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Nationale

Merkel veut expulser plus de 3 600 Algériens

Merkel veut expulser plus de 3 600 Algériens

La chancelière allemande Angela Merkel veut expulser 3 684 Algériens visés par les mesures de reconduite à la frontière en comptant sur l’appui des autorités algériennes. Il s’agit d’un des lourds dossiers qui devrait être posé sur la table des discussions avec les responsables.

Sur ce chapitre, seulement 309 Algériens ont été reconduits vers l’Algérie au 1er semestre 2018 et 504 l’année dernière. Les autorités algériennes avaient soulevé le problème de l’identification des personnes en situation visée par cette mesure d’expulsion. Nombreux sont les Algériens qui ne possèdent pas de documents attestant de leur nationalité. Les autorités allemandes doivent aussi se pencher sur les dizaines de dossiers de demandeurs d’asile répartis dans plusieurs provinces allemandes.

Depuis plus d’un an, l’Allemagne tente sans succès de régler ce casse-tête : comment expulser les demandeurs d’asile algériens lorsque leur pays d’origine refuse de les reprendre, et comment en dissuader de nouveaux de venir. Le taux de demandes d’asile approuvées était de 2,7% pour les Algériens. Quelque trois mille (3 416) ont déposé des demandes d’asile. Cinquante-six personnes ont été renvoyées en Algérie.

L’Allemagne veut accélérer l’expulsion de tous les « demandeurs d’asile » algériens en les incluant dans la case de ressortissants issus de « pays sûrs », selon un projet de loi que le gouvernement allemand a adopté récemment, ce qui permettrait à Berlin d’expulser plus facilement les demandeurs d’asile en provenance des États concernés. La loi permettra aux services d’immigration allemands de rejeter automatiquement les demandes d’asile sans aucune justification. Berlin a justifié cette décision en affirmant avoir rejeté presque toutes les demandes d’asile émanant de ces pays et en rappelant, à ce sujet, que 99% des demandes formulées par des Algériens avaient déjà été rejetées. Pour entrer en vigueur, la nouvelle loi doit encore être approuvée par les deux chambres du Parlement allemand, alors que la question suscite la controverse et de violentes critiques des associations des droits de l’homme.

Selon les données recueillies par l’organisation des droits de l’homme, plus de 18 000 Algériens sont détenus en Europe dont 2300 en Allemagne. Les Algériens détenus sont accusés, pour 74% d’entre eux, de présence illégale sur le territoire, 17% d’infractions de droit commun, 5 % d’infractions liées aux produits stupéfiants et 4% d’appartenance présumée à un groupe terroriste. La LADDH fait remarquer que ces détenus « sont parfois victimes de soupçons infondés et demande le droit de visite consulaire et l’obtention rapide des détails du déroulement des procédures judiciaires ». Berlin a en effet fait la pression sur l’Algérie au début de 2016. Lorsque l’Allemagne veut renvoyer un demandeur d’asile débouté en Algérie, malgré l’existence d’accords de réadmission, le pays réclame que l’intéressé soit en possession d’un document d’identité national valide, faute de quoi, l’Etat concerné refuse de reprendre son ressortissant. En l’absence de papiers justifiant sa nationalité, il n’est pas en effet autorisé à entrer sur le territoire algérien. Mais comme la plupart des

citoyens algériens passés par la Turquie en se faisant passer pour des réfugiés syriens, ils ont déchiré ou brûlé leurs passeports pour échapper, au moins temporairement, à l’expulsion. Du côté allemand s’engage alors une procédure administrative lourde. Berlin demande officiellement au pays concerné d’établir un document de voyage provisoire pour la personne devant être expulsée et fournir pour cela les éléments permettant de prouver son identité (les empreintes digitales par exemple).

Cette classification permettra de faciliter et d’accélérer le rejet des demandes d’asile et d’imposer un lieu de résidence aux intéressés afin qu’ils puissent, le cas échéant, être expulsés sans délais. Si la loi a été votée sans problème par la chambre des députés où la chancelière Angela Merkel dispose d’une majorité écrasante, le texte a été bloqué par la chambre haute du Parlement si bien qu’à ce jour, l’Algérie et la Tunisie ne sont pas classées « sûres ». Dans cette assemblée, la coalition au pouvoir n’a pas de majorité suffisante et a besoin du soutien d’une partie de l’opposition. Or, les Verts refusent cette classification en arguant de discriminations visant les homosexuels, les atteintes à la liberté d’expression et les cas de torture dans ces pays du Maghreb.

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