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Nationale

Marche du 5 juillet à Constantine: Une second naissance

Marche du 5 juillet à Constantine: Une second naissance

Si durant les trois ou quatre précédents vendredis, la révolte citoyenne constantinoise a fait craindre l’effritement de la masse née le 22 février dernier contre le 5e mandat de Bouteflika avant de revoir à la hausse ses exigences, ce vendredi 5 juiller, date symbole, commémorant l’indépendance, fut du point de vue arithmétique une équation difficile à détacher de l’incroyable soulèvement des premiers vendredis, notamment celui du 8 mars.
Femmes, hommes de tout âge accompagnés pour leur majorité de leur progéniture ont envahi à quelques minutes de la prière du asr les rues de la capitale de l’Est dans un mouvement collectif se voulant pour une fois, loin des cérémonies officielles, une sincère célébration du recouvrement de l’indépendance, il y a 57 ans. Bien que la wilaya ait, pour sa part, concocté la matinée un programme assez riche au niveau de la maison de la culture Malek-Hadad à laquelle les représentants des médias ont été plutôt conviés à prendre part. Les Constantinois renouent ainsi dans la gaïté avec les « yetnahaw gaa » et « FLN au musée ».
Ils étaient ainsi des dizaines de milliers à braver la canicule, -le mercure n’a guère quitté la barre des 40 degrés- à sillonner les habituelles artères, dont la rue Abane-Ramdane et le boulevard Belouizdad. Même s’ils étaient partagés entre adhérents et adversaires de la solution proposée ses derniers jours par le pouvoir, il n’en demeure pas moins que les slogans scandés ont dans leur majorité, fustigé le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense nationale. « Echaab la yourid dawla askarya min djadid » (le peuple ne veut à nouveau d’un Etat militaire) ; Gaid Saleh dégage » ou encore les récurrents slogans hurlés à tue-tête presque à chacune des sorties citoyennes : « djeich chaab khawa, khawa wa Gaid Saleh Maa el-khwana » et » Djazaïr, dawla madanya, machi askarya »
On aura surtout remarqué que les carrés étaient unanimes à veiller au maintien,s au-delà des différences dans les composantes qui les constituent,s une certains cohésion, « Khawa, khawa » fusait aussitôt de partout pour calmer tout malentendu.
Certains parmi les “ultras” diront qu’il n’est guère question de céder au chantage du pouvoir et encore moins à celui du chef d’Etat major, lesquels semblent avoir engagé une lutte acharnée contre les manifestants.
Parmi ceux-ci certains avaient tenu à rappeler au passage que les Algériens sont tous unis par un seul drapeau et que tout autre emblème hissé durant les marches constitue une “simple” manière d’afficher « une appartenance culturelle et uniquement culturelle à une région ».
C’est pourquoi, lancera d’ailleurs un universitaire, « le pouvoir doit céder à la rue en commençant justement par libérer les manifestants et les détenus politiques ». « C’est la première fois que je me sens concerné par la commémoration de l’événement du 5 juillet 1962, et je me sens encore plus attaché aujourd’hui à l’objectif visant à débarrasser le pays de ceux qui ont confisqué la dignité populaire et la volonté des Algériens à édifier un véritable Etat de droit », lance-t-il.
De Constantine, Amine B.

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