Mine de zinc et de plomb d’Amizour : Un gisement à enjeu stratégique
« La rareté des ressources minières, la localisation de l’Algérie : le rôle du réservoir de Tala Hamza-Amizour », est l’intitulé d’un colloque national organisé par le ministère de l’Energie et des Mines ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au campus Aboudaou de l’université de Béjaïa.
Cet événement intervient dans la perspective du début de l’exploitation, par la société mixte algéro-australienne Western Mediterranean Zinc (WMZ) (partenariat entre le Groupe Sonarem et Terramin Australia), de la mine de zinc et de plomb d’Amizour et de Tala Hamza. C’est un gisement qui s’étend sur une superficie de 234 hectares avec des réserves estimées à 34 millions de tonnes, pour une production annuelle de 250 000 tonnes de concentré de zinc et 30 000 tonnes de plomb. Une importante délégation interministérielle a participé à cette rencontre tenue samedi dernier.
Elle est composée du ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, de Faïza Dahleb, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, du ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, du représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, du président directeur général du complexe Sonaram, du président de l’Agence nationale des activités minières, de la présidente de l’agence du service géologique d’Algérie et des cadres du ministère de l’Energie et des Mines.
Le coup d’envoi du colloque a été donné par le wali de Béjaïa, Kamel Eddine Karbouche, qui a indiqué que « cet important et stratégique projet va sans doute induire une dynamique socio-économique et un climat favorable pour le développement de la région, qui pourra devenir une locomotive pour le développement national ».
Il a ensuite relevé « l’attention particulière accordée par les hautes autorités du pays aux projets structurants de la wilaya ». Il a déclaré : « La preuve en est la présence, aujourd’hui, de cette importante délégation à Béjaïa ». Selon lui, « nous sommes tous responsables de la concrétisation des projets lancés au niveau de la wilaya. La wilaya dispose d’une foule de potentialités naturelles et humaines dont un important nombre d’universitaires qui sortent de l’université de Béjaïa ». Le wali n’a pas manqué de relever que « la wilaya est devenue un pôle industriel dans plusieurs domaines dont l’agroalimentaire, la réparation navale, le tourisme et la richesse minière, ce qui lui donne une importance géostratégique ».
Pour sa part, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a relevé « deux importantes instructions données par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune », en l’occurrence « l’exploitation de la mine selon les normes internationales et en adoptant les méthodes de respect et de préservation de l’environnement et de la santé publique, les indemnisations des riverains et des propriétaires terriens des deux communes où le gisement est localisé ainsi que le recrutement des jeunes de la région ». Il a indiqué, par la suite, que « la capacité de la mine, selon les experts, est située entre 51 et 53 millions de tonnes dont 34 millions sont exploitables ».
Le gisement devrait produire, a-t-il fait savoir, « 250 000 tonnes de minéraux par an », évoquant ensuite les retombées socio-économiques de ce projet dont «la réduction des importations, la satisfaction du marché national, l’exportation des excédents, la création d’environ 4 000 emplois indirects et 700 autres directs ainsi que sa contribution dans le développement socio-économique en général dont les secteurs annexes ». La conférence s’est déclinée en deux grands axes. Le premier a traité du « nouvel essor de l’économie et de la géologie minière » et le deuxième a abordé « les technologies minières et la sécurité d’exploitation ».
Un débat a eu lieu entre la délégation interministérielle et les experts, la société civile, les élus locaux et nationaux de la wilaya, la communauté scientifique et professionnelle du secteur minier, issue de diverses disciplines connexes à l’industrie minière. Le débat a abordé l’économie, la géologie, l’exploitation minière, le génie des procédés, la chimie, la physique et surtout l’environnement sur tous les aspects liés à l’exploitation du gisement afin de cerner les concours multiples lié à la maturation du projet.
Ils sont revenus sur les études d’impact sur l’environnement menées pour l’exploitation de ce gisement stratégique, l’étude de faisabilité détaillée comprenant plusieurs volets techniques, en l’occurrence l’exploration, le traitement, la planification minière ainsi que l’étude technico-économique avec la modélisation économique, en plus de l’élaboration d’une étude de marché portant sur la rentabilité de cet investissement.
Par ailleurs, il était question, lors de la rencontre, des « enjeux stratégiques, des défis économiques de l’exploitation de ce gisement, des méthodes d’extraction des minéraux selon les normes internationales de préservation de l’environnement ». Des ateliers ont été animés lors de cette manifestation, qui sortira avec une série de recommandations et de suggestions au profit des exploitants des minéraux de ce gisement, sachant que leur rareté est devenue un enjeu majeur sur le marché mondial.