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Nationale

Marchés de proximité durant le ramadan : Entre réclame et lutte contre le gaspillage

Marchés de proximité durant le ramadan : Entre réclame et lutte contre le gaspillage
Les commerçants rivalisent pour séduire les consmmateurs. 

Durant le mois de ramadan, les commerces de proximité connaissent une activité particulièrement intense. Entre promotion de produits locaux, lutte contre le gaspillage alimentaire et initiatives d’alimentation saine, commerçants et producteurs rivalisent de créativité pour séduire les consommateurs, tout en sensibilisant aux bonnes pratiques de consommation.

Installés dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment au marché de Draria, ces stands enregistrent une forte affluence. Les commerçants y proposent des produits conformes aux normes et soutenus par les programmes de l’Etat. Le quotidien le Jeune Indépendant a couvert ces scènes, recueillant des témoignages en faisant le tour de plusieurs marchés de proximité de la capitale.

Dans ce contexte, Mohamed Dellala, issu d’une famille d’agriculteurs, pépiniériste et producteur, présente un nouveau produit baptisé « Soltana ». Une tomate en conserve sans gluten, a-t-il déclaré au Jeune Indépendant.

Le producteur explique s’être progressivement orienté vers l’agroalimentaire après avoir exercé durant de longues années dans le domaine agricole. « Je suis agriculteur de père en fils et pépiniériste. J’ai toujours travaillé dans ce domaine, mais depuis quelques années, je me suis intéressé à l’agroalimentaire », confie-t-il.

Il précise que l’idée de produire de la tomate en conserve est née à la suite de plusieurs difficultés rencontrées dans le secteur agricole. « Face à cette situation, j’ai décidé de franchir une nouvelle étape en me lançant dans la transformation agroalimentaire afin de maîtriser toutes les étapes du processus, de la culture à la commercialisation. Toutefois, le projet a été ralenti par les aléas liés à la pandémie de Covid-19 », a-t-il ajouté.

Concernant le produit, le producteur explique : « Aujourd’hui, je mets en avant un produit entièrement naturel. Notre tomate double concentrée, avec un taux de concentration de 28 %, est 100 % naturelle, sans sel ni conservateurs. Il s’agit tout simplement de tomate fraîche concentrée », affirme-t-il.

Quant au processus de production, M. Dellala assure qu’un suivi rigoureux est effectué à toutes les étapes. « La tomate est suivie depuis la plantation jusqu’à la récolte, puis lors de la transformation en usine, jusqu’à l’obtention du produit final », précise-t-il.

Afin de répondre à la demande, l’agriculteur explique louer des terres agricoles dans différentes régions du territoire national et travailler en collaboration avec plusieurs agriculteurs partenaires. « Nous collaborons également avec des partenaires industriels pour la transformation et la mise en conserve du produit », ajoute-t-il.

Bien que l’activité soit encore à ses débuts, la capacité de production annoncée est déjà significative. « La chaîne de production peut atteindre environ 400 boîtes par minute », souligne-t-il.

 Une stratégie axée sur la valorisation agricole

Au sujet des perspectives de développement, M. Dellala indique que d’autres concentrations sont également prévues, notamment de la tomate en conserve à 22 %, ainsi qu’entre 15 et 18 %. L’offre pourrait également s’élargir à d’autres produits dérivés, tels que la sauce tomate, la sauce pour pizza, le jus de tomate, la « harissa », le « hmiss », ainsi que différents types de confitures.

Convaincu du potentiel de ce secteur, ce producteur estime que l’avenir réside dans le développement de l’agroalimentaire, un domaine qu’il considère comme stratégique pour la valorisation de la production agricole nationale.

Par ailleurs, dans le cadre de la campagne de lutte contre le gaspillage alimentaire, les services du commerce sensibilisent les citoyens aux risques liés à la consommation de produits alimentaires d’origine inconnue ou vendus dans des conditions ne respectant pas les normes d’hygiène, notamment ceux exposés au soleil ou proposés à la vente sur les trottoirs.

Mme Hamlaoui, inspectrice en chef de la répression des fraudes dans la commune de Draria, indique que « le ministère du Commerce a lancé une campagne nationale de sensibilisation contre le gaspillage alimentaire durant le mois de ramadan, en coordination avec les autorités locales et les opérateurs économiques ». Elle ajoute que « cette initiative vise à encourager les citoyens à adopter une consommation responsable, tout en les orientant vers les marchés de proximité mis en place afin de soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs ».

Selon l’inspectrice, ces marchés favorisent un circuit de distribution direct du producteur au consommateur, ce qui permet de proposer des prix plus accessibles, tout en limitant le nombre d’intermédiaires.

Soulignant que plusieurs produits sont vendus de manière frauduleuse, notamment la boisson très consommée durant le ramadan, la cherbat, fabriquée clandestinement par certains vendeurs, elle a déclaré : « Cette pratique constitue une fraude. Nous appelons les citoyens à éviter l’achat de produits alimentaires dont l’origine est inconnue ou qui sont vendus dans des conditions non conformes aux règles d’hygiène. »

Le citoyen doit éviter tout produit susceptible de nuire à sa santé. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette campagne de sensibilisation s’étend à plusieurs secteurs à travers le territoire national : écoles, mosquées, marchés de proximité et autres espaces publics, afin d’encourager les citoyens à réduire le gaspillage alimentaire et à adopter de meilleures habitudes de consommation, a expliqué la même responsable.

Sur les murs du stand, de grandes affiches illustrent les produits et mettent en garde contre les mauvaises conditions de conservation. A ce propos, l’inspectrice du commerce a précisé que « certains produits sont exposés au soleil ou vendus sur les trottoirs, ce qui peut représenter un danger pour la santé des consommateurs ». Elle a ajouté : « Notre objectif est de développer une véritable culture de consommation responsable, de réduire le gaspillage alimentaire et surtout de rappeler au consommateur qu’il doit vérifier l’origine du produit, sa composition ainsi que ses conditions de conservation avant de l’acheter. »

 Une reconversion au service de l’alimentation saine

Par ailleurs, dans un autre marché de proximité situé dans un quartier de la capitale, Mme Aissaoui attire l’attention des visiteurs en proposant du chocolat healthy, décliné sous plusieurs formes et élaboré à partir d’ingrédients naturels, très prisés par les amateurs d’alimentation saine.

Ancienne athlète de lancer du javelot et ex-journaliste à la Radio algérienne, Mme Aissaoui s’est reconvertie dans la préparation de produits alimentaires dits healthy, axés sur la diététique et la nutrition. Cette initiative est née après avoir observé sa fille préparer du chocolat classique, ce qui l’a incitée à concevoir une version plus saine, destinée notamment aux personnes diabétiques, à celles souffrant de cholestérol ou de troubles du foie, ainsi qu’aux enfants.

Elle explique avoir élaboré sa recette de chocolat à base d’ingrédients naturels, incluant du cacao à 70 %, de la cannelle, du curcuma, du caroubier, du café moulu, de l’amande séchée ainsi que de la peau d’orange qu’elle fait sécher et broyer elle-même pour sa richesse en vitamine C.

Selon elle, ces produits sont conçus pour répondre à des besoins nutritionnels spécifiques et pourraient contribuer à améliorer la concentration, tout en constituant une alternative plus saine aux confiseries industrielles. Elle affirme également que l’intégration d’huiles naturelles dans le chocolat permet d’en faciliter la consommation, notamment chez les enfants.

Outre le chocolat, Mme Aissaoui prépare également des biscuits salés à base de farine complète et de graines, notamment des graines de citrouille, destinés aux personnes souhaitant adopter une alimentation plus équilibrée.

Autodidacte dans ce domaine, elle explique s’appuyer sur les propriétés nutritionnelles des ingrédients utilisés, tels que le magnésium, le calcium et le potassium, présents notamment dans le cacao. Elle affirme, par ailleurs, avoir entrepris des démarches afin de faire analyser ses produits en laboratoire, dans le but d’obtenir un agrément officiel.



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