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Nationale

Messahel veut ressusciter le Cemoc

Messahel veut ressusciter le Cemoc

La tournée dans la région du Sahel du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a pour objectif de revitaliser cette coordination pour ensuite constituer une force composée de 70 000 hommes pour réduire l’influence des groupes terroristes.

Le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), issu de la fameuse Coordination de Tamanrasset lancée en automne 2009 par le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger le Tchad et l’Algérie, reprend l’initiative et s’apprête à relancer ses activités après une « hibernation » qui a duré deux ans. Le rôle néfaste joué par la France a été à l’origine de cette disparition momentanée de la structure.

L’ancien pays colonisateur, qui voulait placer son pion au Maroc, a tout fait pour phagocyter cette structure en promettant monts et merveilles. Or deux ans après, les membres du G5 (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) constatent que les promesses de l’ancienne puissance occupante ne sont en réalité que de la poudre aux yeux.

Son projet de création d’une force de 5 000 soldats issus des pays du G5 (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) est le premier échec d’une longue série. Le financement de cette force d’interposition peine à se concrétiser. Mieux encore, les USA refusent de participer à ce projet. Même l’UE se fait tirer les oreilles sans résultat. La réalisation de cet objectif se heurte à des difficultés financières.

Les 420 millionsd’ euros nécessaires à son fonctionnement tardent à parvenir dans les caisses au moment où les groupes terroristes sont passés à l’action. Néanmoins, l’opérationnalisation de la force se heurte à des problèmes financiers : les contributeurs ne se bousculant pas pour aider les Etats du Sahel. Du coup, la France se retrouve toute seule sans appui diplomatique, et complètement isolée.

Les membres du G5 qui ont compris que la France ne pourrait à elle seule matérialiser le projet se tournent désormais vers l’Algérie, au grand dam des Marocains qui voient là une occasion ratée de court-circuiter l’Algérie.

Premier acte du retour de la CEMOC : Le Comité d’état-major opérationnel Conjoint (CEMOC), a organisé une nouvelle réunion le mois dernier à Nouakchott. De hauts cadres des armées de l’Algérie, de la Mauritanie, du Mali et du Niger y étaient présents. La réunion s’est conclue par une audience accordée par le président du Mali Mohamed Ould Abdelaziz à ses « frères d’armes » venus des quatre pays.

Le timing choisi (la tenue de la session de Nouakchott), seulement quelques heures avant une réunion cruciale du Conseil de sécurité consacrée à l’examen de la situation au Sahel, notamment après les attaques au Mali contre les forces des Nations unies et au Burkina Faso, renseigne sur l’urgence de relancer le CEMOC.

Deuxième acte : la tournée dans la région du ministre algérien des Affaires étrangères Abdelkader Messahel obéit à cette logique. C’est justement pour revitaliser cette coordination que le ministre est venu au Tchad, en Mauritanie avant, au Niger et au Mali ensuite.

Le ministre des Affaires étrangères a atterri avant à l’aéroport de N’Djamena au Tchad. Sur son agenda figure une entrevue avec le président Idriss Déby. Messahel est attendu également à Niamey et à Bamako. La Mauritanie, le Tchad, le Niger et le Mali composaient, au côté de l’Algérie, le tour de table de la Coordination de Tamanrasset, lancée en automne 2009 pour lutter contre le terrorisme au Sahel, sans le soutien international.

« Au niveau régional, les entretiens nous ont permis de passer en revue la situation dans la zone, surtout au plan de la lutte contre le terrorisme, la drogue, le crime organisé et la migration clandestine. Il s’agit-là de questions qui nécessitent davantage de coordination entre les pays de la zone », a-t-il indiqué dans des déclarations à l’agence de presse mauritanienne.

Le CEMOC, qui a vu le jour le 21 avril 2010 est basé justement à Tamanrasset. L’objectif de constituer une force composée de 70 000 hommespour réduire l’influence des groupes terroristes, très actifs au Sahel, est au centre des débats entre l’envoyé spécial du président Bouteflika et les présidents des cinq pays membres.

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