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Nationale

Menaces sur l’accord OPEP – non–OPEP

Menaces sur l’accord OPEP – non–OPEP

La baisse était perceptible hier matin. Pratiquement, tous les marchés à l’ouverture des séances affichaient un recul des cours du brut. Le baril de brent était coté à 55,99 dollars à la bourse de Londres, alors que les analystes notaient une baisse de 1,5% lundi sur le marché pétrolier.

La raison de cette reculade semble être liée aux fortes inquiétudes qui dominent les milieux d’affaires suite à des signes de reprise assez marquée de la production américaine de brut.

Des inquiétudes assez logiques et très attendues depuis que les cours remontaient vers des fourchettes de prix comprises entre 55 et 60 dollars le baril.

Ces appréhensions émanaient des investisseurs qui s’attendaient surtout à la reprise de l’extraction du pétrole de schiste américain, qui semble aujourd’hui devenir plus rentable avec la remontée des cours.

Plusieurs sources financières et bancaires ont signalé l’augmentation des actions de forage et donc de l’activité pétrolière dans plusieurs Etats américains. Or, ce constat pèse sur l’accord signé entre l’OPEP et ses partenaires non affiliés à son cartel.

L’optimisme affiché par le marché dès le début de l’année vient d’être contrebalancé par ces doutes, d’autant que certains courtiers ne cachaient plus des incertitudes sur le respect par les gros producteurs de l’OPEP des quotas et des niveaux de production, pourtant âprement négociés.

L’Arabie saoudite affiche une volonté de fer de respecter l’accord de Vienne sur la réduction de la production, tout comme l’Irak, le Koweït et même des petits pays producteurs. Cette fois-ci, c’est la Russie qui vient d’annoncer le retrait de 100 000 barils/jour durant ce mois de janvier, s’engageant à poursuivre cette baisse pour atteindre le seuil de 200 000 dès le mois de mars prochain, avant d’aller vers l’objectif des 300 000 bpj.

Mais ces annonces ne rassurent plus et mettent en péril l’accord historique de l’OPEP conclu à Alger puis à Vienne, surtout qu’en cette fin d’après-midi, c’est la production iranienne qui fait des siennes.

En effet, on souligne que Téhéran vient d’écouler ses réserves conservées sur des navires. Selon des cabinets conseils internationaux, l’Iran aurait vendu dernièrement plus de 13 millions de barils accumulés depuis trois ans, mettant la pression sur le marché.

C’est ainsi que la surproduction actuelle n’a pas subi des contrecoups immédiats, et il faudra attendre plusieurs semaines pour constater un “effet éponge” et une “fonte” des surstocks de brut. Ainsi, en dépit du plafonnement de sa production, l’Iran veut maintenant écouler ses réserves conservées, d’où les récentes perturbations du marché et des cours. Mais il n’y a pas que l’Iran qui fausse les données.

Des analystes viennent de prévenir de l’insubordination du gouvernement régional kurde, qui refuse d’adhérer aux clauses de l’accord. Rappelons que Baghdad s’est engagée à respecter son quota de baisse de 210 000 barils par jour, mais des discours des responsables kurdes donnent des doutes, surtout que le gouvernement central n’a aucune influence sur les régions du nord du pays.

En plus de ces fausses notes, il faudra mettre en avant les reprises de la production du Nigeria et de la Libye, ce qui risque de perturber le marché mondial et de mettre en danger les équilibres actuels, surtout les cours du brut.

Dans quelques jours, le comité de suivi de l’OPEP se réunira justement pour évaluer les premières semaines de l’accord de Vienne et, notamment, le degré du respect par les membres du cartel et les non-affilés (soit 25 pays producteurs) des quotas.

C’est à ce comité, dont l’Algérie est membre, que sera dévolue la mission délicate de surveiller les clauses de l’accord et, surtout, de montrer du doigt les récalcitrants ou les premiers indisciplinés parmi les producteurs de brut.

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