Médicaments génériques : L’étude de bioéquivalence n’est plus exigée
Jusque-là exigée, l’étude de bioéquivalence sur les médicaments génériques, pour s’assurer de l’efficacité des médicaments locaux et leur équivalence aux médicaments référentiels internationaux, est désormais abandonnée.
C’est ce qu’a déclaré ce lundi le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun, depuis Oran, où il a procédé à l’inauguration de l’usine Orian Lab, spécialisée dans la production des médicaments anticancéreux et cytotoxiques. Selon le ministre, cette mesure permettra de débloquer 500 dossiers d’enregistrement gelés. Il a affirmé que cette mesure n’influera, en aucun cas, sur la qualité des médicaments, sachant que ce sont des médicaments génériques qui ont été soumis à toutes les analyses nécessaires.
Le ministre, qui a indiqué que cette décision a été prise après étude, a affirmé que la suppression de cette condition est prise du fait qu’« il n’existe pas d’instances en Algérie chargées de faire l’étude de bioéquivalence ». Chose qui oblige l’investisseur à faire cette étude à l’étranger, selon les précisions du ministre. « On ne peut pas demander à l’investisseur de faire cette étude alors qu’il n’y a aucune institution chargée de le faire dans le pays », a-t-il précisé.
« Cette mesure s’inscrit aussi dans le cadre des instructions du président de la République visant à lever tous les obstacles pour faciliter l’investissement et la promotion de la production pharmaceutique nationale, dans le but de renforcer la souveraineté sanitaire nationale », a expliqué le ministre. L’étude de bioéquivalence n’est pas pour autant abandonnée, d’autant qu’elle sera instituée une fois les besoins nationaux en médicaments satisfaits. « L’objectif est de couvrir une bonne partie du marché par la production locale. Lorsque que cette production sera suffisante, on va créer l’instance qui sera chargée de faire la bioéquivalence », a expliqué M. Aoun, qui est revenu sur la facture d’importation des médicaments anticancéreux.
Le ministre a souligné la nécessité de lever tous les obstacles devant les investisseurs activant dans le domaine de l’importation des médicaments destinés aux cancéreux. « Nous importons plus de 450 millions d’euros annuellement de médicaments anti-cancer. Ce sont des coûts élevés. Il faut lever tous les obstacles devant les investisseurs », a précisé le ministre de l’Industrie pharmaceutique.
Ainsi, l’entrée en production de cette unité de production de médicaments anti-cancer, qui va produire près de 70 médicaments sous toutes formes et doses, garantira la disponibilité de certains de ces médicaments qui sont souvent en rupture, mettant ainsi en suspens la vie des patients. Les professionnels de la santé n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme quant au manque récurrent de ces médicaments vitaux.
Le dernier est celui du Pr Kamel Bouzid, chef du service Oncologie au centre Pierre-et-Marie Curie (CPMC) et président de la Société algérienne d’oncologie médicale. Il a en effet fait part, la semaine dernière, d’une nouvelle pénurie de médicaments destinés au traitement du cancer, notamment le cancer du sein.