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Nationale

Mohamed Charfi : «Le ministère de l’Intérieur nous a transféré toutes ses prérogatives»

Mohamed Charfi  : «Le ministère de l’Intérieur nous a transféré toutes ses prérogatives»

Mohamed Charfi, le président de l’Autorité de préparation et de surveillance des élections, a indiqué ce mercredi à la Chaîne III de la radio nationale que le ministère de l’Intérieur a transféré toutes les prérogatives de l’organisation, en passant par la surveillance et le contrôle des élections, à son instance.

Cette autorité prendra en charge la gestion de toutes les étapes du processus électoral, allant de la préparation du scrutin jusqu’à l’annonce des résultats, a-t-il ajouté, faisant savoir que les milliers d’employés des communes, hier sous l’autorité du ministère, seront soumis désormais au pouvoir de l’autorité.

La mission confiée à l’Autorité de préparation et de surveillance des élections est « un grand défi au service du pays », a estimé Mohamed Charfi : « Nous le ressentons comme ça… Comme un grand défi au service du pays », a-t-il déclaré lors de son passage dans l’émission « L’invité de la rédaction ».

Charfi rassure sur l’engagement des membres de la nouvelle commission, née du dernier amendement du code organique des élections, « à empêcher toute interférence » dans l’exercice de leur mission : « Nous avons un programme d’autonomisation du schéma d’information afin que nulle interférence ne puisse être possible », a-t-il affirmé. Il a particulièrement insisté sur la mobilisation du citoyen, qui a « un rôle à jouer pour assurer la sincérité du scrutin ». Mardi dernier, les membres de l’Autorité nationale indépendante des élections ont prêté serment, à la Cour d’Alger, pour entamer officiellement leur travail dans le cadre des missions qui leur ont été confiées.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la prestation de serment, Mohamed Charfi a affirmé que l’activité de cette instance « obéit à des délais légaux et non politiques », soulignant que le calendrier d’activités « sera respecté », conformément aux délais et phases tracés par la loi. Les membres de l’Autorité sont tenus de respecter ces délais », a-t-il ajouté. L’ancien ministre de la Justice a révélé que des représentants de cette autorité seront bientôt installés au niveau des wilayas et des communes.

Parallèlement, l’Autorité nationale indépendante a lancé l’opération de remise des formulaires de collecte des signatures pour les candidats à la candidature de la présidentielle du 12 décembre prochain. Pour rappel, l’amendement de la loi organique portant sur le régime électoral impose 50 000 signatures individuelles, au moins, d’électeurs inscrits sur une liste électorale et qui doivent être recueillies à travers au moins vingt-cinq wilayas, alors que le nombre minimal des signatures exigées pour chacune des wilayas, ne saurait être inférieur à 1 200. Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, Mohamed Charfi a salué l’engagement de l’Armée nationale populaire (ANP) de ne plus « s’immiscer » dans la « fabrication » de présidents : « Cet engagement de l’Armée de ne plus s’impliquer dans la confection des présidents est une rupture avec toute

interférence, qui garantira un scrutin transparent et crédible » a-t-il ajouté. Il affirme avoir pris « l’engagement de ma vie » pour accomplir sa mission d’organiser l’élection du 12 décembre dans les meilleures conditions de crédibilité et de transparence, tout en la comparant au « déclenchement de la guerre de libération nationale du premier novembre 1954 ». Interrogé sur son passé de ministre de la Justice sous le président déchu Bouteflika, Charfi a soutenu qu’il a été à l’origine de l’éclatement des affaires Khalifa, Sonatrach et BRC : « J’ai décidé de ne plus accepter des fonctions officielles avec Bouteflika alors que la Issaba (la bande) était puissante. J’ai été trop loin dans la lutte contre la corruption » jusqu’à devenir « son porte-drapeau ». Sur l’exigence du départ de toutes les figures du régime avant l’organisation de toute élection, il a soutenu que le système « ne contient pas seulement ceux qui ont servi sous Bouteflika, mais qu’il faut remonter encore plus loin dans le passé » tout en soulignant que « ce ne sont pas tous les commis de l’Etat qui sont véreux ».

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