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Nationale

Meziane : «L’ancien ministre était au courant de tout ce que je faisais !»

Meziane : «L’ancien ministre était au courant de tout ce que je faisais !»

Le 11e jour du procès des prévenus impliqués dans l’affaire Sonatrach 1 a été consacré, hier, à l’audition de l’ex-PDG du géant pétrolier national, Mohamed Meziane.

L’ex-patron de la plus importante compagnie pétrolière nationale, poursuivi conformément aux accusations retenues à son encontre par la chambre d’accusation de la cour d’Alger, a nié lors de son passage à la barre toutes les inculpations rapportées dans le procès-verbal du juge d’instruction de la 8e chambre du pôle judiciaire du tribunal de Sidi M’Hamed.

Il a d’emblée déclaré qu’il a été « victime de trois tentatives d’assassinat qui l’ont ciblé en plein cœur d’Alger et plus précisément à la rue Didouche-Mourad ».

Dans le même contexte, il a déclaré que « la Sonatrach était ciblée, sur le plan sécuritaire, à l’échelle nationale et internationale ! ».
L’ex-premier responsable de la Sonatrach est poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation, entre autres, création d’une association de malfaiteurs, détournement et dilapidation de deniers publics, passation de marchés publics non réglementés, trafic d’influence, blanchiment d’argent et corruption.

D’emblée, le mis en cause, qui a bénéficié au cours de l’instruction judiciaire des dispositions du contrôle judiciaire, a usé devant le président du tribunal criminel d’Alger, Rekkad Mohamed, de la même tactique qu’il a utilisée au lendemain de l’ouverture de l’enquête préliminaire par les investigateurs du DRS.

A chaque question posée par le juge en charge du dossier, l’inculpé non détenu répondait : « Je n’étais au courant de rien ! Je ne savais pas, monsieur le président, que mes fils étaient des associés dans des entreprises ! J’ignorais également que ma défunte épouse avait acheté un appartement en plein cœur de la capitale française, Paris ! Tout se faisait à mon insu ! ».

Mohamed Meziane a tout d’abord affirmé que « toutes les décisions relatives à la passation des marchés publics qu’a conclus la Sonatrach ont été prises par les commissions habilitées et non pas sur mes directives ! ».

Le prévenu a indiqué que « l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a dans une correspondance adressée le 24 janvier 2005 donné de fermes directives pour la protection des différentes infrastructures de la Sonatrach implantées à travers le territoire national ».

Il a tenu à préciser que « les commissions chargées de la concrétisation des projets avaient appliqué à la lettre les orientations de l’ex-patron du secteur qui insistait sur le principe de l’offre ouverte et que le gré à gré n’est qu’une exception ! ».

A la question de savoir lesquels des cadres avaient donné leur accord quant à la passation des marchés publics avec les sociétés étrangères, le concerné a souligné que « parmi les accusés qui avaient donné leur avis figure, notamment, Hassaïne Mustapha ! » Il est vite interrompu par le président Rekkad : « Qui lui donnait les directives alors ? »

Et l’accusé de répondre : « C’est moi qui lui ai donné la dérogation pour signer les contrats ! ». L’ex-patron de la Sonatrach a perdu de son assurance lorsque le président lui a fait savoir qu’« il parait que le ministre vous a appelé pour vous faire des reproches par rapport à la promotion de votre fils à la Sonatrach ! »

Et à l’ex- PDG de répliquer : « J’ignorais que mon fils Bachir Fouzi avait bénéficié d’une promotion au sein de la Sonatrach. J’ai appelé la directrice des ressources humaines et je lui ai demandé de l’enlever immédiatement de son poste. Mais elle a refusé d’appliquer mes directives arguant que mon fils avait des capacités dans ce sens ! ».
Dans le même volet, il a dit : « Deux jours plus tard, mon fils a fait un AVC ! »

Interrogé à propos des déclarations faites par son fils

Mohamed Réda devant le juge d’instruction par rapport à la création d’une société spécialisée dans le transport, le mis en cause a déclaré : « Je ne savais pas que mon fils avait créé cette société ! ». Il a par ailleurs nié avoir été informé que « son fils possédait pas moins de 200 actions au sein de la société Contel Algérie ! ».

A propos de l’appartement acheté par sa défunte épouse à Paris, l’accusé, qui ne pouvait pas se tenir debout, a déclaré : « Lorsque j’ai appris que mon épouse avait acheté un appartement en plein cœur de la capitale française, je me suis mis en colère ! »

Il a par ailleurs affirmé que : « L’ex-ministre nous a donné un délai d’un mois pour la sécurisation de toutes les infrastructures pétrolières se trouvant à l’échelle nationale et ce, dans le seul but, bien sûr, de préserver les richesses de la Sonatrach et, par-delà, préserver les milliers de millions de dollars !  ».

A propos de la réalisation de la base de vie du 24-Février 1971 à Hassi Messaoud pour les cadres de la Sonatrach, notamment pour les étrangers, l’ex-premier responsable a clamé haut et fort à l’attention du président : « Le projet en question devait être réalisé dans les plus brefs délai d’autant plus qu’il est considéré comme étant le miroir de l’Algérie pour les autres pays ! ».

Il a affirmé enfin que El Hamech Mohamed Réda était le conseiller du ministre et donnait des directives que personne ne pouvait refuser. Il a estimé en outre que « trois des anciens cadres de la Sonatrach impliqués, à savoir son adjoint Boumediene BeLkacem, Hassaïne Mustapha et Cheikh Mustapha, étaient parmi les décideurs ! » .

Il convient de signaler que l’ex-patron de la Sonatrach est le dernier mis en cause interrogé hier par le tribunal criminel d’Alger. Ce dernier entamera probablement aujourd’hui les auditions des sociétés étrangères impliquées dans ce scandale, telles que la société Saipem, Contel Fun Werc et la société allemande Fun Werc Bilitac.

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