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Nationale

Manque de pluie, hiver sec et chaud : le spectre de la sécheresse plane

La faible pluviométrie inquiète. Le pays a connu un hiver plutôt sec d’autant que depuis la mi-décembre on n’a pas enregistré de précipitations. Une situation qui ne sera pas sans conséquences. Et c’est le secteur de l’agriculture qui va être le plus touché, et par ricochet, le consommateur, d’où les craintes déjà exprimées par certains agriculteurs. « La situation est certes inquiétante mais elle n’est pas pour autant dramatique ».
C’est ainsi que le secrétaire général du Conseil national interprofessionnel des céréales, Benali Abdelghani, qualifie la situation actuelle. « On ne peut pas parler de sécheresse.
La situation est inquiétante mais on ne peut pas dire qu’on est en période de sècheresse », a-t-il indiqué dans sa déclaration au Jeune Indépendant.
Cependant il appelle les agriculteurs à recourir, dès maintenant, à l’irrigation d’appoint (elle consiste à apporter un complément d’eau nécessaire au développement de la culture pour pallier les déficits pluviométriques temporaires), pour pouvoir tenir au moins une dizaine de jours, dans l’attente, dit-il, de la pluie. Insistant sur le fait que « la situation est inquiétante mais pas dramatique » M. Benali estime que les agriculteurs n’ont rien à attendre pour passer à cette irrigation, dans le but d’avoir un meilleur rendement. Il convient de signaler que ce n’est pas tous les agriculteurs qui disposent de cet équipement, malgré que cet investissement soit soutenu par l’Etat à hauteur de 50%. 
Le SG du Conseil national interprofessionnel des céréales affirme que « 30 à 40% ont ces équipements », d’où la nécessité d’y faire appel maintenant. Les producteurs de céréales, précise-t-il, sont plus ou moins équipés, mais c’est tout le monde qui doit s’y mettre. Ceux qui n’ont pas installé cet équipement n’ont donc qu’à « attendre la pluie ».
Signalant qu’« on est entre la phase orange et rouge et que l’on va atteindre le seuil critique si la situation perdure », il a affirmé que même les sous-produits vont être impactés, à l’instar de la paille.
Le manque de pluviométrie, faut-il le signaler, va aussi affecter d’autres cultures, chose qui va se répercuter sur la disponibilité de ces produits mais aussi sur leur prix. Néanmoins, des spécialistes s’attèlent à dire que le moment n’est pas encore venu pour décréter l’état de sécheresse agricole, et qu’il faut attendre les prochaines semaines pour voir si les pluies arriveront.
Par ailleurs, outre l’agriculture, la disponibilité de l’eau potable sera également remise en question dans le cas où la situation de manque de pluie persiste. En effet, si le gouvernement déclare l’état de sécheresse, plusieurs mesures seront prises par les pouvoirs publics pour rationaliser l’eau. Ainsi les ménages verront, notamment, les heures d’alimentation en eau potable réduites. Un scénario écarté par le ministre des Ressources en eau qui a affirmé, le mois passé, que le taux de remplissage des barrages est de plus de 63%, rassurant de ce fait sur la situation hydrique du pays. « Nous n’avons aucune crainte par rapport à la situation générale des ressources hydriques au niveau national, le niveau de remplissage des barrages étant acceptable. Je rassure les citoyens que ce niveau peut couvrir la demande en eau jusqu’à l’année prochaine », avait-il alors déclaré, expliquant que la position géographique (zone semi-aride) de l’Algérie, en plus des changements climatiques enregistrés ces dernières années, ont causé un retard des précipitations jusqu’au mois de février et mars de chaque année.
Il convient de signaler que nombre d’observateurs ont mis en garde contre cette situation de stress hydrique, d’autant que les services de météorologie ont annoncé un manque de pluie pour cet hiver. 
En effet, on avait indiqué que les quantités de précipitations attendues pour la période allant de décembre 2019 à février 2020 seront « en dessous à proches de la normale » sur l’ensemble des régions du littoral et des Hauts-Plateaux. Une orientation qu’il fallait prendre en considération afin de s’adapter à la situation.
Jusqu’à présent, même les spécialistes nationaux en météorologie demeurent silencieux sur cette question, s’interdisant d’avancer le moindre pronostic ou d’établir des perspectives.

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