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Nationale

Médiation d’Ouléma entre Alger et Rabat: Mission impossible ?

Médiation d’Ouléma entre Alger et Rabat: Mission impossible ?

L’Union internationale des oulémas musulmans (UIOM) va entamer, dans les prochains jours, une mission de médiation et de réconciliation entre l’Algérie et le Maroc. Objectif : Dissiper la crise et chercher à atteindre une situation d’apaisement entre ces pays.

L’annonce a été faite par le secrétaire général de l’union, le kurde Ali Mahieddine Al-Qaradaghi. Selon ce dernier, qui semble être optimiste dans ses bons offices, « l’union accumule des expériences réussies dans les règlements des différends entre les pays notamment entre la Kirghizie et l’Ouzbékistan en 2010, entre la Tchétchénie et le Daghestan ainsi que dans d’autres pays”. Cette mission de médiation sera pilotée par l’ancien président du conseil des affaires de culte en Turquie le Dr. Mahmoud Gurmaz.

Cependant, si cette voie dite de réconciliation est une initiative louable, qui ne peut qu’être applaudie par les différentes opinions arabes et musulmanes, les observateurs les plus avisés demeurent sceptiques. Certains pensent même qu’il s’agit d’une mission impossible et que les ulémas tentent le diable dans cette complexe histoire d’hostilité d’un voisin de plus en plus belliqueux et agressif. Car, ce n’est pas un arrangement simple ou un compromis banal sur une tension verbale ou des phrases déplacées que les ulémas vont tenter de résoudre par des hadiths ou des versets du Livre Saint.

Les milieux diplomatiques savent pertinemment que le fossé est énorme entre l’Algérie et le Maroc. Les dossiers sont lourds et traînent des contentieux vieux de plusieurs décennies et non pas suite à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en août 2021. Cette rupture n’aura été qu’un aboutissement logique d’une longue série de manœuvres dilatoires, d’agressions caractérisées, d’attaques sournoises et de campagnes attentatoires à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité du pays, voire même à son patrimoine culturel et historique.

Il y a quelques mois, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a réagi sèchement aux informations colportées par certains médias, notamment marocains, annonçant une « médiation saoudienne ».

« Il n’y a aucune médiation. Que celui qui a été à l’origine de la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat assume ses responsabilités », a-t-il déclaré. Selon lui, cette question « ne se règle pas par une médiation, quelle que soit la nature des relations qui nous lient avec nos partenaires ».

Plus tranchant encore, Lamamra dira que « la position de l’Algérie est claire. La rupture des relations diplomatiques est intervenue pour des raisons fortes. Elle a été décidée pour faire porter la responsabilité pleine et entière à la partie qui a poussé les relations à ce mauvais niveau ».

Pire encore, le makhzen est allé encore plus loin dans son hostilité envers l’Algérie, en se parant du statut de protectorat à l’entité sioniste, lui offrant ses bases militaires, ses stations d’écoutes électroniques et lui permettant de s’installer avec ses plates-formes de missiles près de la frontière algérienne. En peu de temps, l’animosité séculaire du makhzen contre l’Algérie est allé jusqu’au point de non-retour avec les accords de défense signés avec Israël et les menaces d’un ministre sioniste à l’encontre de l’Algérie.

La position officielle algérienne est on ne peut plus claire à propos de toute initiative de médiation quelle qu’en soit la nature : les raisons qui ont présidé à la décision de rupture des relations avec le Maroc n’ont pas changé et la position de l’Algérie, à cet égard, ne changera pas non plus.

De ce fait, aucune initiative n’est sujette à discussion car il s’agit d’une décision souveraine fondée et justifiée par la responsabilité pleine et entière du Maroc dans la détérioration de nos relations bilatérales, comme l’a rappelé un diplomate algérien.

 

 

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