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Nationale

Mémoire nationale : Une loi pour sanctuariser l’histoire

Mémoire nationale :  Une loi pour sanctuariser l’histoire

Le gouvernement passe à la vitesse supérieure pour protéger le récit national. Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a annoncé, ce lundi, l’élaboration en cours d’un avant-projet de loi sur la mémoire nationale. Ce texte historique ambitionne de fixer un cadre juridique strict pour préserver le patrimoine historique face aux risques d’oubli, de déformation ou de réécriture.

L’annonce a été faite lors de la commémoration du 181e anniversaire de la tragédie des Ouled Riah dans les monts du Dahra, un cadre hautement symbolique pour aborder la transmission intergénérationnelle. Abdelmalek Tacherift a mis en avant les initiatives engagées pour renforcer la place de la mémoire dans les politiques publiques, précisant que la mission confiée à son secteur vise à offrir un cadre national solide destiné à valoriser et transmettre aux générations montantes le patrimoine historique de la nation.

Le ministre a également évoqué les futures Assises nationales de la mémoire, initiées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Les préparatifs s’accélèrent pour définir les programmes et les ateliers de ce grand rendez-vous, conçu comme un espace de concertation collective pour consolider la culture historique et prémunir les citoyens contre les tentatives de falsification ou d’effacement de l’histoire.

Le souvenir vivant des Ouled Riah
S’exprimant au Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la révolution du 1er novembre 1954, le ministre s’est arrêté sur l’une des pages les plus douloureuses de la colonisation française. Le 18 juin 1845, la région du Dahra fut en effet le théâtre d’un crime de masse atroce. Des familles entières de la tribu des Ouled Riah, cherchant refuge dans la grotte de Fréchih pour fuir les campagnes de répression, y furent asphyxiées après que les soldats français eurent obstrué les issues et mis le feu. Pour le ministre, ce massacre collectif fait s’effondrer toutes les prétentions de civilisation brandies à l’époque par les puissances coloniales.

Au-delà du simple devoir de commémoration, Abdelmalek Tacherift a insisté sur le fait que la mémoire historique constitue bien plus qu’un héritage documentaire ou des archives conservées sur des étagères. Elle représente un capital moral vivant à travers lequel se construisent l’identité nationale, le sentiment d’appartenance et la souveraineté.

Cette vision s’inscrit en droite ligne avec l’intérêt particulier accordé par le chef de l’État à la question mémorielle, considérée comme intimement liée à la dignité de la nation face aux défis contemporains. En rendant un vibrant hommage aux victimes des enfumades du Dahra et à l’ensemble des martyrs, le ministre a conclu en rappelant que la tragédie des Ouled Riah restera à jamais le symbole d’un peuple qui a su affronter la barbarie par la résistance et l’attachement viscéral à sa terre.



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