévique. Ce sont des principes de la révolution russe et ceux du syndicalisme français, dont il s’est fortement imprégné, qui ont fait de lui un farouche partisan de l’indépendance du peuple algérien.

Les conférenciers ont déploré le fait qu’en dépit de sa participation active à la guerre de l’indépendance nationale, il n’a malheureusement pas été reconnu comme tel. « Pour ma part, je n’ai pas besoin de l’attestation communale. Mon objectif, à savoir le recouvrement de l’indépendance nationale, je l’ai atteint « , aimait-il à répéter à ceux, nombreux, qui lui suggéraient de se faire délivrer ce document.

L’officier de l’ALN, Ouali Aït-Ahmed, a été saisi, avant-hier à l’issue de cette conférence, par Abdennour Abdeslam quant à une éventuelle possibilité de réparation à l’endroit de Dda Salem, même à titre posthume.

« Lors du congrès de 1996, les autorités ont décidé de suspendre le fameux volet 3 et à présent, je suis persuadé que même les hautes instances de l’ONM ne pourront pas apporter un quelconque correctif « , a répondu Ouali Aït-Ahmed. Notons également que cet officier de l’ALN a apporté un témoignage positif sur Dda Salem.

De leur côté, certains intervenants parmi l’assistance ont suggéré que des contacts soient pris avec les étudiants en histoire pour leur proposer de faire une thèse de doctorat sur la personnalité de Dda Salem Ath-Ali. D’autres encore ont suggéré une multitude de moyens pour faire sortir de l’anonymat cet illustre personnage.

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