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Nationale

Mohamed Aïssa à Tizi Ouzou : «Il faut donner la vraie image de l’islam»

Mohamed Aïssa à Tizi Ouzou : «Il faut donner la vraie image de l’islam»

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, en visite de travail et d’inspection, jeudi dernier à Tizi Ouzou, a saisi cette opportunité pour rappeler, devant la communauté religieuse et universitaire, la véritable dimension de l’islam qui est porteur de grandes valeurs humaines et universelles.

Dans un point de presse animé à la zaouïa Sidi-Ali Ouyahia dans la commune de Bounouh, Mohamed Aïssa, sans se dérober aux questions des journalistes, a apporté un éclairage sur les volets qui lui ont été exposés.

A la question de savoir pourquoi nos imams n’ont jamais dénoncé la corruption et les détournements de deniers publics, deux crimes dont souffre atrocement notre pays, le ministre a répondu que « bien au contraire, à maintes reprises, nos imams, qui jouissent du droit de choisir librement le thème de leur prêche, l’ont fait, et ce à titre individuel bien sûr « .

« Je tiens à préciser cependant, poursuit Mohamed Aïssa, qu’en ma qualité de ministre, je reçois souvent des rapports dénonçant ces imams qui ont osé dénoncer la corruption et les opérations de détournement de deniers publics ».

S’agissant des églises activant sans agrément, le ministre a assuré que dans un futur proche, « une opération sera lancée pour répertorier toutes les églises en activité, et du coup, veiller à ce que chacune active dans la légalité, c’est-à-dire que ses responsables et animateurs doivent obtenir un agrément auprès des autorités concernées ».

Le ministre a indiqué qu’aucune église activant dans la clandestinité ne sera tolérée. Toujours concernant le chapitre portant sur la chrétienté, Mohamed Aïssa a tenu à rappeler, pour éviter tout amalgame, que la Constitution algérienne garantit à chaque citoyen la liberté de culte.

S’agissant de l’existence de sectes un peu partout en Algérie, dont Tizi Ouzou, le ministre y a apporté un démenti catégorique. « S’il est vrai que des sectes sont signalées aux frontières, explique-t-il, en revanche, elles sont totalement inexistantes à l’intérieur du pays ».

Le rôle des zaouïa dans la société algérienne

A noter qu’avant de visiter la zaouïa de Sid-Ali Ouyahia, le ministre et l’immense cortège l’accompagnant, où figurait Mohamed Bouderbali en sa qualité de premier commis de l’Etat de la wilaya de Tizi Ouzou, et le président de l’APW, Mohamed Klalèche, se sont d’abord rendus à la zaouïa Sidi M’hand Ben Abderrahmane Mohamed Aïssa y a donné le coup d’envoi du colloque national autour du thème : « Le rôle des zaouïa dans la société algérienne « .

A ce rendez-vous scientifique, qui a regroupé des scientifiques, des chercheurs, des universitaires et des savants musulmans venus des 48 wilayas du pays, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs a fait un long discours à travers lequel il a mis en évidence la vie, l’œuvre scientifique et islamique du fondateur de la tariqa Errahmania, Cheikh Sidi M’hamed Ben Abderrrahmane El-Azhari El-Ismaeli El-Ghouchtouti ainsi que son apport dans l’épanouissement de l’islam au cours du XVIIIe siècle.

Le ministre se montrera très académicien dans son intervention. En effet, il apporté à l’assistance beaucoup d’éclairages, non seulement sur l’importance de la tariqa Errahmania, mais aussi sur le contexte de l’époque où naquit et vécut Cheikh Sidi M’hand Abderrahmane (1714 – 1794).

Selon le ministre, c’était encore à l’époque des guerres de croisade, c’est-à-dire le long conflit ayant opposé les mondes chrétien et musulman, que le fondateur de la tariqa Errahmania vint au monde. L’opposition entre ces deux mondes se traduisait aussi par les idées.

C’est justement sur ce terrain de la science et de l’intellectualité que Cheikh Sidi-M’hamed Abderrahmane évoluera et marquera des points. Etant un savant émérite, ses responsables l’enverront en Asie, plus exactement au Pakistan et en Inde, où il enseignera la science islamique.

Plus tard, il sera rappelé par ses responsables pour lui confier une mission au Darfour (Soudan). Sa grande science séduira la famille royale, laquelle lui fera appel pour bénéficier de son enseignement. Il restera au palais royal pas moins de sept années.

La science et le charme physique du savant kabyle ne laisseront pas indifférente la fille unique du roi. Le reste de la famille royale ne l’était pas moins non plus. Voilà donc Cheikh Sidi M’hamed Abderrahmane marié à la fille du roi de Darfour (Soudan).
Une fois le mariage contracté, le jeune et séduisant savant rentrera dans son village natal (Baâli, aârch N’ath Smaïl) avec son épouse.

Dans ce village se trouvant presque collé au pied de la montagne du Djurdjura, le jeune savant, et désormais père de famille, poursuivra ses travaux de recherche et fera une longue réflexion sur l’islam. Sa vie ne sera pas de tout repos.

Bien au contraire. Cheikh Sidi M’hamed Abderrahmane créera le concept de la zaouïa et aura beaucoup de disciples. Pendant ce temps, Oran était toujours sous occupation espagnole et la chrétienté était imposée au lieu et place de l’islam.

Comme l’esprit patriotique national faisait partie aussi de la mission de la zaouia, les remparts de la ville d’Oran seront détruits par les talebs des zaouïa guidés par leur enseignant au cours de cette année 1798, soit 4 années après la mort de celui qui a créé la zaouïa et inculqué le principe du djihad contre le spoliateur et le violeur de la terre d’islam (Algérie).

Mohamed Aïssa parlera aussi du rôle des zaouïa dans le mouvement national et le déclenchement de la guerre d’indépendance nationale.

De même concernant le maintien des Algériens dans leur véritable identité durant la longue période coloniale. Selon le ministre et bien d’autres intervenants, l’ordre colonial a tout fait pour confisquer aux Algériens leur identité véritable jugeant que c’est le meilleur moyen de demeurer définitivement en Algérie.

Mais vu le barrage dressé constamment par les zaouïa contre cette initiative, cela n’a pu être possible. Notons enfin, que la zaouïa Sidi M’hand Abderrahmane souffre atrocement du manque de moyens matériels et humains.

Ses responsables veulent lui assurer une extension. Le montant du projet s’élève 40 790 000 DA. L’association baptisée au nom du fondateur de la tariqa Errahmania et le comité de village Baâli ont sollicité le ministre pour une aide financière afin de réaliser ce projet.

A l’heure actuelle, la zaouïa Sidi M’hand Abderrahmane ne fonctionne qu’avec les dons des citoyens. Les principaux dons proviennent notamment d’un industriel local, Abdelouahab Ziani. La zaouïa en question est composée d’une salle de classe, d’une salle de prière, d’une cantine et d’un dortoir puisqu’elle assure le régime internat pour les talebs venant des 48 wilayas du pays.

L’enseignement est assuré aux 23 élèves fréquentant la zaouïa par le premier responsable de la zaouïa en question, qui exerce aussi les fonctions d’imam, et deux autres enseignants. L’ensemble infrastructurel aurait besoin de grands travaux de rénovation. Une bonne partie de la cour devrait être bitumée.

Les Comités des villages de la commune de Bounouh ont essayé de remettre une plate-forme de revendications à Mohamed Aïssa, sans y parvenir. Dans ce document, dont nous détenons une copie, les signataires ont dressé une liste de 15 points à satisfaire, dont l’aménagement du site abritant la zaouïa.

A la zaouïa Sid-Ali Ouyahia, sise au village Ath-Koufi, commune de Bounouh, le ministre a pris connaissance du projet d’une construction de la mosquée, inscrit sous tutelle de la zaouïa en question.

De retour à Tizi Ouzou-ville, le ministre prendra la direction du siège de l’antenne de la bibliothèque nationale qui a abrité une conférence nationale autour du thème « Le Centre culturel islamique et branches…réalités et visions ».

Mohamed Aïssa, avec un discours savant, indiquera que les centres culturels islamiques doivent s’impliquer dans toutes les actions et discours consacrés au bien-être de la société algérienne. Le ministre a également suggéré que la famille du Centre culturel islamique participe à l’éducation et à l’épanouissement des enfants, notamment les scolarisés.

La production intellectuelle de ces centres culturels islamiques doit enfin porter sur la véritable image de l’islam et des musulmans pour casser le faux cliché que certains cercles occidentaux veulent montrer au monde et surtout prouver que ces individus commettant des crimes au nom de l’islam n’ont absolument rien à voir ni avec l’islam ni avec la société musulmane.

Une fois sa mission terminée à l’antenne de la bibliothèque, le ministre prendra la direction du nouveau lycée où il a procèdera l’inauguration de la mosquée Les Califes rachidiens.

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