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Nationale

Ministre de Finances : Baisse progressive des réserves de changes

Ministre de Finances : Baisse progressive des réserves de changes

Le premier argentier du pays prévoit un recul des réserves de change de l’Algérie en 2018, 2019 et 2020. Un recul des plus attendus de la part des experts, mais aussi de la part du gouvernement Ouyahia. 

Ces prévisions ont été révélées hier par Abderhmane Raouya devant les membres de la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors de la présentation du projet de loi de Finances 2018. 

Le ministre des Finances a avancé que le matelas de devises devrait s’établir à 85,2 milliards de dollars à fin 2018, soit l’équivalent de 18,8 mois d’importations. Pour 2019, ces réserves vont encore baisser pour atteindre 79,7 milliards de dollars, alors qu’en 2020, il est prévu une cagnotte de 76,2 milliards de dollars, soit 17,8 mois d’importations.

S’agissant du commerce extérieur, Raouya a indiqué que ce secteur va connaitre encore une tendance baissière dans les importations durant les trois prochaines années, pour atteindre 40,9 milliards de dollars en 2020.

Quant aux exportations des hydrocarbures, elles devraient, par contre, connaitre des augmentations successives pour atteindre un volume presque 40 milliards de dollars en 2020. Autrement dit, c’est durant cette année charnière qu’on verra l’équilibre budgétaire et la fin du déficit.

Il faut rappeler que les réserves de changes de l’Algérie, qui étaient de 144 milliards de dollars en 2015 a lourdement chuté en 2016, poursuivant encore sa fonte annuelle, en raison d’une conjoncture économique délicate et de pressions sociales terribles.

Cependant, ce déficit devrait disparaitre progressivement en passant de 2344 milliards de dinars en 2016, à 1963 MDS en 2018 pour atteindre les 55 MDS en 2019. 

En tablant sur une baisse progressive de ces réserves, tout en jouant sur un déclin du volume des importations et un léger rebond dans les exportations, Raouya remet au goût du jour la théorie du nouveau modèle économique, cher à l’ex Premier ministre Sellal.

Ce dernier avait balancé les mêmes prévisions avec quelques fluctuations, tablant sur un équilibre du marché pétrolier mondial autour d’une fourchette oscillant entre 50 et 60 dollars le baril. Cependant, la sortie du ministre des Finances contredit un rapport de la Banque mondiale, diffusé il y a quelques mois, et qui avait prédit un choc financier et économique en 2018 et 2019, si le pays ne lance pas de vraies réformes.

Or, il semble que les pouvoirs publics ont anticipé cette crispation et ses prévisions pessimistes, en jouant sur la dépréciation de la monnaie nationale, pour couvrir artificiellement le déficit budgétaire, et surtout en recourant à la planche à billet, pour renflouer les caisses du Trésor public et relancer la machine de l’investissement public. 

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