Maroc-Israël : Le front anti-normalisation en ébullition – Le Jeune Indépendant
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Maroc-Israël : Le front anti-normalisation en ébullition

Maroc-Israël : Le front anti-normalisation en ébullition

Au Maroc, la contestation contre la politique de normalisation avec l’entité sioniste s’amplifie. La mobilisation est devenue presque quotidienne dans tout le royaume sur fond de crise sociale et économique. Depuis des mois, les manifestations et les rassemblements anti-normalisation ont été organisés par des partis politiques ou des associations en dépit des interdictions des autorités, des arrestations, des procès et de la répression des forces de police.

Au début, c’est le parti islamiste le PJD (Justice et développement) qui avait affiché timidement son opposition en dénonçant les accords entre le palais royal et l’entité sioniste, avant de durcir sa position. Paradoxalement, c’est sous son règne, quand il dirigeait le gouvernement que ces accords ont été signés. C’est le Premier ministre issu de ce parti, Saad Dine El Othmani, qui a signé les accords pour le Maroc en 2020. Plus tard, El Othmani a reconnu que c’était un moment « douloureux ».

Aujourd’hui, ce sont les étudiants qui viennent d’appeler à une véritable « intifada » contre ces accords de la « honte », maintenant les mots d’ordre de mobilisation et signifiant leur détermination à militer pour la rupture de ces relations avec Israël.

Ce week-end, le front anti-normalisation a pris une nouvelle dimension avec cette tribune publiée jeudi dernier et signée par 100 personnalités nationales très connues de la société civile marocaine.

Cette initiative est l’œuvre de plusieurs organisations, dont le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) et la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) qui prône, depuis 2004, le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes.

Les signataires demandent au gouvernement marocain de reconsidérer sa décision de normaliser les relations avec Israël et de rompre tout lien avec ce pays. Ils n’ont pas manqué de rappeler les conséquences de l’arrivée du nouveau gouvernement israélien, plus extrémiste que jamais, et dont certains membres se déclarent d’emblée « négativistes », « fascistes » et revendiquant ouvertement la non reconnaissance de l’existence du peuple palestinien.

La plateforme a déjà recueilli les signatures d’activistes, journalistes, universitaires et intellectuels marocains. Ils appellent à une rupture avec le gouvernement Netanyahu et le système « d’apartheid ». Les dernières déclarations du ministre des Finances israélien Bezalel Smotrich qui a nié l’existence du peuple palestinien ont provoqué un tollé dans le monde entier, sauf chez le Makhzen.

Récemment, face aux critiques, le palais royal a vivement réagi en défendant sa politique de normalisation. Un recadrage du Makhzen qui semble avoir eu un effet contraire auprès de l’opinion publique. Une prise de conscience des marocains qui s’est davantage élargie suite aux massacres quotidiens perpétrés par les hordes sionistes et les agressions multiples contre les populations civiles palestiniennes dans les territoires occupés.

Il faut souligner que ce communiqué officiel du cabinet royal évoquait un soutien à la cause palestinienne, mettant en exergue le fameux statut héréditaire du roi Mohamed VI en tant que « président du comité Al Qods », alors qu’il est resté muet face aux agressions sionistes. Aucune condamnation contre Tel Aviv n’a été enregistrée à ce jour, en dépit de communiqués sibyllins et dont le contenu est une parfaite hypocrisie.

Pour rappel, c’est sous l’égide de l’ancien président américain Donald Trump, que le Maroc et Israël ont normalisé leurs relations fin 2020, en contrepartie de la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur les territoires sahraouis occupés. Les deux pays ont rapidement franchi des étapes dans leur rapprochement, notamment militaire. Cependant, la situation en Palestine occupée a complètement changé la donne.

Composé d’une coalition de membres de l’extrême-droite, de partis religieux et de colons, le gouvernement dirigé par  Benyamin Netanyahou multiplie les déclarations et les actions anti-palestiniennes, faisant s’éloigner la solution à deux Etats, telle que prônée par l’Autorité palestinienne et par les Etats arabes, notamment l’Arabie saoudite.

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