Meurtres en série de femmes à Johannesburg : La psychose s’empare des habitants
Dans la région de Kempton Park, à l’est de Johannesburg, l’angoisse grandit après l’assassinat en deux mois de neuf jeunes femmes aux profils similaires. Alors que la police nationale multiplie les barrages routiers et déploie de grands moyens pour identifier le ou les coupables, ce drame met une nouvelle fois en lumière la terrible vulnérabilité des femmes face à la violence endémique qui ravage l’Afrique du Sud.
La découverte macabre ce jeudi d’un nouveau corps de femme en Afrique du Sud plonge la région de Johannesburg dans une profonde psychose collective. C’est dans le quartier de Kempton Park, situé dans la municipalité d’Ekrhuleni à l’est de la mégapole, que les forces de l’ordre ont fait cette effroyable trouvaille, marquant la neuvième victime recensée en l’espace de seulement deux mois.
Face à cette terrifiante série de meurtres, la police nationale a immédiatement pris la mesure de la crise en érigeant des barrages routiers stricts et en déployant des effectifs conséquents sur le terrain pour tenter de stopper celui ou ceux qui terrorisent la population locale.
L’affaire a véritablement basculé dans une dimension nationale à la suite de la disparition tragique d’Elizabeth Moselakgomo. Âgée de 38 ans, cette mère de famille avait quitté son domicile le 9 septembre dernier pour aller faire son jogging habituel, laissant sa fillette de huit ans seule à la maison, avant de disparaître à jamais. Son corps sans vie a été retrouvé quelques jours plus tard derrière un hôtel de la région.
C’est l’extraordinaire mobilisation en ligne menée par ses camarades d’un club de coureurs de fond, désireux de remonter sa piste, qui a braqué les projecteurs sur cette disparition et permis de faire le lien avec une série de découvertes macabres jusque-là passées inaperçues ou traitées de manière isolée.
Car si le premier corps avait été découvert dès le 15 juillet dans un parc de Kempton Park, cette femme de 37 ans ayant été retrouvée dénudée et entravée, la récurrence macabre s’est accélérée de manière spectaculaire ces derniers jours. Une deuxième victime de 32 ans a été retrouvée partiellement vêtue fin août, suivie d’une troisième dans un état de décomposition avancée au début du mois de septembre.
Au total, les cinq derniers corps ont été sortis de l’ombre en l’espace de quatre jours seulement, élargissant le périmètre des découvertes jusqu’à trente-cinq kilomètres des premiers sites. Toutes les victimes partagent de glaçantes similitudes, étant des jeunes femmes âgées d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années, découvertes nues ou partiellement dévêtues, et présentant pour plusieurs d’entre elles des contusions comparables.
La hiérarchie policière n’a pas caché son désarroi face à l’ampleur de la tâche, la numéro deux de la police nationale, Tebello Mosikili, déclarant publiquement qu’il était intolérable de continuer à ramasser des corps. Pour accélérer la résolution de cette enquête herculéenne, les autorités ont mis sur la table une récompense financière considérable de quatre cent mille rands, soit environ vingt-et-un mille euros, destinée à quiconque fournira des informations décisives.
Une initiative immédiatement soutenue par le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique, qui a promis une somme équivalente pour faire basculer l’enquête. Les enquêteurs doivent désormais déterminer formellement si ce neuvième meurtre est l’œuvre du même tueur en série ou d’un groupe d’individus coordonnés, tout en mesurant l’immense défi que représente la lutte contre une criminalité endémique où l’Afrique du Sud enregistre quotidiennement des dizaines d’homicides.