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Nationale

Mezrag continue de défier le pouvoir

Mezrag continue de défier le pouvoir

La mouvance islamiste ne perd pas espoir de se rassembler en une seule structure en mesure de faire face aux partis proches du pouvoir.

Un camp d’été régional regroupant d’anciens terroristes de l’ex-Armée islamique du salut (AIS) s’est tenu pendant 10 jours à Mostaganem sous la direction de Madani Mezrag, ancien chef national de l’AIS. La rencontre s’est achevée, mardi 11 août.

Malgré l’interdiction formelle signifiée le weekend dernier par les autorités locales de Mostaganem, le sieur Mezrag a tenu à organiser sa rencontre avec les ex-repentis de sa sinistre organisation criminelle, l’ex-AIS. Près de 200 personnes, bravant l’interdiction, se sont rassemblés, au cœur de la forêt autour de Mezrag, défiant ainsi le pouvoir.

Le ministre de l’Intérieur n’a pour l’instant pas réagi à cette désobéissance. Les pouvoirs publics avaient interdit à Madani Mezrag de tenir une réunion de son Madjless echoura à Mostaganem. Les responsables de l’ex- Armée islamique du salut (AIS), ont demandé l’autorisation de la wilaya pour organiser une « université d’été ». Celle-ci refusé de leur délivrer le fameux sésame. 

L’ex-chef du bras armé du parti dissous (FIS), Madani Mezrag, voulait réitérer la rencontre organisée fin août de l’année dernière dans les maquis de la wilaya de Jijel.

Cette « université d’été » tenue dans son fief n’avait pas été autorisée mais n’avait pas non plus été interdite, alors que les autorités civiles et militaires étaient au courant de cette initiative.

Cette désobéissance de l’ex-chef de l’AIS coïncide avec la montée au créneau du leader du parti El Adala, Abdallah Djaballah, qui rêve de réunir et rassembler toute la mouvance islamiste sous un même slogan, celui de la dawlaislamia.

Djaballah a entamé hier un deuxième conclave de trois jours les 19, 20 et 21 de ce mois dans la commune d’Echât, dans la wilaya d’El Tarf. Il a fait savoir, lors d’une conférence de presse au siège de son parti, que lui et ses troupes sont déterminés à constituer un « front de refus » pour peser, espère-t-il, sur la décision politique.

Djaballaha a appelé à une « rencontre nationale de consultation sur l’Algérie d’aujourd’hui et demain ». Selon lui, cette structure devrait concerner « ceux qui sont intéressés par le projet islamiste sans distinction ni favoritisme ».

Pour cela, le chef d’El Adala brandit les slogans chers aux islamistes : « Notre objectif est de travailler pour redorer le blason de l’islam, la gloire de la Oumma, le développement de la patrie et la force de l’Etat » a-t-il asséné.

Présent à cette rencontre Mohamed Boulahia, son ancien allié à Ennahda a annoncé la couleur : « Les initiateurs ne voient pas de solution en dehors de l’islam pour régler les problèmes du pays ». Boulahia a affirmé que cette initiative est ouverte « au courant nationaliste honnête », allusion au FLN et au RND, avec lesquels il faut d’après lui dialoguer. Des propos qui ont déplu à Djaballah lequel s’est empressé de corriger le tir : « Le projet est destiné à ceux qui croient que l’islam est religion et Etat ».

Pour rappel, la première rencontre organisée à Alger a été un échec, puisque Djaballah n’a reçu comme invités que ses proches collaborateurs et certaines personnalités islamistes en rupture de ban avec leurs partis respectifs.

Le MSP de Makri, le Front du Changement de Menasra, le mouvement el Binaa de Rebai n’ont pas jugé utile de se joindre à l’initiative de Djaballah. L’ex président du MSP, Aboudjerra Soltani a, quant à lui, fait un constat d’échec : « Notre génération a échoué à rassembler le courant islamiste et il faut attendre la nouvelle génération » a-t-il dit.
 

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