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Culture

Mohamed Mahboub Stambouli, l’artiste oublié

Mohamed Mahboub Stambouli, l’artiste oublié

Au lendemain de l’ouverture du dixième Festival national du théâtre comique à Médéa, ce mercredi 30 septembre, une rencontre sera animée à la maison de la culture Hassane-El Hassani sur le parcours de Mohamed Mahboub Stambouli, l’auteur du chant national Min djibalina. D’autant que cette présente édition lui est dédiée.

Considéré comme une anthologie de la culture populaire algérienne, le regretté Mohamed Mahboub Stambouli (1913-2002), est resté sa vie durant « humble et réservé », selon les témoignages de ses proches, n’ayant d’autres obsessions que la créativité et la perfection.

D’après son fils Nadjib, journaliste, c’est un « éternel insatisfait, très critique vis-à-vis de ce qu’il accomplissait, pensant toujours pouvoir faire mieux et plus ».

Affirmant garder l’image d’un « infatigable créateur, en quête permanente de perfection », son fils cadet évoque, avec beaucoup de fierté, les souvenirs de ce père qui, à l’âge de 55 ans, va trouver encore du temps pour se documenter et peaufiner ses connaissances en matière d’art dramatique, transcendant ce sentiment de « suffisance » qui prime chez beaucoup d’hommes de culture, d’artistes et de comédiens qui pensent avoir atteint « les cimes de la gloire », dès la première consécration publique, alors qu’un long chemin les attend encore pour prétende à une quelconque célébrité. Mahboub Stambouli « aimait travailler et jouer à l’ombre », loin des lumières des projecteurs ou des crépitements des appareils photo. 

Il a opté pour le « retrait et l’humilité », toujours d’après son fils Nadjib qui estime qu’il s’agit d’un choix personnel, car tout artiste ou homme de culture aspire à la renommée et la célébrité, cherche une audition auprès du public, mais ce n’était jamais le cas de Mahboub Stambouli.

Durant plus d’un demi siècle, il n’a pas altéré ce « choix », son « anonymat le stimulait dans sa quête perpétuelle de perfectionnement et de créativité », selon Nadjib qui pense que cette retraite était bénéfique plus à la culture algérienne qu’à l’homme qui a mis toute sa vie au service de l’art.

Cet artiste s’est caractérisé aussi par sa réussite à trouver le parfait équilibre entre la religion et l’art, en parvenant dans la réalisation de ses œuvres, à « trouver le juste milieu » entre deux domaines jugés incompatibles, mais que Mahboub Stambouli à su « réduire les oppositions et faire fusionner » grâce à l’éducation religieuse qu’il a acquise auprès de son père, un mufti à Médéa, au début du siècle dernier. L’auteur de Min djibalina, célèbre chant patriotique populaire, a permis l’éclosion de grands comédiens dont il a « reconnu en eux la graine de réussite », tels que les inégalables Hassan-El-Hassani et Rouiched.

Cela lui a permis aussi de se propulser au sommet de la gloire grâce à l’expérience acquise sur les planches du temps où il a dirigé sa troupe théâtrale Redha Bey, pépinière de talents et de comédiens émérites. Cette édition Festival national du théâtre comique se poursuivra jusqu’au dimanche 5 octobre. Huit œuvres théâtrales sont en compétition pour la Grappe d’or. 

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