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Mercuriale: Grandes disparités dans la capitale

Mercuriale: Grandes disparités dans la capitale

Le marché des fruits et légumes connaît des disparités flagrantes en matière de prix, d’autant que ces derniers obéissent à la règle de l’offre et la demande, tributaire d’une conjoncture économique très difficile.
Une différence qui se fait sentir notamment en fonction des quartiers de la capitale, où le consommateur, hormis les agglomérations populaires, est sévèrement pénalisé par la cherté excessive des prix des produits de première nécessité.
Selon des données fournies par l’Office national des statistiques, l’inflation enregistre un taux « acceptable » de 3,1% en juin 2019, légèrement en baisse. La même source indique que l’inflation avait atteint en 2018 4,8%.
Une virée effectuée hier dans plusieurs marchés de proximité d’Alger nous a permis de constater de visu le changement de la mercuriale. Les prix des fruits et légumes au marché d’El Biar, sur les hauteurs de la capitale, demeurent exagérément chers. La pomme de terre, le produit le plus consommé par les ménages algériens, se vend à 65 DA/ kilo, la tomate à 70 DA, celle industrielle à 60 DA. L’oignon et le poivron ne dérogent pas à la règle et affichent 40 et 100 dinars le kilo respectivement. Il faut dire que le fardeau pèse lourd quand il s’agit des produits agricoles les plus consommés en cette saison estivale, comme la laitue qui affiche sur les étals de ce marché 200 DA le kilo, la betterave 80 DA, la courgette 120 DA, la carotte à 100 Da. Même son de cloche du côté du marché Ali-Melah du 1e-Mai. Les habitants des alentours se plaignent de l’inaccessibilité des prix qui érodent sans cesse leur pouvoir d’achat.
Approchée devant le présentoir d’un marchand qui vend tout ce qui est haricot (vert, blanc, rouge), Farida, mère de famille, nous a indiqué que les coûts enregistrent une tendance haussière malgré la disponibilité des produits de saison. « À en croire les dires des responsables, on parle de l’abondance de la production, mais je ne vous cache pas, les prix restent très chers. Les petites bourses sont vraiment contraintes de se contenter de quelques kilos d’aliments, de quoi préparer une simple ratatouille », lâche-t-elle les yeux écarquillés. Et de rebondir sur les prix des fruits. « Les fruits sont devenus un luxe, fait-elle observer. Je vous assure qu’une famille de six membres ne peut pas se permettre des fruits à ces prix-là », s’exclame-t-elle. Force est de constater que les ménages qui se rendent à ce marché pour faire leurs emplettes rencontrent des difficultés pour boucler les fins de mois. Soigneusement exposés pour attirer le consommateur, les fruits deviennent juste un décor des présentoirs, car les gens s’en détournent en voyant les prix. La banane, après une baisse atteignant les 150 dinars / kilo, affiche ces jours-ci 200 DA. Les raisins, en particulier la qualité dite « cardinal » introduite en grande quantité dans les marchés, sont à partir de 300 DA, la pêche et la nectarine 180 DA. Quant à la pastèque et le melon, leurs prix respectifs sont à partir de 40 et 80 dinars.
L’expression « koul ya elgalil » est toujours de rigueur dans l’un des plus vieux quartiers d’Alger, Bab El Oued. En effet, le marché couvert de Saïd-Touati connaît une forte affluence, grâce à la profusion de toutes sortes de produits agricoles commercialisés à des prix plus ou moins accessibles. Cet écart très remarquable en termes de prix a fait de ce grand marché le seul refuge de nombre de pères de famille qui habitent à Bab El Oued, et ceux qui se déplacent d’El Biar, de Climat de France, de Bologhine, ou encore de Baïnem et de Bouzaréah afin de faire leurs achats quotidiens. À titre indicatif, la pomme de terre a été vendue hier à 40 DA, le poivron à 65 à 80 DA, l’oignon à 30 DA et le haricot vert de 140 DA. Quant à la courgette et la carotte, la mercuriale affiche successivement 50 et 70 DA.
De l’avis d’Abdenour, un citoyen rencontré dans les couloirs de ce marché, les prix sont à la portée des ménages en comparaison avec d’autres espaces dédiés aux produits agricoles. « Comparativement aux autres marchés, celui de Bab El Oued est parmi les meilleurs et le plus fréquenté. Ici le consommateur trouve une marchandise de bonne qualité à petits prix », témoigne ce père de famille venu de Baïnem.
Les gens ici vaquent à leur rituel quotidien sans trop s’attarder sur les prix, nous affirme un commerçant. Même les fruits, dont le coût ailleurs est très élevé, ici à Saïd-Touati les bourses les « moins nanties » peuvent se procurer quelques kilos d’une variété de fruits, comme la pêche et la nectarine qui sont à 100 dinars/kilo, la pomme locale d’un calibre moyen à 110 DA, les raisins à 150 DA. Quant à la banane, son prix est encore « clément » à Bab el Oued avec 165 DA. En tout cas, si ce marché continue de faire le bonheur des ménages résidant aux alentours de Bab El Oued, de larges pans de la population algéroise font face à des prix exorbitants, mais aussi à la perturbation en matière de disponibilité des produits dans un contexte économique très affecté par la crise politique que traverse le pays. 
Aziza Mehdid

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