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Nationale

Mines antipersonnel : L’Algérie secoue le débat international à New York

Mines antipersonnel : L’Algérie secoue le débat international à New York
Une vision globale.

À New York, l’Algérie a remis au centre du débat multilatéral l’un des drames les plus lourds de son histoire contemporaine, celui des mines antipersonnel héritées de la période coloniale. Plus de six décennies après l’indépendance, ce passé meurtri continue d’alimenter la diplomatie humanitaire du pays, qui défend à l’ONU une vision globale de la lutte anti-mines fondée sur la justice, la dignité et l’inclusion.

A l’occasion de la célébration de la Journée internationale des personnes handicapées, l’Algérie a coorganisé, avec l’Autriche et la Nouvelle-Zélande, une rencontre de haut niveau ainsi qu’une exposition thématique consacrée aux conséquences humaines, sociales et économiques des mines antipersonnel. Cette initiative a été montée en partenariat avec le service de l’action anti-mines des Nations unies (UNMAS), le Bureau des affaires de désarmement, le Département des opérations de paix et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Dès l’ouverture de la rencontre, la délégation algérienne a rappelé les chiffres glaçants de son propre passé. Selon les données présentées, le colonialisme français a laissé derrière lui plus de 11 millions de mines antipersonnel, disséminées notamment le long des lignes de défense dans les zones frontalières. Ces mines ont constitué, pendant des décennies, un danger mortel pour les civils, les agriculteurs, les bergers et les enfants.

Le représentant permanent adjoint de l’Algérie auprès de l’ONU, l’ambassadeur Toufik Kouadri, est revenu sur les dimensions historiques de cette tragédie nationale, faisant savoir que « la densité des mines atteignait 11 mines par habitant dans les zones frontalières, et une moyenne de 1,2 mine par habitant au niveau national ». Il a affirmé que cette réalité a « fait tomber des milliers de victimes, dans une épreuve qui s’est prolongée bien au-delà de l’indépendance ».

Ce rappel historique a permis d’ancrer les débats dans une expérience concrète, marquée par de profondes cicatrices sociales suite aux amputations, handicaps sévères, traumatismes psychologiques, pertes humaines et entraves au développement de vastes zones rurales.

Pour Alger, la lutte contre les mines ne saurait se limiter à une opération technique consistant à localiser, neutraliser et détruire les engins explosifs. Elle s’inscrit dans une démarche politique, éthique et humanitaire, que le pays n’a cessé de défendre dans les enceintes internationales.

L’Algérie a ainsi souligné que « la lutte contre les mines ne se limite pas à l’aspect technique, mais constitue fondamentalement un acte de justice envers les victimes, un levier de développement et un vecteur de consolidation de l’équité ». Les mines, a rappelé la délégation, « menacent les droits essentiels à la vie, à la liberté de mouvement, à l’éducation et au travail ».

Cette perspective confère à l’action anti-mines une portée plus large. Il s’agit non seulement de sécuriser les territoires, mais aussi de restaurer les droits, de reconstruire les communautés et d’assurer une inclusion pleine et effective des survivants et des personnes handicapées.

 

Des avancées, mais un combat loin d’être achevé

L’événement organisé à l’ONU a aussi donné l’occasion d’aborder les progrès accomplis au niveau international, notamment sous l’impulsion de la Convention d’Ottawa de 1997, qui interdit l’emploi, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel. Plusieurs pays, y compris l’Algérie, ont réalisé des avancées majeures dans la destruction de leurs stocks et dans l’assainissement de leurs territoires.

Toutefois, le combat reste loin d’être gagné. Des dizaines de millions de mines demeurent enfouies à travers le monde, notamment dans les zones de conflits ou dans les régions ayant subi de longues années de guerre. Dans plusieurs pays, la menace continue de peser sur les populations civiles, empêchant la reprise économique, limitant l’accès à la terre et compromettant la sécurité alimentaire.

L’Algérie a rappelé, dans ce contexte, l’importance d’un engagement collectif pour atteindre l’objectif d’un monde sans mines, objectif auquel elle continue d’apporter son expérience, sa voix et son soutien politique.

Parmi les intervenants figurait Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix, qui a mis en avant le rôle des Casques bleus dans la réduction des risques liés aux engins explosifs dans les zones de conflit. Il a souligné « l’urgence de renforcer les capacités des Etats touchés » et la nécessité d’une « plus grande coordination internationale pour protéger les civils et accompagner les survivants ».

L’événement a également accueilli Giles Duley, photographe et ambassadeur mondial de l’ONU pour les personnes handicapées dans les situations de conflit. 



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