Migrants Kurdes coincés entre la Biélorussie et la Pologne : Une provocation occidentale – Le Jeune Indépendant
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Monde Europe

Migrants Kurdes coincés entre la Biélorussie et la Pologne : Une provocation occidentale

Migrants Kurdes coincés entre la Biélorussie et la Pologne : Une provocation occidentale
Des milliers de kurdes dans les sentiers à la frontière polonaise

Après avoir vainement tenté de manipuler la situation en Ukraine pour acculer la Russie, voilà que les Occidentaux changent de fusil d’épaule. En effet, aujourd’hui, c’est la Biélorussie, allié stratégique de Moscou aux portes de l’Union européenne qui fait les frais de sa politique pro-russe. La Russie qui déploie une stratégie eurasiatique qui contredit les postulats atlantistes se retrouve ainsi attaquée indirectement via son allié biélorusse dans une affaire qui ressemble à s’y méprendre, à celle de la crise migratoire de 2015 aux portes de la Grèce, des Balkans et de la Hongrie.

Aujourd’hui, ils sont quelques milliers de migrants, originaires principalement du Moyen-Orient (des Kurdes irakiens), qui campent toujours du côté de la Biélorussie, espérant rejoindre l’Union européenne via la Pologne. Tandis que les membres de l’UE accusant Minsk d’avoir orchestré depuis l’Eté la crise.
Le gouvernement biélorusse semblait avoir donné un signal d’apaisement en annonçant qu’il «travaillait à faire rentrer chez eux» les 3 à 4.000 ressortissants du Proche-Orient campant depuis dix jours dans le froid près de la frontière polonaise dans l’espoir de rejoindre l’espace Schengen.

Mais la plupart de ces derniers se sont massés soudainement au poste frontalier fermé de Kuźnica, selon des images publiées par les gardes-frontières polonais. Varsovie affirmait qu’une tentative était en préparation pour forcer la frontière. D’ailleurs, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, avait précisé que les migrants étaient «têtus» (sic) et ne voulaient pas rentrer chez eux.
L’espoir d’un règlement peut se nourrir du fait que, après intervention des diplomates européens, la Turquie et l’Irak ont accepté vendredi 12 novembre de suspendre les départs vers Minsk de tout ressortissant syrien, yéménite, afghan ou irakien. Les Emirats arabes unis leur ont emboîté le pas dimanche 14 novembre.

Des forces de l’ordre prêts à bastonner les refugiés.

Selon la version européenne, Minsk aurait récemment accordé des visas à ces milliers de migrants et affrété des vols depuis l’Irak et la Turquie afin de faire pression sur Bruxelles pour obtenir une levée des sanctions européennes instaurées après la réélection considérée comme frauduleuse, par l’UE, d’Alexandre Loukachenko en août 2020. La Pologne a déployé plus de 10.000 militaires, érigé une clôture de fil de fer barbelé et annoncé lundi soir qu’elle construirait un mur à partir de décembre.

Le rapprochement qui dérange
Reste qu’en toile de fond de cette crise dite humanitaire, le rapprochement russo-biélorusse à la faveur des accords signés le 4 novembre dernier. Ces accords qui excluent la monnaie et le parlement communs renforcent cependant la législation fiscale et douanière entre les deux pays. Un crime de lèse-majesté vu de Bruxelles et Washington. En effet, avec ce rapprochement, Moscou tient davantage en laisse Varsovie et Berlin en termes d’approvisionnement en gaz, une matière première stratégique pour ces deux pays de l’UE, surtout en période hivernale.

D’ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que l’Occident, qui essaie d’imposer sa propre conception de la vie et de la démocratie dans le monde, a provoqué la crise des migrants irréguliers à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Interrogé sur la question des migrants en situation irrégulière bloqués à la frontière biélorusse-polonaise, lors d’une conférence de presse conjointe tenue, mardi dernier, avec le secrétaire aux relations avec les États (ministre des Affaires étrangères) au Vatican, Paul Richard Gallagher, Lavrov a affirmé que la solution à ces problèmes réside dans «le respect des principes internationaux des droits de l’homme, et leurs origines».

Il a souligné que la principale responsabilité de la résolution de la crise des migrants incombe à ceux qui créent les conditions nécessaires à son émergence, notant la nécessité pour l’Union européenne d’éviter les approches bilatérales sur la question des réfugiés.
De son côté et face aux accusations occidentales, le président russe Vladimir Poutine a nié dans une interview télévisée le 13 novembre toute implication dans l’arrivée de milliers de migrants à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Il a également renvoyé la responsabilité sur l’Occident et sur ses stratégies au Moyen-Orient.

Vieux et enfants otages des manœuvres occidentales

«Je veux que tout le monde le sache. Nous n’avons rien à voir là-dedans», a déclaré le président dans une interview télévisée. Balayant les attaques, Vladimir Poutine a renvoyé la responsabilité à l’Occident et à ses stratégies au Moyen-Orient. «Nous ne devons pas oublier d’où viennent ces crises impliquant des migrants… des pays occidentaux eux-mêmes, y compris de pays européens», a martelé Vladimir Poutine.

Pure impérialisme
Pendant l’interview, Vladimir Poutine a affirmé que les dirigeants européens devaient s’adresser directement au président biélorusse Alexandre Loukachenko pour résoudre cette crise. Difficile pour l’Europe, qui y rechigne depuis la contestation ayant suivi sa réélection en 2020. «D’après ce que j’ai compris, Alexandre Loukachenko et la chancelière allemande Angela Merkel sont prêts à se parler», a indiqué Vladimir Poutine.

Lors d’une rencontre à Moscou cette semaine, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue biélorusse avaient déjà affirmé que les flux de migrants étaient provoqués par les interventions militaires occidentales au Moyen-Orient.

La bonne question qui reste à poser est la suivante : pourquoi les Occidentaux en général et les européens en particulier adoptent la politique de deux poids, deux mesures concernant la question des réfugiés ? Trouvant des justificatifs pour leurs propres bévues notamment en Irak, en Syrie et en Afghanistan, et accusant les autres, aujourd’hui les Biélorusses et les Russes, de provoquer des crises humanitaires.
Les cortèges de réfugiés syriens arrivés sur les plages turques en 2015 émaillés des scènes de noyade ont profité aux européens notamment l’Allemagne et le Canada qui ont pris de la main d’œuvre bon marché.
Le bras de fer qui se joue actuellement à la frontière biélorusse avec la Pologne est symptomatique de la politique du fort, celle d’un pur impérialisme.

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