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Nationale

Mezrag persona non grata

Mezrag persona non grata

Les pouvoirs publics ont cette fois interdit à Madani Mezrag, l’ex-chef de l’AIS, de tenir une réunion de son Madjless echoura à Mostaganem. Appelé pompeusement université d’été, un tel rassemblement est la meilleure façon de signifier qu’il s’apprête à faire revivre le chaos de la décennie noire en investissant le seul terrain d’organisation qui lui sied.

En effet, les responsables de l’ex-organisation terroriste Armée islamique du salut (AIS), ont demandé l’autorisation de la wilaya pour le week-end end dernier pour organiser une « université d’été » à Mostaganem. Celles-ci ont refusé de leur délivrer le fameux sésame.

L’ex-chef du bras armé du parti dissous (FIS), Madani Mezrag, voulait réitérer la rencontre organisée fin août de l’année dernière, dans les maquis de la wilaya de Jijel. Cette « université d’été » tenue dans son fief n’avait pas été autorisée mais n’avait pas non plus été interdite, alors que les autorités civiles et militaires étaient au courant de cette initiative.

Depuis la trêve de 1997, Madani Mezrag multiplie interviews et déclarations à la presse. Il a même été invité par le directeur de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, pour donner son avis sur la future Constitution. Madani Mezrag, n’a jamais disparu de l’espace public depuis cette date. Mieux encore, il est souvent reçu dans les salons de la République. Il participe aux débats publics et donne des interviews à la presse.

Parlant du « trésor de guerre » qu’il conserve, (des milliards volés aux simples gens et à l’Etat) Mezrag a avoué qu’il l’utilise pour « entretenir les hommes » de son groupe restés « sans ressources ». L’année dernière il a organisé un rassemblement à Jijel, sa ville natale.

Cela était la meilleure façon de signifier qu’il s’apprêtait à faire revivre le chaos de la décennie noire, en investissant le seul terrain d’organisation qui lui seyait. C’est toute la majorité silencieuse qui doit se porter vers la concorde, comme ce fut le cas en janvier 1992, pour y dire, y clamer, y crier son refus de l’aventure que constituerait une victoire des islamistes.

Non pas parce que les islamistes appartiennent à un autre bord politique, mais en raison de la pression que ferait inévitablement peser sur elle l’existence à nouveau dynamisée d’un front républicain qui, par le chantage, la surenchère et les mouvements sociaux, prendrait l’Algérie en otage. 

Les Abassi Madani, Ali Benhadj, Madani Mezrag , Benaicha et consorts ont fait beaucoup de tort au pays. Car ces personnes, que l’histoire a déjà jugées et condamnées, sont toujours à l’affût de la moindre faiblesse du pouvoir et des démocrates pour aller à l’assaut de la citadelle.

Ce n’est pas faire un procès d’intention à ces gens-là, mais la réalité commande de rester encore vigilants et de ne point s’attarder sur les phrases mielleuses qu’ils pourraient prononcer ça et là.

Car personne ne pourra oublier la montée en puissance des islamistes au début des années 1990 et leur tentative d’instauration d’un Etat islamique par la grève, par les urnes, par l’insurrection et enfin par la terreur.

Et aujourd’hui, le diable, ce sont les vestiges vivants de l’ex-FIS qui tentent de remplacer les vieilles reliques de leur parti, l’un installé à Doha et l’autre jouant les pompiers de circonstance : « L’un de leurs objectifs est d’établir une sorte d’empreinte ou de réseau interne, afin de jouer sur le long terme.

Pour le moment, ils se tiennent probablement à carreau mais à long terme c’est inquiétant… », a affirmé récemment un responsable américain de la Défense qui s’est exprimé sous le sceau de l’anonymat.

Une aubaine pour la mouvance islamiste légale qui a tenté d’exploiter la grogne sociale qui en a découlé. Représentée par le MSP, elle ne possède pour l’instant qu’une très faible marge de manœuvre.

C’est sans doute ce qui a donné plus de hardiesse à la tendance radicale (l’ex-AIS) pour montrer le bout de son nez par le biais de la moralisation de la vie publique (fermeture de bars et de débits de boissons alcoolisées, chasse aux prostituées et aux non-jeûneurs, campagne haineuse contre l’ex-ministre Benyounès et la ministre actuelle de l’Education Mme Benghebrit). Ce sont là certainement les thèmes sur lesquels tenteront de surfer les islamistes pour revenir au premier plan.

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