-- -- -- / -- -- --
Nationale

Marche citoyenne ‘’acte 2’’ : Près d’un million d’Algérois battent le pavé dans le calme

Marche citoyenne ‘’acte 2’’ : Près d’un million d’Algérois battent le pavé dans le calme

Alger qui retenait son souffle à la veille du 1er mars, acte 2 des marches citoyennes contre le 5e mandat, s’est illustrée par une manifestation civilisée. Selon des spécialistes des foules, il y aurait eu un million de personnes qui ont battu le pavé de l’ex-Mezghenna.

Aucun acte de violence de la part des manifestants, dont la majorité sont des jeunes, n’a été commis. Pas même une « égratignure » d’un véhicule, ou la casse d’un rétroviseur latéral ou le bris de glace d’un magasin. Ce qui a fait dire à un manifestant venu avec sa femme et ses deux enfants, dont le petit était porté sur ses épaules, que les Algériens redonnent encore une fois une leçon de civisme à la planète tout entière. « Nous sommes les meilleurs au monde en matière de discipline », a osé une jeune fille de 21 ans, faisant le parallèle avec les capitales occidentales. « Et pourtant les leaders, s’il en est, de ce mouvement ne sont pas connus.

Nous nous sommes donc organisés tous seuls pour manifester dans le calme et sans la moindre violence », nous confie cette étudiante en médecine, venue de Rouiba. Les premiers groupes à proprement parler se sont constitués juste après la prière du vendredi. Il en affluait de partout. Juste après 14h00, des marées de manifestants marchaient de Bab El Oued et des quartiers environnants, via la Rue Larbi-Ben Mhidi qui était pleine « archicomble ». Détournés par les CRS, les manifestants ne sont pas autorisés à marcher vers l’APN. Un cordon de policiers portant casque et bâton à la main, certains tenant des fusils à balles de gaz lacrymogènes, est déployé à la Grande Poste pour les empêcher de marcher vers l’APN et la place des Martyrs. Les manifestants ne cherchant pas les « problèmes », quittèrent les lieux à la grande joie des CRS. Ces derniers faisant tout pour que la manifestation se passe sans heurts.

Bouhired, Ougrout, Rebrab et les autres…

Parmi les manifestants, des jeunes, des familles, des groupes de femmes et de jeunes filles, entonnant tous le même slogan : « Non au 5ème mandat. Ouyahia dégage, l’Algérie n’est pas la Syrie ». On pouvait constater la présence de plusieurs personnalités du monde politique, économique, artistique et des personnalités historiques. Au niveau de l’entrée de la Fac centrale, la moudjahida Djamila Bouhired participait à la manifestation. Ailleurs, un peu plus loin, Issad Rebrab, patron du groupe Cevital, Mohcine Bélabbes, président du RCD, Louiza Hanoune du PT, Moussa Touati (hué par la foule, ce dernier ayant soutenu au début le 5ème mandat), Abdallah Djaballah, l’acteur Salah Ougrout etc. participèrent à la manifestation en tant que « citoyens ». Rachid Nekkaz, du haut du balcon de sa permanence électorale à la Grande Poste où il est placé en résidence surveillé, s’est adressé à une foule surexcitée à la vue de ce candidat atypique. A 16h45, les manifestants avançaient lentement vers la Présidence. Ils venaient de dépasser le Palais du peuple où ils étaient retenus par les policiers antiémeute.

Ces derniers se sont mis de côté pour les laisser passer. Et quelques instants plus tard, le contrôle de la manifestation semblait perdu : Une bousculade due au passage d’une ambulance et la charge d’un groupe de CRS compliquèrent les choses. On parle de plusieurs personnes dont des vieilles personnes piétinées par la foule. Au moment où nous mettons sous presse (18.00), l’on apprend que les policiers tirèrent aux gaz lacrymogènes sur les manifestants devant le lycée Descartes, à quelques centaines de mètres de la Présidence. Quelques minutes après, les manifestants quittèrent l’avenue menant à la Présidence pour retourner vers Alger-centre, scandant à tue-tête des slogans hostiles au 5e mandat.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email