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Nationale

Mines antipersonnelles: L’Algérie, le modèle de référence

Mines antipersonnelles: L’Algérie, le modèle de référence
Sites contaminés

À l’occasion de la Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines, Brahim Boughali, président de l’Assemblée populaire nationale (APN), a réaffirmé, ce samedi, le rôle pionnier de l’Algérie dans la lutte contre ce fléau, soulignant une politique constante fondée sur la mémoire, la responsabilité et l’engagement international.

M. Boughali a déclaré que « l’Algérie garde en mémoire un passé douloureux marqué par les mines laissées par le colonialisme », réitérant « l’engagement constant du pays en faveur de leur interdiction et de leur criminalisation » dans une publication sur son compte officiel. Il a mis en avant une expérience nationale qualifiée d’« exemplaire » dans le domaine du déminage, fruit d’un effort soutenu ayant permis de sécuriser de vastes espaces.

Le président de l’APN a précisé que « l’Armée nationale populaire a réussi à neutraliser des millions de mines, à assainir de larges superficies et à transformer ces zones en espaces de vie », inscrivant cette action dans une démarche globale visant à protéger les citoyens et à préserver leur sécurité.

Brahim Boughali a rappelé que la lutte contre les mines s’inscrit dans une approche globale visant à « rendre justice aux victimes, soutenir le développement et promouvoir l’équité », considérant que ces engins constituent une atteinte directe aux droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à la liberté de mouvement, à l’éducation et au travail.

De son côté, Azouz Nasri, président du Conseil de la nation, a écrit sur son compte officiel, à l’occasion de cette journée de sensibilisation, que « nous nous souvenons des souffrances endurées par notre pays et notre peuple à cause des restes de mines antipersonnel coloniales, qui ont coûté la vie à des innocents et laissé de profondes blessures ». Il a également tenu à rendre hommage « au rôle pionnier de l’Armée nationale populaire dans la libération du sol algérien et le rétablissement de sa sécurité, en accomplissement du message des martyrs et dans la construction d’une Algérie victorieuse ».

Pour rappel, l’expérience algérienne en matière de déminage s’inscrit dans le prolongement direct des séquelles héritées de la période coloniale. Les autorités avaient estimé que le colonisateur français avait enfoui plus de 11 millions de mines antipersonnel, notamment le long des frontières est et ouest du pays, dans le cadre de dispositifs militaires destinés à restreindre les mouvements.

Cette situation a durablement marqué les zones frontalières, où les densités de mines atteignaient des niveaux particulièrement élevés, provoquant des milliers de victimes et constituant un frein majeur au développement socio-économique. Selon les données historiques, certaines régions frontalières enregistraient des proportions extrêmement élevées de mines par habitant, traduisant l’ampleur de la contamination. Ainsi, la proportion des mines antipersonnel atteignait à l’époque 11 mines pour un habitant dans les zones frontalières et une moyenne de 1,2 mine pour un habitant au niveau national.

Au lendemain de l’indépendance, entre 1962 et 1965, l’Algérie a engagé ses premières opérations de déminage afin de faire face à cette menace persistante. Ce travail a ensuite été poursuivi de manière méthodique par les unités spécialisées de l’Armée nationale populaire, mobilisées sur plusieurs décennies pour neutraliser les engins explosifs et restituer les terres à leurs usages civils.

Il a fallu attendre l’année 2007 pour que la France remette à l’Algérie la cartographie des zones minées datant de la période coloniale, un élément ayant contribué à finaliser les opérations de localisation et de déminage.

Grâce à ces efforts continus, l’Algérie a annoncé avoir définitivement éliminé les mines antipersonnel de son territoire en 2017, consacrant ainsi l’aboutissement d’un chantier de longue haleine. Cette réussite repose sur une stratégie articulée autour de la protection des populations, de la récupération des terres et de la sécurisation des espaces de vie.

Par ailleurs, à maintes reprises, l’Algérie a, lors de ses interventions sur les grands rendez-vous internationaux sur cette problématique, lancé des appels pour garantir l’inclusion sociale effective des survivants et des personnes en situation de handicap, tout en poursuivant ses efforts en matière de sensibilisation et de coopération internationale.

L’expérience algérienne a d’ailleurs été présentée à plusieurs reprises sur la scène internationale, notamment à Genève, où elle a été exposée comme un modèle reposant sur des moyens exclusivement nationaux, accompagnés de mécanismes de prise en charge des victimes.

Le pays a, par ailleurs, réaffirmé son attachement à la Convention d’Ottawa, relative à l’interdiction des mines antipersonnel, ainsi que son implication dans des initiatives multilatérales, à l’image du séminaire international africain sur la lutte contre les mines, organisé en 2023, ou encore de la résolution adoptée en 2025 par le Conseil des droits de l’homme, consacrée à l’impact de ces armes sur la jouissance des droits humains.



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