-- -- -- / -- -- --
Nationale

Menace réelles sur le consommateur algérien

Menace réelles sur le consommateur algérien

Le refoulement par la Russie de cargaisons de pommes de terre algériennes en raison du taux élevé de résidus de pesticides qu’elles contiennent refait surface, mettant ainsi l’utilisation abusive de ses produits chimiques dans l’agriculture en Algérie au cœur du débat.

C’est l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) qui a organisé hier une conférence de presse sur les défis de l’exportation des produits agricoles. Suite à cette affaire, l’ANCA tire la sonnette d’alarme et estime que ce genre de faille porte sensiblement préjudice à la réputation et à la qualité de la production agricole nationale, qui ne répond pas encore aux normes prescrites en la matière.

Par ailleurs, le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL), Ali Bey Nasri, a révélé jeudi dernier dans des déclarations à un confrère, le rejet d’autres produits agricoles algériens par d’autres pays.

« Avec le Qatar, c’était le taux de pesticides dans la tomate qui a été à l’origine de son refoulement. Pour ce qui est de la France, on peut détruire la marchandise pour n’importe quelle raison. Il peut s’agir de la rupture de la chaîne, par exemple de froid », explique le même responsable.

Sur ce point, l’intervenant avance que même s’il y a un bon pesticide qui est utilisé, la non-maîtrise du dosage pourrait conduire à un surdosage.

Pour Ali Bey Nasri, le problème en Algérie réside dans le fait que « nous avons une agriculture sous-qualifiée ». Il s’interroge sur la disponibilité des moyens techniques et du personnel compétent en vue de maîtriser l’utilisation de ces produits.

L’Association pour la protection et l’orientation du consommateur et son environnement (APOCE) a été parmi les premières organisations à alerter l’opinion publique sur les répercussions de l’utilisation excessive des pesticides dans l’agriculture.

Le président de l’APOCE, Mustapha Zebdi rappelle qu’il s’agit d’un « grave problème » de santé publique, ajoutant que les conséquences de l’utilisation excessive de ces produits ne sont pas immédiates. « C’est après quelques années que les problèmes commencent à surgir, comme les maladies cancéreuses, prévient-il.

Selon les spécialistes de la santé, « l’Algérie est l’un des pays au monde qui utilisent le plus de pesticides pour des intérêts d’industrie agroalimentaire ».

Les pesticides sont reconnus comme directement cancérigènes, souligne le professeur Kamel Bouzid. Ils sont à l’origine de formes de cancer hématologique qu’on appelle les lymphomes, notamment chez les agriculteurs qui sont souvent en contact direct avec ces produits. Cependant, les populations qui consomment ces produits traités par les pesticides ne sont pas épargnées, enchaîne-t-il.

A défaut d’un contrôle et d’une politique protégeant le consommateur, ce dernier ne sait plus à quel saint se vouer. Il doit

faire attention, alerte le professeur Bouzid, à tous les produits traités par ces pesticides, dont les additifs alimentaires et les aliments importés d’un peu partout et dont l’origine n’est pas identifiée.

Cet état de fait pourrait prendre une tournure plus grave d’ici à quelques années si l’Etat n’intervient pas pour prendre les mesures nécessaires quant à l’utilisation constante et de façon non maîtrisée des pesticides, constituant ainsi les prémices d’une crise sanitaire qui frapperait toute la population.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email