MDN: 473 harraga interceptés en 6 jours
Dans un bilan établi par le ministère de la défense nationale (MDN), 473 harraga qui tentaient de rejoindre les côtes espagnoles ou italiennes ont été interceptés en six jours par les garde-côtes, soit du 12 au 17 aout en cours.
« Les gardes-côtes ont mis en échec, aux cotes nationales, des tentatives d’émigration clandestine de 473 individus à bord d’embarcation artisanales », a indiqué le MDN dans un communiqué publié mercredi.
Ces tentatives d’émigration clandestine avortée se sont passées au moment où l’Algérie connaissait son pic épidémiologique, lié au Covid-19, le plus élevé et des incendies ravageurs jamais connus auparavant. Le chiffre révélé par le MDN, réel et précis, indique sans tricherie aucune, le désarroi d’une jeunesse en panne d’emploi et en déséquilibre social.
Nombreux sont ceux ayant rejoint la rive méditerranéenne, à savoir les iles de Lampedusa ou de la Sardaigne, en Italie, ou les terres espagnoles d’Almeria ou les iles Baléares, en Espagne ? Chaque jour, les familles de harraga, arrivés en Europe, reçoivent des courriers électroniques pour tranquilliser leurs familles, alors qu’ils ne le sont pas. Et que dire des centaines de harraga disparus en mer et qu’on ne les retrouvera jamais ?
Récemment, au début du mois d’aout en cours, 144 harraga étaient arrivés en Espagne en l’espace vingt quatre heures, soit entre samedi 14 aout et dimanche 15. 65 autres harraga ont touché auparavant les terres italiennes de la Sardaigne et de Lampedusa jeudi 12 aout et vendredi 13.
« C’est un véritable débordement humain que l’Espagne est entrain d’enregistrer au quotidien », a affirmé Francisco José Clemente Martin, membre du Centre international d’identification des migrants disparus (CIPIMD) et membre de l’ONGONG Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales Heroes Del Mar.
Parmi les 144 migrants algériens arrivés, en provenance de l’Algérie, plusieurs d’entre eux ont eu des difficultés de navigation avant d’être sauvé par les gardes cotes espagnoles, à Almeria. Selon les dernières informations fournies par Jose Clemente : « La Garde civile d’Almeria à sauvé ce soir une embarcation à la dérive avec 14 individus algériens à son bord ».
Un sauvetage en plus. Mais que dirait-on des autres naufrages non secourus et des personnes mortes par la faute de l’aventure ?
A Annaba, 65 harraga à bords de cinq embarcations artisanales, non interceptés par les gardes-côtes, avaient pris le large mardi 10 aout, tandis que le mont de l’Edough et les vastes montagnes forestières d’El-Tarf brulaient. Ces harraga, âgés entre 14 et 60 ans, comptaient parmi eux, selon certains membres de leur famille, des étudiants, des chômeurs, et plusieurs personnes ayant terminées leurs études universitaires.
Aux dernières nouvelles, certains de ces harraga avaient envoyés des messages à leurs proches pour les informer de la réussite de leur traversée. Tout récemment, et pour rappel, 121 harraga de nationalité algérienne à bord de 7 embarcations artisanales sont arrivés, au début du mois d’aout, en Espagne, a fait savoir M. Clemente. Parmi ce groupe, seule une femme a été dénombrée.
Le membre de l’ONG Heroes De Mar avait signalé que les 121 harraga étaient en bonne santé après avoir été interceptés par la Guardia Civil espagnole aux iles Baléares au sud de l’Espagne. Encore, durant le mois de juillet dernier, 2217 harraga algériens ont débarqué sur les cotes espagnoles durant le mois de juillet dernier.
Selon Francisco Jose Clémente, membre du centre international d’identification des migrants disparus (Cipimd) et membre de l’ONG Heroes Del Mar, les 2217 harraga algériens avaient débarqué sur les cotes espagnoles entre le 1er et le 31 juillet 2021, en précisant que sur ce nombre global de harraga 1417 ont été interceptés par les gardes-côtes espagnoles, et les 800 autres ont réussi à entrer en Espagne sans être interceptés. Selon le membre bénévole de l’ONG, rien que pour le mois de juillet dernier, 120 embarcations maritimes sont arrivées clandestinement en Espagne, dont 80 à Almeria et 17 aux Baléares.
Le membre de l’ONG avait signalé un nombre élevé de femmes et d’enfants parmi les migrants clandestins algériens. Il révélera également que depuis le début de l’année 2021, 400 embarcations sont arrivées à Almeria.
Selon un rapport de la commission européenne publié en 2020, les harraga algériens n’empruntent plus la route marocaine pour atteindre l’Espagne. Toutes les traversées sont effectuées à partir des cotes algériennes. La majorité des migrants interceptés sont interrogés avant d’être soignés et placés dans des centres de rétention pour étranger. Après 48h ou 72h, ils seront relâchés avec décision d’expulsion.
Selon des médias espagnols, 90% des décisions d’expulsion ne seront jamais appliquées. En 2020, l’Espagne a été la première destination des harraga algériens avec 11.200 migrants algériens sur les 41.000 personnes enregistrées. Les autorités espagnoles craignent un afflux massif d’émigrants algériens pour 2021. Coté algérien, de janvier à juin dernier, 1712 harraga ont été interceptés par les gardes-côtes nationaux, soit prés de 290 personnes par mois.
En 2020, 8184 candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés par les gardes-côtes algériens.
Selon des observateurs mondiaux en matière d’émigration clandestine, il faudrait multiplier par 10 ou 20 pour déterminer le chiffre réel du nombre des émigrants ayant réussi la traversée.