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Op-Ed

Menotté

La Justice française a décidé de mettre la main dans les affaires algériennes. Avec un peu de retard sans doute, car l’affaire de Saâdani qui détiendrait des biens énumérés ici et là, a été révélée d’abord par les médias. Avant par un sympathique candidat à la présidentielle issu de l’immigration, Rachid Nekkaz. Faut dire qu’on ne badine pas avec les affaires. On les négocie culturellement, politiquement et économiquement. Tant pis pour les caftages trop précoces de Nekkaz.

Limite apprenti gigolo, le mec au brushing qui a cru tout bonnement que pour être candidat et pouvoir piloter l’Algérie il aurait suffi de se mettre un coup de peigne et crêper le chignon des autres dans la République des « chauves ». Un coup de gueule et un coup de sensation sur Al Magharibiyya auraient-ils suffi au titi parisien, formaté par les d’Estaing, de trouver son destin ? S’il continue comme cela, il pourrait attendre un millénaire, il n’y arrivera pas, Rachid.

Au commencement les intérêts, Rachid ! Al Masalih. Les affaires. Le « tu-me-donnes-je-te-cède ». Et les intérêts aujourd’hui, quels qu’ils soient, s’appellent économie. Le « mon-pote-égal-usine-ton-drabki-égal-la-paix » est essentiel. Est une phase. Et le drabki accélérait bien entendu le rythme en battant en transe la tranche de rêve tant qu’elle était chaude. Tant que la France des Lumières éteignait ses projecteurs à défaut de non-paiement des dettes à l’EDF-GDF.

Ah les crises ! La France allait mal, n’allait pas bien la France, en tout cas. Il fallait avoir du tact, le tact économique, le tact politique qui permet de mettre en avant les trois singes de la sagesse et n’écouter que la voix intime, intérieure, qui réclame le sou, puis le sou, encore le sou. Toujours le sou, oui Monsieur ! La priorité aux marchés algériens, aux plans quinquennaux qui génèrent beaucoup d’argent, faisant baver les continents. 

Il est certainement bien gentil ce Ben Laden de Nekkaz habillé au 10, avenue Montaigne, sur les Champs. Au Prada. Saâdani avec tous les fonds du FNSA, avec 2 800 milliards, n’a pas le goût de la ballade sur les Champs. Même pas une ballade, non d’un ch… ! Toute son élégance s’arrête devant un costard Sonitex cousu de fil rouge et assaisonné aux chaussettes pleines de graisse du resto de la Bastille. Pas au Fruit du jour, non ! Non, non là où il s’est rendu avec un ami gawri casser la croûte à 20 heures chez les sans-culottes. Saâdani, meskine Saâdani.

La Justice française reprend du poil de la bête, sa culture et sa politique. Elle va réfléchir à ce qu’elle va faire de lui avant de nous le renvoyer dans un pack de stratégie d’avenir. C’est cela la notion de la raison de l’Etat. Il aura des intérêts là-bas et elle, la France, ses intérêts chez nous pour un autre siècle. Il sera candidat de quelque chose un jour. Ministre, peut être. Premier ministre qu’il a failli l’être, il le sera. Le menotté de la Justice française Premier ministre algérien.

Il acceptera tout de sa nouvelle patrie, même de lui vendre le Front qu’elle a en horreur, le front qui l’a mise à terre pour libérer le peuple, pour la liberté, l’indépendance, pour combattre le code de l’indigénat… il redeviendra un simple indigène muté, pour la revanche. Il s’en est allé d’ailleurs tout seul avec son costume Sonitex cousu de fil rouge assorti aux socquettes rouges de sa fille…

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