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Nationale

Mawlid Ennabaoui : Une fête moins «explosive»

Mawlid Ennabaoui : Une fête moins «explosive»

Comme de tradition à l’approche du Mawlid Ennabaoui, c’est la fête aux pétards. Ces produits pyrotechniques de fabrication chinoise envahissent une fois de plus envahir le pays.

Qui importe ces produits pyrotechniques ? Est-ce vraiment interdit ou juste toléré ? Ces questions ne se posent plus depuis des années, car les réponses sont les mêmes. Cela étant, le Mawlid Ennabaoui s’annonce moins explosif cette année en raison des saisis record. Et c’est déjà un événement.

Pas moins de 55 millions de pétards ont été saisis par les services des Douanes qui ont enregistré 120 infractions d’importation illégale de ces produits durant l’année 2017. Afin de limiter les conséquences néfastes qui découlent de l’usage des pétards, une très large campagne de sensibilisation a été menée ces dernières semaines.

S’agissant de la prohibition de ces produits sur le marché, le chargé de communication de la Direction générale de la Sûreté nationale a rappelé que le décret 63-291 du 2 août 1963 interdit la fabrication, l’importation et la vente, sur le territoire national, des pétards et de tou article pyrotechnique.

Il a souligné que les services de la police ont effectué, au 6 du mois en cours, 350 interventions visant à interdire la vente de ces produits. L’opération s’est soldée par la saisie de « près de 3 millions d’unités », a-t-il ajouté.

Les intervenants ont par ailleurs sollicité les médias qui, d’après eux, jouent un rôle majeur dans la médiatisation de cette campagne et l’éveil des consciences.

Selon le responsable de la DGSN, « l’usage et la manipulation des produits pyrotechniques, malgré leurs prix exorbitants, nous mettent face à la responsabilité d’assurer une large médiatisation des risques générés par ces produits dangereux ».

Ainsi, les services de sûreté de la wilaya d’Alger ont saisi, au cours des dix derniers jours, 900 000 unités de produits pyrotechniques, a indiqué le chargé de communication de la DGSN.

Les patrouilles de police se sont également attaquées aux revendeurs. De nombreux étals informels ont été saisis, réduisant ainsi les canaux d’écoulement pour les importateurs qui sont passés entre les mailles des filets.

Car, malgré l’action des services de sécurité, des pétards, des feux d’artifices et d’autres articles dangereux se sont retrouvés sur le marché. Une situation qui perdure en dépit de toutes les actions de dissuasion et de sensibilisation.

Déjà, à quelques heures de la célébration de cette fête, les marchés offrent un grand choix de ces produits pyrotechniques. Les vendeurs à la sauvette ne semblent guère inquiétés vu qu’ils exposent leurs produits au vu et au su de tout le monde.

Avec leurs étals, qui sont visibles à partir du marché couvert se trouvant à proximité du siège de la sûreté urbaine, à Bab el Oued, les vendeurs squattent la chaussée. Ils écoulent leur marchandise en toute quiétude.

Depuis quelques années, ces produits deviennent de plus en plus dangereux et « sophistiqués « , à l’instar des « double-bombes » appelés ainsi pour leur grande détonation, ou des « chitana « , ou encore en référence au grand joueur de football « Zidane ».

Néanmoins la faute n’incombe pas seulement aux vendeurs mais aussi aux parents qui achètent ces produits à des prix prohibitifs. Un comportement qui fait partie des mœurs algériennes depuis longtemps. La catégorie la plus exposée et la plus fragile sont les enfants car inconscients des risques.

En dépit des appels à la vigilance, beaucoup de parents continuent de faire preuve d’irresponsabilité en achetant des pétards, des feux d’artifices et toutes sortes de produits pyrotechniques. Chaque année, les services des urgences médicales enregistrent des accidents.

Le pétard est une véritable bombe minuscule qui, lorsqu’elle explose, peut provoquer blessures et brûlures, voire des incendies, dont la gravité va de l’anodin au traumatisme grave. Ces accidents touchent essentiellement une population jeune et peuvent entraîner des infirmités définitives.

Toutes les parties du corps peuvent être atteintes, en particulier les yeux et les mains. Le plus grand danger, outre le cancer de la peau ou autres, est de ne pas savoir la vraie composante de ces produits.
« Ces produits sont à bannir, nous n’en avons pas besoin pour célébrer une fête religieuse », a-t-elle déclaré.

Le chef de la direction des statistiques et de l’information à la direction générale de la Protection civile, le lieutenant-colonel Farouk Achour, a déclaré que durant l’année 2017, pas moins de 2 361 interventions liées aux produits pyrotechniques ont été menées dans des incidents survenus lors de l’utilisation de pétards, contre 1 983 interventions en 2016.

M. Achour a par ailleurs indiqué que la campagne de sensibilisation vise particulièrement à toucher les parents et les enfants.

Dans la même foulée, la Direction générale de la Protection civile rappelle aux citoyens quelques recommandations, notées dans des prospectus et des affiches distribués à l’occasion des actions de proximité : « Les parents doivent expliquer à leurs enfants les dangers de ces produits prohibés tels que le risque d’explosion dans la main, brûlure des yeux, perte définitive de l’audition, blessures graves et lésions définitives, amputation, inflammation des vêtements, début d’incendie dans une pièce close, mais aussi risque de feu en extérieur… ».

Les services de la Protection civile rappellent qu’il est très dangereux de projeter ses produits sur les personnes, les voitures, les stations d’essence, et les habitations notamment près des hôpitaux et cliniques.

Pour ce qui est de la manipulation des bougies et cierges, le même service précise qu’elle doit tenir compte des consignes de sécurité. « Elles doivent être placées sur des supports stables et non inflammables, leur emplacement doit être loin des teintures et meubles afin d’éviter l’éclosion d’incendies. Leur manipulation doit se faire en présence des adultes. 

Il faut bien entreposer les bougies, les allumettes et les briquets et gardez-les hors de la portée des enfants ». Le même document rappelle qu’il faut enseigner aux enfants à être prudents lorsqu’ils sont près d’une bougie allumée et s’assurer qu’ils comprennent bien que ce n’est pas un jouet, ni quelque chose qu’on boit ou que l’on mange.

Pour les appels d’urgence en cas d’accident ou d’incendie, la Protection civile a mis un numéro spécial à la disposition des citoyens, le 14.

Rappelons que la direction de la Protection civile a enregistré durant les années passées plusieurs interventions en raison des incendies déclenchés lors de la célébration du Mawlid, mais aussi pour l’évacuation de plusieurs personnes blessées par des produits pyrotechniques. Ce sont ces bilans qui ont amené cette institution à lancer une campagne de sensibilisation, avec l’espoir qu’elle aura un impact réel.

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