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Monde

Miracle russe en Syrie

Miracle russe en Syrie

Il n’est pas sûr que le scandale du Panama Papers puisse ternir la gloire que le président russe Vladimir Poutine mérite par ses victoires contre DAECH en Syrie

La semaine écoulée a été marquée en Syrie par la reprise par l’armée de Bachar El Assad, de Palmyre la cité antique qui était tombée entre les mains destructrices de l’organisation de l’Etat islamique en mai 2015. Cette bataille remportée sur le terrain de la guerre civile qui dure depuis quatre années réjouit l’ensemble de la communauté internationale affolée par la puissance de DAECH tout en intriguant des observateurs avertis d’un autre camp qui perçoivent à travers ce retournement de situation le retour sur le théâtre militaire mondial de la super puissance russe…

Scepticisme médiatique

Les nouvelles du front ont d’abord étonné. Les médias les plus sceptiques, probablement conseillés par des experts militaires de mauvaise foi, ont laissé entendre que l’avancée des troupes d’El Assad dans la ville conquise par DAECH depuis des semaines allait buter sur la férocité des soldats de l’Etat islamique. Mines jonchant le périmètre de la ville antique, puissance de feu des « jihadistes » et autres spéculations ont voulu faire croire au commencement d’une guerre dans la guerre qui pourrait durer plusieurs mois. Or, cela fait maintenant quatre terribles années que les troupes loyalistes du président syrien sont sous-estimées par la presse occidentale dominante. Des rumeurs et fausses expertises qui n’ont manifestement pas affecté le morale des soldats fidèles à Damas. Puis, par-delà le scepticisme entretenu, le sérieux de l’analyse impose une lecture de la stratégie de l’armée régulière : « L’objectif est de prendre la route entre Tadmur (Palmyre) et Daïr az Zour » rapporte un journal français qui préfère rappeler les forfaits de l’organisation terroriste contre les vestiges archéologiques de Palmyre faute d’informations précises sur les affrontements en cours. La plupart des articles des grands organes de presse tissent leur compte rendu selon cette trame. « Bataille stratégique pour la suite des combats contre DAECH, route vers Raqqa le fief des terroristes ». Décryptage immédiat d’un événement militaire qui n’omet pas de relever l’intervention des avions russes en guise d’appui aux troupes pour une explication du succès jusque-là improbable de l’armée syrienne contre la machine de guerre monstrueuse de l’Etat islamique.

Cadeau pour El Assad

Voilà donc ce qui semble gêner. Quelques jours après l’annonce du retrait russe de Syrie qui n’a pas fini d’interloquer les états-majors de moult puissances s’intéressant de près au conflit chez El Assad, l’armée régulière bénéficie d’une couverture aérienne russe efficace pour écraser le monstre introduit sur son territoire. Tandis que les fossoyeurs du régime de Damas voulaient capitaliser une éventuelle mission inachevée des forces russes en Syrie, pour obtenir le départ de Bachar El Assad comme condition sine qua non durant les négociations autorisées par un cessez-le feu inattendu, Vladimir Poutine frappe encore en permettant une victoire hautement symbolique au bénéfice du raïs de Damas. Coup de maître politique grâce à une performance irréfutable des chasseurs-bombardiers qui ont réussi en quelques jours ce que la coalition occidentale n’a pas pu réaliser au cours de longs mois de largages de bombes sur le sol syrien. Coordination et renseignements ont fait la différence en réaffirmant la puissance de la Russie qui écrit en Syrie sa ferme intention de ne plus laisser la gestion des conflits de la planète à la merci d’une alliance unipolaire.

De Stalingrad à Palmyre

La bataille de Palmyre aura donc sonné le glas des miliciens de DAECH et leurs sponsors cachés, en démontrant que l’armée syrienne demeure debout malgré quarante mois d’opérations face à une terrible guérilla, longtemps soutenue par des puissances étrangères. Cas d’école qui sera certainement enseigné dans les académies militaires les plus prestigieuses, la résistance des soldats d’El Assad a compté et motivé, selon des sources bien au fait du conflit, dans l’engagement des Russes en Syrie : Maintien parfait de la chaîne de commandement pendant les moments les plus critiques, respect des règles les plus complexes durant les combats, relativement peu de bavures ou d’exactions contre l’ennemi dissimulé parmi les populations civiles, sens du sacrifice voire héroïsme constaté par des vidéos secrètes réalisées sur de simples téléphones portables, dextérité incroyable dans la manipulation du matériel, russe notamment, moral d’acier en dépit du gaz moutarde et coups tordus assénés par l’EI…la légende de l’armée syrienne d’El Assad est née dans les notes de renseignements des agents de Poutine. Littérature épique digne des plus belles pages de la bataille de Stalingrad, heures de souffrance et de gloire de l’armée rouge. « Moscou a prêté main forte à une armée arabe exemplaire qui a frappé très fort l’Etat hébreu en lui infligeant de lourdes pertes lors de la guerre israélo-arabe dite du Kippour » ajoute notre source.

Dernier baroud

Aujourd’hui que les soldats d’El Assad entreprennent la reconquête d’Alep, sur fond de cessez-le feu avec les parties en conflits non affiliées au terrorisme international, des voix s’élèvent contre « la violation du cessez-le feu ». Bavardages. L’Etat syrien restaure son autorité contre l’Etat islamique et tout autre mouvement armé. Un avion SU 22 de l’armée syrienne est abattu par les « rebelles », probablement des mercenaires d’Ahrar Al Sham selon les informations les plus crédibles. On désigne aussi le front El Nosra comme potentiel auteur du tir de DCA qui aurait touché l’avion de chasse. Qu’importe ! L’offensive-surprise des troupes régulières dans la région d’Alep promet les mêmes développements qu’à Palmyre avec une victoire à la clef pour El Assad. Retour de manivelle pour les pays qui soutiennent la noria de factions mercenaires chargées de renverser le pouvoir de Damas. La Turquie, dans le collimateur des Russes, devra se résigner à surveiller sa frontière subversive. En attendant que les pourparlers de Genève apportent la solution politique manquante à cette fin de guerre annoncée en Syrie. A la barbe de DAECH et de ses commanditaires rasés de près par…Poutine !
 

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