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Nationale

Mémoire et environnement : Focus sur les crimes écologiques du colonialisme  

Mémoire et environnement : Focus sur les crimes écologiques du colonialisme  
La France coloniale a aussi détruit la nature.

Les ministères des Moudjahidine et des Ayants droit ainsi que celui de l’Environnement et de la Qualité de vie ont organisé, ce lundi à Alger, un colloque national intitulé « Les impacts environnementaux du colonialisme en Afrique, réalités historiques et séquelles écologiques – le cas de l’Algérie », où chercheurs et responsables ont levé le voile sur les désastres écologiques du colonialisme, appelant à une reconnaissance pleine et entière de ces ravages, dont les stigmates se perpétuent de génération en génération.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre des Moudjahidine, Abdelmalek Tacherift, a affirmé que l’objectif de ce colloque a pour objectif de mettre en lumière « la période sombre du colonialisme et à rappeler les souffrances subies par le peuple algérien face à une politique coloniale systématiquement destructrice », dont notamment les séquelles environnementales se font encore ressentir aujourd’hui, et appelle à « la reconnaissance, à la réparation et à la justice ». Il a souligné la nécessité de raviver la mémoire nationale et de rappeler, à travers les faits et les recherches, « les atrocités systématiques commises par le colonialisme, dont les séquelles continuent de marquer la société algérienne jusqu’à aujourd’hui ».

Il a précisé que cet événement scientifique et mémoriel a réuni chercheurs, historiens, écologistes et universitaires autour d’un objectif commun, celui d’analyser la dimension environnementale du colonialisme français, souvent négligée dans les études historiques classiques. Le colloque entend démontrer que le colonialisme ne fut pas seulement une entreprise de domination politique, économique et culturelle, mais également un « crime écologique, dont les conséquences sur la nature, la santé humaine et la biodiversité restent visibles et mesurables des décennies plus tard ».

Le ministre a souligné que ces travaux s’inscrivent dans une « démarche de vérité et de reconnaissance », dans l’objectif d’aborder la période coloniale à travers un prisme scientifique élargi. Il a ajouté que « les souffrances du peuple algérien ne se limitent pas aux massacres, aux expropriations ou à la répression ; elles incluent aussi la destruction méthodique des écosystèmes, l’exploitation anarchique des ressources naturelles et la déstructuration des territoires et des modes de vie ». Il a également rappelé que l’exploitation coloniale des sols, des forêts, des mines et des eaux a entraîné des déséquilibres écologiques profonds, dont les répercussions se font encore sentir dans certaines régions du pays. En outre, M. Tacherift a mis l’accent sur le « caractère transgénérationnel des traumatismes coloniaux », affirmant que les blessures infligées par le colonialisme ne sont pas de simples souvenirs du passé, mais des plaies ouvertes dont les effets se transmettent de génération en génération, tant sur le plan psychologique qu’environnemental. « Ces cicatrices ne doivent pas être oubliées. Elles appellent à la reconnaissance, à l’équité et à la justice historique », a-t-il martelé.

Le ministre a ainsi estimé que la tenue de ce colloque constitue une « étape essentielle dans la recherche scientifique contemporaine », contribuant à élargir la compréhension du colonialisme au-delà de sa dimension politique. « Notre devoir est de construire une mémoire juste, fidèle à la vérité historique, et de la transmettre aux générations futures afin qu’elles puissent comprendre l’ampleur des injustices subies et la résilience de leur peuple », a-t-il soutenu.

Tacherift a conclu son allocution en soulignant que cette initiative s’inscrit dans une « stratégie nationale de préservation de la mémoire » et de « réhabilitation du patrimoine historique et naturel du pays ». Il a affirmé que le ministère des Moudjahidine continuera à encourager la recherche scientifique sur les multiples facettes du colonialisme, y compris celles qui touchent à l’environnement, à la santé publique et à l’aménagement du territoire.

 

Une vision patriotique alliant histoire et durabilité

Pour sa part, la ministre de l’Environnement et de la Qualité de vie, Kaouthar Krikou, a salué « l’engagement du peuple algérien et de l’Armée nationale populaire (ANP) pour la stabilité et le développement durable du pays. »

Elle a rendu hommage à la « détermination et au professionnalisme de l’ANP », qui œuvre sans relâche à panser les séquelles du colonialisme. La ministre a rappelé que « l’ANP demeure un pilier essentiel de la stabilité et de la souveraineté nationale », ajoutant que grâce à la cohésion de ses membres et à leur sens élevé du devoir, elle contribue activement à « préserver le pays contre les incessantes attaques extérieures » et à « accompagner les efforts de développement sur l’ensemble du territoire ». Elle a souligné que, fidèle à l’héritage des martyrs et aux valeurs fondatrices de la nation, le peuple algérien poursuit avec conviction la voie du progrès et de la modernisation. Ainsi, les initiatives sociales, économiques et environnementales s’inscrivent dans une « vision d’avenir axée sur la durabilité, la valorisation des ressources naturelles et la préservation du patrimoine national ».

En outre, elle a fait savoir que l’Algérie, consciente des séquelles laissées par la période coloniale, continue de « documenter et analyser les pratiques destructrices » qui ont visé son environnement et ses richesses naturelles. Elle a ajouté que ces travaux scientifiques et ces témoignages historiques mettent en lumière l’ampleur des atteintes commises contre la nature et l’humanité, renforçant ainsi la nécessité d’une plus grande vigilance écologique et patrimoniale.

La ministre a également assuré que son département, en coordination avec l’ensemble des secteurs concernés, s’engage à mettre en œuvre les recommandations issues de ce type de rencontres de haut niveau et à traduire les ambitions de la nation en actions concrètes.

Elle a conclu en déclarant qu’« avec une volonté inébranlable, l’Algérie poursuit sa marche vers un avenir où la paix, la prospérité et la dignité demeurent les fondements de son unité et de sa résilience. »

Il convient de noter que ce colloque marque le début d’une réflexion approfondie sur les crimes écologiques du colonialisme, ouvrant la voie à une approche globale et équilibrée de l’Histoire, qui ne dissocie plus l’homme de son environnement, ni la mémoire de la justice. En s’intéressant à la question écologique, les chercheurs offrent un nouvel éclairage sur les responsabilités des puissances coloniales dans la dégradation durable des territoires africains et dans la perturbation des équilibres environnementaux. Les intervenants ont également relevé l’importance de documenter et d’archiver ces crimes écologiques à travers des études interdisciplinaires, afin d’en mesurer pleinement les conséquences et d’enrichir la mémoire collective.



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