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Nationale

«Medelci était informé des dérapages à Khalifa Bank !»

«Medelci était informé des dérapages à Khalifa Bank !»

Le 18e jour du procès de Khalifa Bank a été consacré à l’audition du gouverneur de la Banque centrale d‘Algérie, Mohamed Laksaci, qui était vice-gouverneur de la même institution bancaire de temps de Keramane Abdelwahab, qui a été interrogé tout au long de la matinée d’hier par le président du tribunal Antar Menouar. 

Les inspections effectuées par les membres de la commission de la monnaie et du crédit de la Banque Centrale d’Algérie au niveau de Khalifa Bank, qui appartenait à Khalifa Abdelmoumene Rafik, ont constaté des violations de procédures relatives à la gestion des différents départements et services, notamment en ce qui concerne le commerce extérieur.

Les membres de ladite commission ont établi pas moins de 10 rapports entre 1999 et 2003. En 2002, ils ont intensifié les contrôles sur place car ils ont constaté un emballement des transferts à l’extérieur.

Ce qui a poussé la Banque Centrale d’Algérie à suspendre le commerce extérieur en novembre 2002. Parmi les violations relevées par les membres de la commission de la monnaie et du crédit de la plus haute institution financière du pays figurent, entre autres, les pratiques contraires aux services précédemment autorisés par la Banque d’Algérie, non-déclaration des engagements extérieurs et non-déclaration des sorties de devises correspondant à l’entrée de biens en Algérie.

Le gouverneur a affirmé au juge qu’il a envoyé en 2001 un rapport détaillé à l’ancien ministre des Finances Mourad Medelci faisant l’état des lieux en matière de violation de la loi relative aux opérations liées à la monnaie et au crédit. Le président l’interrompt : « Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi l’ex-ministre des Finances n’a pas déposé plainte ? » Laksaci répond que « le rapport en question ne comportait que des procès-verbaux de constatations.

Par la suite, j’ai appris que les inspecteurs chargés d’établir des rapports n’étaient pas assermentés ! » Interrogé à propos des dysfonctionnements relevés lors des inspections, il a souligné que « c’est que Khalifa Abdelmoumene Rafik qui déclarait les dépôts des entreprises publiques comme des placements d’entreprises privées.

Il a estimé par ailleurs que « Khalifa Bank était en situation d’insolvabilité car elle manquait de liquidités ». Dans le même contexte, il a expliqué que « lorsque le risque net est inférieur à 8%, on déclare l’insolvabilité de la banque ».

Le président de l’audience lui demande pourquoi Khalifa Abdelmoumene a sollicité en 2001, le gouverneur de la Banque d’Algérie pour une entrevue ; Laksaci répond que « l’ex-golden boy a été reçu par le vice-président Touati Ali et non pas par moi ! ».

A la question de savoir pourquoi les choses se sont emballées après la décision de geler le commerce extérieur de Khalifa Bank, il a déclaré l’attention du président : « Les retraits opérés par les déposants ont contribué à cette situation ».

L’insolvabilité et les déséquilibres financiers de Khalifa Bank étaient dus en grande partie aux fonds des sociétés apparentées, c’est-à-dire les filiales qui appartenaient à Abdelmoumene Khalifa.

Dans le même volet, le témoin a tenu à préciser que « Khalifa Bank était en cessation de paiement pour la simple raison que cette banque a enregistré une régression en 2003, caractérisée par la non possibilité des dépôts. Ces derniers sont passés de 18,9 milliards de dinars vers la fin février 2003 à 5,3 milliards DA en mars puis près de 500 000 DA entre avril et mai de la même année ».

Il a par ailleurs affirmé que « Khalifa Bank n’a pas bénéficié d’une autorisation au début pour la simple raison que la Banque d’Algérie n’était pas sûre du montant du capital de la banque.
Il convient de signaler que lors de son passage à la barre pour donner sa version des faits, Mohamed Laksaci a maintenu hier, devant le tribunal criminel de Blida, toutes les dépositions faites devant le juge d’instruction du tribunal de Chéraga qui était en charge de l’instruction judiciaire le 25/12/2004.

Il a affirmé qu’il a été nommé à la tête de cette institution financière en 2001 en remplacement de Keramane Abdelwahab.
Mohamed Laksaci a indiqué que « Khalifa Bank a procédé au désistement des actions et aux changements des gestionnaires sans aucune autorisation de la banque d’Algérie, et n’a été soumise à aucune mesure disciplinaire concernant ces infractions ».

Le gouverneur de la Banque d’Algérie a par ailleurs déclaré au juge d’audience qu’il ignore jusqu’à présent si Khalifa Bank a déposé le capital de son entreprise ou pas.

Pour rappel, l’ancien ministre des finances Medelci Mourad avait déclaré, le 26 octobre 2004 au juge d’instruction dans le cadre de l’affaire de Khalifa Bank qu’il n’avait aucune relation avec la gestion et le contrôle des banques.

Il avait tenu à préciser au juge d’instruction du tribunal de Cheraga que « l’application de la loi de 1990 et plus précisément l’ordonnance 22/96 relative au transfert des capitaux a été attribuée au ministre des Finances, seul habilité à déposer plainte concernant les infractions relatives au transfert des capitaux de et vers l’étranger ».

L’ex-ministre a par ailleurs souligné au même juge qu’il n’a « jamais été informé par le gouverneur de la Banque d’Algérie des infractions relevées par les inspecteurs de la commission ».
Mourad Medelci a en outre indiqué au juge d’instruction, au lendemain de l’ouverture de l’instruction judiciaire, qu’aucune relation ne le liait à Khalifa Abdelmoumene et qu’il a reçu une seule fois ce dernier lorsqu’il s’est rapproché de lui et l’a informé de son intention d’ouvrir une banque privée en Allemagne.

A rappeler que le président du tribunal poursuivra aujourd’hui les auditions des témoins ayant occupé des postes clés dans les institutions bancaires, notamment à la Banque centrale d’Algérie

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