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Nationale

Me Belalaâ : «Ighil Meziane, un bouc émissaire»

Me Belalaâ : «Ighil Meziane, un bouc émissaire»

Contrairement aux plaidoiries de mercredi dernier et mise à part celle de Me Chelli Nora Ould Hocine qui a dressé un dur réquisitoire contre ceux qui ont bénéficié des avantages Khlifa A. Rafik en l’occurrence et qui a déclaré à l’audience que pas moins de 17 ministres passaient leur temps à danser dans une villa à El Biar.

Durant l’audience de jeudi nous avons assisté à de brillantes plaidoiries de la défense. Les avocats constitués au profit de leurs clients poursuivis, que ce soit en matière correctionnelle ou en matière criminelle, ont rayonné avec leurs interventions.

Ces derniers qui se sont succédé aux plaidoiries devant les membres du tribunal criminel près la Cour de Blida dans l’affaire dite de la caisse principale d’El Khalifa Bank, présidé par Antar Menouar, ont axé leurs interventions sur des points purement juridico-judicaires en invoquant des points de droit.

A commencer par le défenseur de l’ancien sélectionneur national Ighil Meziane qui avait, rappelons-le, purgé sa peine de quatre ans de prison ferme prononcée contre lui par l’ancienne présidente du tribunal criminel de Blida en 2007, à savoir Mme Brahimi Fatiha et dont le prise de corps s’est faite la veille du procès, c’est-à-dire le 3 mai dernier. 

Dans sa plaidoirie ayant attiré l’attention de toute l’assistance, notamment des journalistes et des parents et proches des mis en cause ayant suivi les débats depuis la salle d’audience qui abrite le procès, Me Toufik Belalaâ qui a donné l’impression de maîtriser son dossier n’a pas mâché ses mots en entamant sa plaidoirie par des remontrances à l’encontre de la Chambre d’accusation de la cour de Blida qui a, selon lui, sciemment effectué une « barrière sur des personnes qui devraient en principe se retrouver dans le box des accusés au même titre que les prévenus et inculpés dans ce procès ». 

Meziane Ighil un bouc émissaire

« Cette affaire ne devrait pas être limitée aux seuls prévenus présents ici et qui ne sont à vrai dire que des boucs émissaires pendant que les véritables responsables de ce scandale financier coulent de beaux jours et n’ont même pas été cités, au cours de l’enquête préliminaire, l’instruction judiciaire et par-delà dans l’arrêt de renvoi de la Chambre d’accusation de la cour de Blida. Cette dernière qui a pour rôle de contrôler le travail du juge d’instruction alors chargé du dossier s’est contentée tout simplement de confirmer ses ordonnances ».

L’avocat en question a d’emblée affirmé : « Certains, cités en tant que témoins sont coupables des mêmes faits que l’on a reprochés à mon client, à l’image de Lakhdar Belloumi qui a pris 500 millions de centimes. Et c’est mon client Ighil Meziane qu’on met sous les verrous tandis que l’autre n’a même pas daigné venir témoigner ou plutôt répondre à la convocation du tribunal criminel pour donner sa version des faits ! ».

« D’autres scandales vont éclater »

Le défenseur de l’ex-entraîneur du NAHD a déclaré que : « Tous les moyens ont été mis à la disposition d’El Khalifa Bank pour qu’elle réussisse, le but étant de piller l’argent public ». Il a cité l’exemple d’un « contrat qui a été signé entre R. 

Abdelmouméne Khalifa au nom de la République algérienne et l’entreprise Word Wood pour promouvoir l’image de l’Algérie ».
Me Belalaâ Toufik a tenu à préciser en pleine audience que R. Abdelmouméne Khalifa a été reçu par le président de la République Abdelaziz Bouteflika. Et aujourd’hui, on ose poursuivre Ighil parce qu’il a été le conseiller sportif d’Abdelmoumene Rafik Khalifa ! »

A cet instant l’avocat est interrompu par Antar Menouar qui lui demande de ne pas politiser l’affaire et de plaider la cause de son client pour les chefs d’inculpation qui lui ont été signifiés conformément aux accusations retenues par la Chambre d’accusation.

Furieux de la sortie inattendue du juge en charge du dossier et sous peine d’interrompre sa plaidoirie. Me Ballalaâ proteste en précisant « qu’il ne pouvait en aucune manière sortir les faits de leur contexte ».

Tout en précisant que : « son client est innocent de tous les griefs et faisant fi des avertissements du juge, il lancera qu’il s’agit « d’un pillage organisé de l’argent public. Il ira très loin dans ses déclarations : « L’idée de la création de la banque privée n’est pas celle de Abdelmouméne, mais de ceux qui voulaient accaparer les deniers publics. « D’autres affaires vont éclater et c’est le pouvoir en place qui en est responsable ! »

L’avocat reviendra alors au fond du sujet. Il tentera de démontrer que les accusations proférées à l’encontre de son client ne sont pas fondées. « En fait, Ighil Méziane qui a tant donné pour le football algérien et pour ce pays est accusé d’avoir promu l’image de marque de Khalifa. « Ce n’est nullement un crime ! » Pas plus que le fait qu’il n’ait pas un contrat de travail, en ce sens que la loi régissant les relations entre employés et employeurs dispose clairement que la relation de travail est établie soit par écrit soit verbalement.

« Est-ce un crime ? En principe le perdant c’est Ighil puisque son patron ne l’a pas déclaré à la sécurité sociale ! ».
Quant à l’accusation de vol qualifié, le défenseur du footballeur dira qu’il n’était pas employé de la banque. Par conséquent, il n’avait pas accès à l’argent. Le crédit qu’il avait contracté, « il l’a remboursé au dernier centime au liquidateur qui lui a confisqué et sa villa et le terrain qu’il avait acquis » 

Quant au fait d’avoir accompagné les directeurs d’agences aux OPGI, cela n’avait rien de répréhensible. Il en profitait lorsque des matchs se déroulaient dans les wilayas. « Le procureur général lui avait demandé si son image n’avait pas été mise à profit pour amener les offices à déposer de l’argent ; il a peut-être raison.

Cela veut dire que R.A.Khalifa s’est servi de lui ! ». Rappelons que le procureur général avait requis au cours de son réquisitoire une peine de quinze ans de prison alors qu’Ighil avait été condamné à quatre ans de prison qu’il a entièrement purgés.

« Le procureur n’a pas le droit de se désister de son pourvoi en cassation ! »

Du droit, rien que du droit. C’est sur cela que Me Deghouche Attef s’est appuyé pour défendre ses trois clients. Notamment Mir Omar dont il a précisé qu’il a fait l’objet de mise sous mandat de dépôt pour toutes les affaires liées aux filiales d’El Khalifa Bank. Dès lors, il comptabilise 11 ans de détention provisoire. Tout cela parce qu’il était directeur de l‘agence de Khalifa Bank de Chéraga où étaient situées également la caisse principale et la direction générale. D’où la confusion.

En ce qui concerne son client Chachoua Badreddine, le même avocat a démontré que l’ensemble des accusations se basant sur les articles de lois. Et il fera exploser une bombe en disant que : « Selon les articles 523 et 524 du code pénal, le parquet général ne pouvait pas demander l’aggravation des peines à travers les questions subsidiaires alors qu’il n’avait pas introduit un pourvoi en cassation à la Chambre criminelle de la Cour suprême pour demander la révision de la peine prononcée contre le mis en cause dans la première affaire ! »

« Condamné à 2 ans de prison et libéré au bout de 7 mois »

Me Deghouche jettera aussi un pavé dans la mare en s’aidant de l’article 503 du code de procédure pénal, selon lequel le parquet ne pouvait se désister d’un pourvoi en cassation. « Il est là au nom du peuple lequel ne lui a pas donné mandat de retirer son pourvoi mais de le représenter en appliquant la loi.

Or, le ministère public s’est désisté au profit de Mir Ahmed, ex-inspecteur général d’El Khalifa Bank ; celui-ci avait pris 5 milliards de centimes de la caisse principale. Il avait été condamné à deux ans de prison, mais avait retrouvé la liberté de ses mouvements au bout de sept mois à peine, « On ne sait par quel artifice ! »

Par ailleurs, les avocats de la défense à l’instar de Me Lazer Nacer Eddine de R.A. Khalifa qui interviendront au plus tard demain vont sans aucun doute dresser de leur côté un dur réquisitoire contre le représentant du parquet général, Zerg El Ras Mohamed quant aux sévères demandes faites et la lourde peine requise contre leur client.

Ces derniers font à travers leurs plaidoiries devant le président en charge du dossier démontré que : « El Khalifa Bank n’était en faillite au moment des faits ou en matière de déficit en espèces ! ».

Le même avocat comptera par ailleurs de dresser un dur réquisitoire contre « le liquidateur de la banque El Khalifa Moncef Badsi qui serait à l’origine de tous les malheurs qui frappent son client, à commencer par les chiffres avancés dans l’affaire proprement dite de la caisse principale de Chéraga ! ».

L’avocat en question reviendra plus longuement selon ses déclarations faites aux journalistes en marge de ce procès pour déclarer : « Le procureur général poursuivi mon client conformément à un texte de loi qui a été abrogé depuis quelques années  ! ».

Dans le même contexte, Me Lazer Nacer Eddine fera savoir que « la peine maximale stipulée dans le texte de loi en question est de l’ordre de vingt ans de réclusion criminelle alors que le procureur général a requis lors de son réquisitoire la réclusion à vie contre mon client ! ».

Il ne manquera pas de faire savoir également dans sa plaidoirie que l’article 382 du code pénal s’applique aux personnes citées dans l’article 119 du code pénal qui a été abrogé conformément à la loi 01/06 datée du 20 février 2006 et qui a été remplacée par l’article 29 relatif à la lutte contre la malversation et qui a limité la peine maximale contre les accusés reconnus coupables à dix ans de prison ferme ».

L’avocat estimera par ailleurs que « le procureur général qui représente le ministère public a commis une erreur monumentale en demandant la réclusion à perpétuité ! ». Il ne cachera nul doute son mécontentement quant « au rôle qu’a joué selon lui toujours le liquidateur Moncef Badsi qui a été désigné par la banque centrale d’Algérie alors membre très actif de la commission monétaire qui est derrière non seulement la liquidation de la banque El Khalifa mais dans sa fermeture suite aux inspections et décisions arbitraires, abusives et illégales ! ».

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