Importation de blé : l’Algérie se tourne vers la Russie
L’Algérie envisage d’importer des quantités importantes de blé tendre russe. Une option qui se précise davantage en ce mois de septembre, après une baisse de la production de ce produit agricole constatée dans le marché français, qui constitue pour l’Algérie le premier fournisseur en la matière.
Selon un représentant de Synacomex au sein du Conseil des céréales, Thierry de Boussac, le prochain appel d’offre prévu la fin du mois en cours, permettra à d’autres concurrents internationaux, notamment russe, d’entrer en lice pour conquérir le marché algérien de blé.
« Le cahier de charges algérien pourrait se montrer moins exigeant en termes de taux de grains punaisées pour les origines russes, et le relever à 0, 5% pour cette origine », s’est inquiété M.Thierry de Boussac, membre du syndicat national du commerce extérieur des céréales, lors d’une conférence de presse de France AfriMer, tenue la semaine dernière.
Ainsi, la France se montre « très préoccupée » devant une perte imminente de parts de marché non négligeables à l’international et attend, imprudemment, la décision des autorités algériennes qui devraient approuver l’augmentation, de 0,2% à 0,5%, du taux toléré de grains punaisés (marqué par les insectes) dans les cargaisons.
Suivant ces nouvelles données, les importations de l’Algérie en termes de blés tendre en provenance de la France vont connaitre une baisse sensible à 1,5 à 2,5 millions de tonnes sur l’ensemble de la campagne 2020/2021, contre 4 à 5 millions de tonnes importées habituellement, ajoute le même responsable.
Le représentant du Synacomex cite, entre autres raisons de cette chute d’exportations du blé tendre français, la régression de la récolte de cet aliment et la rude concurrence sur le marché international.
« Ce n’est pas parce que la Russie pourra accéder au marché algérien que nous allons perdre d’importantes parts de marchés sur cette destination de manière durable », a-t-il nuancé. Les meuniers algériens ont l’habitude de travailler avec du blé français, précise le responsable français tout en comptant sur l’engagement des fournisseurs de l’Hexagone, qui, de son avis, respectent historiquement le cahier de charges algérien. Ce qui permettra, estime-t-il, d‘instaurer une sorte de climat de confiance entre les deux parties, en sus du facteur de proximité géographique.
Evoquant cette question, les médias français alimentent ces inquiétudes en faisant le constat d’une « révolution dans la politique d’achat de l’Algérie » qui, semble-t-il, suscite les craintes des responsables et producteurs français.
Il est utile de rappeler que les nouveaux critères de qualités de blé tendre, dont le taux de protéine censé être à 12, 5%, ont fait l’objet de discussions et de négociations entre Alger et Moscou en 2018. Dans ce sillage, des cargaisons de blé russe ont été envoyées en Algérie pour des tests et s’assurer de la qualité du blé de la mer noire.
En octobre 2018, l’ambassadeur Russe à Alger, M. Igor Beliaev, avait indiqué au Jeune Indépendant que la Russie pourrait fournir à l’Algérie un blé d’une meilleure qualité et concurrentiel en termes de prix par rapport à celui proposé par le vieux fournisseur.
Face aux nouvelles orientations économiques de l’Algérie visant à baisser au maximum sa facture d’importation, la concurrence s’avère rude entre les deux producteurs asiatique et européen.